Le Miracle de l’Écrivain dans l’Donjon – comptine miraculeuse.

“L’écrivain dans l’donjon, un ange a visité…” — Détail du Pilier des Anges de la Cathédrale de Strasbourg. ( Photo copyright Anne Vuillemard. Under fair use. )


 

L’écrivain dans l’donjon
fers aux mains fers aux pieds
l’écrivain dans l’donjon
a été claquemuré.

L’écrivain dans l’donjon
enchaîné magané
l’écrivain dans l’donjon
a été forjeté.

L’écrivain dans l’donjon
chaînes aux mains chaînes aux pieds
l’écrivain dans l’donjon,
un ange vient visiter.

L’ange donne des plumes
fers aux mains fers aux pieds
l’ange donne des plumes,
encre, colle, et bon papier.

L’écrivain dans l’donjon
fers aux mains fers aux pieds
l’écrivain dans l’donjon,
plumes tresse pour voler.

L’écrivain hors donjon
mains et pieds fort délestés
l’écrivain hors donjon,
d’un coup d’aile s’est envolé.

Loup Kibiloki – 2008 – 2010

 


© Copyright 2010 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

“Fers sans mains, fers sans pieds…”  ( Photo copyright André Karwath.  Under fair use. )


 

On peut ajouter le quatrain suivant:
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Lune de Shiva. Dans mes cellules d’opale et de lune.

Shiva Moon (Lune de Shiva); très belle photo par bhaktiswan sur tribe.net — Source: lien sur l’image – click on illustration.


 

Dans mes cellules d’opale et de lune,
dans l’hypertendre attouchement du chaitya purusha,
dans les cellules de mes lunes et de mon sang
qu’un doigt divin touche et protège,
dans la lune attendrie de la chair comme dans l’épiderme ondoyant du ciel,
roule le récit cosmique des temps
et de la longue et vaste fissure de la nuit
ouverte dans ma chair et dans la profondeur transphysique de la terre
où s’ouvre le gouffre des temps que ton dard explore
en fécondant l’indicible éclosion d’un tourment
et en donnant vie à la lente explosion d’une croissance
dont la forme finale ébahira ton coeur
si tu me gardes en toi
toujours,
sans peur,
au fond,
au fond de ton coeur.

1976 – 2010

 


© Copyright 1976, 2010 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe),  cliquer


 

Shiva Bruisse   —     Le Sourcil de la Montagne   —  Shiva’s Gift to a Wolf

La Colombe et la Brisure Éternité    —    La Toupie, la Ballerine et le Miel.    —    La Licorne, poème venu d’une blancheur médiévale    —    Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble.

Ants, Fire, and the Lawnmower  –   Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille ».  Je est un autre.


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


 

Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas


 

Jacques Renaud, ouvrages de fiction en ligne, des notes biographiques


 

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Les Enchantements de Mémoire, une autre suite poétique de Jacques Renaud

Tableau de Josh Peters, 2007, Fear on the Footpath  — ( Source, cliquer sur l’image.)


 

Les Enchantements de Mémoire, lien, texte intégral.

Autres suites poétiques :  Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Extraits:

Ma soeur âme aux rousseurs nimbées d’aube et de lait,
née de l’amour et du dard ensoleillé qui nous traverse,
à la fin, la victoire de la vie
est d’avoir pu se raconter en s’inventant
dans l’accueil de nos consciences,
avec marées, poudreries et vents,
par force brute, grâce, et dans l’immortelle invraisemblance
des grands enchantements de mémoire.

La plante de ses pieds blancs
porte mémoire
de la boue brûlante
des pillages,
des enlèvements
et des massacres.


Pieter Bruegel l’Ancien, détail,  Le Massacre des Innocents — ( Source, cliquer sur l’image. )


C’est une joie,
un rire,
un chagrin.

C’est un matin,
comme une île
aux contours incertains.

Montréal 1976-1977 –  Saint-Zénon 2010

 


Les Enchantements de Mémoire, lien, texte intégral.

Autres suites poétiques :  Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

 Note :   Ce texte a été écrit vers la fin des années 1970s. Il a été publié pour la première fois en 1979 dans un recueil de textes poétiques en prose intitulé La Colombe et la Brisure Éternité. Il a été révisé, corrigé et abondamment ré-écrit.  Comme en bien des choses, ce qui nous semblait terminé à une époque, ne l’est plus du tout à une autre.

 J’ai donné le titre Les Enchantements de Mémoire.  Après coup, chaque fois que je relis le titre, je lis Les “Enfantements” de Mémoire…  Avec le sentiment que les deux titres sont le titre.


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La Colombe et la Brisure Éternité. Poème et symbole.

Guernica de Pablo Picasso. 1937. Le tableau évoque et exprime le bombardement massif, soutenu, impitoyable de la ville basque de Guernica et de sa population civile, au printemps de 1937, par les aviations nazies et fascistes (allemandes et italiennes) durant la guerre civile espagnole. Ce tableau est doué d’une grande force évocatrice et transcende les époques. (Le tableau original est bleu, noir et blanc; plus bas, je reproduis le tableau avec les teintes originales. Source en cliquant sur l’image.)


Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs, contre nous, endurcis …

… Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.

François Villon


Dessin attribué à Picasso (Source en cliquant sur le dessin).

Ce poème évoque
le cruel symbole
de la colombe
et de la brisure éternité.

Recueillez-vous.
Portez attention.

*

Son envol est majestueux.

La courbe gravie par elle de ciel en ciel
dessine la mire du diable.

La nuit s’éprend d’elle et la broie
mais le sang qui en coule est divin.

Les arbres fruitiers parlent de la colombe au vol souple.
La nature l’attend dans les pas cadencés de l’homme.
L’amour a des sentiers de falaise à gravir.

Le repaire s’enhardit à des crimes pervers.
De plus en plus pervers.
C’est la brisure éternité de la colombe, la grande marque de lumière aux flancs galonnés du ciel.

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I got rid of the TV Set more than 12 years ago

Tv Set Massacre by agoasi on Flickr under cc license

Tv-Set Massacre by agoasi on Flickr under cc license. (Source: click on illustration.) The problem with Tv sets is that they pollute your mind when you turn them on and watch them – and they add to pollution when you trash them. It’s a “damned if you do, damned if you don’t” kind of problem. It’s trash any which way one takes it. As for me, I gave it to someone who… needed one.  Yes, I know…  That invention is both, literally, a pain in the a** and a scourge. There is no way out, it seems, except eliminating the whole stinking gremlin forever through forceful dematerialisation…

En français: Ma télé décédait il y a plus de 12 ans. Bon débarras.

For years and years, until February 1998, I watched tv regularly to obtain some information.

Finally, I got rid of the tv set more than twelve years ago. I never regretted it. Believe me, it’s worth it. It’s a lying box. And a deceiving tyrant.

When one turns on the tv set, what it always says implicitly is: “Sit down, shut up and listen.”

And we always, but always, OBEY.

You can zap the thing forever, the obnoxious bully will always deliver the same implicit message. Always. And you will always submit and obey. Always.

Millions of people have submitted themselves to that mind-degrading servitude for decades, and are still doing it with an astounding sense of confidence and duty, while daydreaming and proclaiming pompously that they were – or are – free people enjoying their “godgiven” freedoms. Their godgiven freedoms to submit, to obey, to sit down, to regress, to weaken, to shut up, to listen… to what?…

Usually, to groomed lifted faces with rehearsed studied smiles, to soapy voices and overly paid arnaqueurs who more often than not will  lead people down some brand new garden path, one after an other.

If this is not a patent case of pathetic mass hypnosis, I don’t know what is.

With my best thoughts, however, to all those who still submit to the same slick bully, and still watch him or her with regular fervor, shock, awe or irritation, or are convinced they still must rely on the lying box:  sincerely, after all I’ve said, I can’t judge you.

I kept doing the same silly thing for years.   Continue reading

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Un chic chat dans l’coma ( comptine )

Source: cliquer sur l’image  (MyCatIsHot.Com).


 

Une bourrique
en panique
chique une tique
écliptique.

Un kilo
d’chocolat
chique un chat
angora.

Un chic chat
dans l’coma
aux amandes
et aux noix.

Une chic tique
élastique
panique
sur l’écliptique.

Une histoire
à marcher
sur la tête
quand ça pique.

 


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

La Fable de Crassus le Gigueur, ou comment ouvrir la terre sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –  Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )  –  Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Jacques Renaud, ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


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And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud

De droite à gauche: le poète Paul Chamberland, le romancier Laurent Girouard, l’écrivain Jacques Renaud (le p’tit jeune à l’avant-plan), les écrivains Claude Jasmin, Gérald Godin, André Major, et le cheval.   Sur la pancarte, c’est écrit “DANGER”.  La photo est du photographe et cinéaste Jean Beaudin.  Sous les pieds, c’est de la glace :  celle du Lac aux Castors, à Montréal, sur le Mont-Royal, possiblement un ancien volcan.  La photo fut prise durant l’hiver 1965-1966 pour illustrer un reportage de Normand Cloutier diffusé en février 1966 dans le magazine canadien Le MacleanUnder Fair Use.


 

And on Earth, Peace,  nouvelle de Jacques Renaud, texte intégral.


 

La nouvelle And on Earth, Peace, de Jacques Renaud, fut publiée pour la première fois en 1964 (peut-être 1963) dans la revue québécoise Parti Pris.

Je n’ai pas retrouvé la référence bibliographique exacte – et Jr non plus.

Jacques Renaud, l'auteur de Le Cassé, vers le milieu des années soixantes.

L’écrivain Jacques Renaud au milieu des années soixantes.  Il avait vingt ans au moment de la rédaction du Cassé.  Cette photo, découpée de la photo de Jean Beaudin (voir plus haut), est postérieure à la publication de la novella.  Jacques Renaud doit avoir environ vingt-et-un ans au moment de cette photo.

À l’aube de ce qu’on a appelé, au Québec, la «Révolution Tranquille», cette nouvelle annonçait le coup d’envoi de la nouvelle littérature québécoise en langue populaire, ce qu’on a appelé le «joual»; cette appellation n’est pas de l’auteur (pourquoi pas «joil»?).

Jusque-là, la langue populaire n’était utilisée que parcimonieusement dans les dialogues de romans et elle était boudée par les grands et petits-bourgeois canadiens-français. Cette fois, le vernaculaire se retrouvait de plain-pied dans la narration – et pas seulement dans les, ou des dialogues.

Le 17 novembre 1964, quelques temps après la publication de And on Earth, Peace, paraissait Le Cassé, du même auteur, à l’initiative de Laurent Girouard, l’auteur de La Ville inhumaine et membre du mouvement Parti Pris, qui rendait parfois visite à Jacques Renaud.

La publication du recueil de nouvelles Le Cassé est étroitement associée à la publication de And on Earth, Peace, et il est difficile de parler de cette nouvelle sans parler du Cassé (Le Cassé, la version originale et intégrale, est maintenant sur le blog).

Après la publication de And on Earth, Peace dans la revue Parti Pris, Laurent Girouard avait sollicité un manuscrit de l’auteur, “quelque chose qui ferait un livre”, quelque chose dans le même style que And on Earth, Peace.

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Satprem, la Shakti. Elle a toujours été là. Point de contact: l’attention, l’occiput, la nuque, la tête…

Sri Aurobindo Ghose.

«On sent, autour de la tête et plus spécialement dans la nuque, comme une pression inusitée …»

*

«Petit à petit, cette pression prend une forme plus distincte et on sent un véritable courant qui descend – un courant de force, qui n’est pas semblable à un courant électrique désagréable, mais plutôt à une masse fluide… »

*

«Ce courant, au début, est assez spasmodique, irrégulier, et il faut un léger effort conscient pour se rebrancher sur lui quand il s’est estompé; puis il devient continu, naturel, automatique, et il donne la sensation très agréable d’une énergie fraîche, comme une autre respiration, plus vaste que celle de nos poumons, qui nous enveloppe …»

*

« … et surtout qu’il n’y a pas deux cas semblables – d’où l’erreur de tous les dogmatismes spirituels. Nous pouvons seulement tracer quelques lignes générales d’expérience.»

Satprem , Sri Aurobindo ou L’Aventure de la conscience, Descente de la Force, pages 49-53, Pondichéry, 1963; Éditions Buchet-Chastel, Paris, 1970.

Des extraits substantiels suivent plus bas, ils sont tirés, comme ceux qui précèdent, d’un chapitre de L’Aventure de la Conscience intitulé «Descente de la Force».

***

Mais d’abord, quelques mots.  Comment j’ai “rencontré” le livre.

C’était en 1969. J’habitais Paris.

Un poète québécois, Guy Lafond, que j’avais connu là-bas, me cite un titre et un nom d’auteur, il me dit: «Ça se lit comme un roman…» Le livre, c’était L’Aventure de la Conscience; l’auteur était Satprem.

Une ou deux semaines auparavant, je venais tout juste de découvrir un univers qui, pour moi, avait été inexistant jusque-là: j’étais entré dans une “librairie ésotérique” du quartier latin à Paris. Je n’étais jamais entré dans ce genre de librairie et je ne connaissais rien de cet univers. Je voulais simplement lire quelque chose d’inhabituel – et la vitrine et les titres dans la vitrine semblaient offrir ce que le flâneur en moi cherchait.

Dos de l’ouvrage de Satprem – éditions Buchet – Chastel, Paris.

Un titre m’avait frappé sur l’une des étagères: Fragments d’un enseignement inconnu. L’auteur: Ouspensky. Le thème: ses rencontres et ses entretiens avec «G» (George Ivanovitch Gurdjieff). J’ai pensé: «On va essayer ça…»

Une journée ou deux plus tard, au moment où Lafond me parlait de Satprem, je venais tout juste de terminer l’aventure du livre d’Ouspensky – et c’était pour moi une aventure de l’étonnement. Une sorte de choc, aussi. Une découverte.

Une découverte qui allait être vite distancée à la lecture de L’Aventure de la Conscience de Satprem dont l’expérience, l’enseignement, le réalisme spirituel, la substance allaient m’accompagner jusqu’à ce jour – et m’accompagneront, je pense, toujours.

Un passage décisif, l’un de ceux dont je me souviens le plus, c’est celui qui va suivre, plus bas. L’édition de l’exemplaire du livre que j’ai présentement entre les mains, et dont l’extrait est tiré, date de 1970 – je viens tout juste de le recevoir, commandé chez amazon parce que je tenais à faire le post que vous lisez maintenant. Ce n’est évidemment pas l’édition que j’ai lue en 1969. La raison: je n’ai plus de véritable bibliothèque – j’ai dû me défaire des neuf dixièmes de mes livres en 1999.

Mais le texte cité ici est très vraisemblablement le même – en tout cas il l’est à ma mémoire – et l’essentiel est là. Ce passage décisif, c’est celui où Satprem décrit de manière étonnamment simple le point de contact avec la Shakti.

Sujata Nahar, la compagne de Satprem, a quitté son corps peu après son compagnon, le 4 mai 2007. Elle était née à Calcutta le 12 décembre 1925.

C’est d’une telle simplicité, et tellement vrai en pratique, que c’est à tomber sur le dos! Comment se fait-il qu’on ne nous ait jamais, mais jamais, enseigné ça avant!? En tout cas en Occident? Et même, de ce que je connais des yogas indiens, s’ils le mentionnent, ça doit être en très, très petits caractères; jamais lu quelque chose de semblable de ce côté-là non plus (ni nulle part ailleurs), et surtout, aussi clairement, aussi simplement et sereinement décrit.

La réponse à cette question spécifique (à savoir, comment se fait-il qu’on en parle pratiquement nulle part avant 1969 – si j’ai tort, dites-le moi), Satprem n’y répond pas. Il n’en traite d’ailleurs pas, et ce n’est pas l’objet de L’Aventure de la Conscience. À chaque outil sa fonction. Cependant, la réponse, on la trouve ailleurs, pas de manière spécifique, peut-être, mais au sens large, en lisant, par exemple, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, de René Guénon (je recommande cette lecture à tout le monde – j’ai lu cet ouvrage au moins trois fois à partir des années 1970s – ça permet, entre autres, de comprendre dans quelle sorte de monde on vit et d’éviter pas mal de bêtises).

Mais ce que vous ne trouverez pas chez Guénon – ni chez Gurdjieff, d’ailleurs, ni nulle part ailleurs où je suis allé, ni dans aucun, je dis bien aucun autre livre que j’ai lu dans ma vie, et il m’en est passé moultes et moultes entre les mains au fil des années, c’est ce que contient l’extrait qui va suivre, tiré de L’Aventure de la Conscience. “Changer la vie”, disait, je penses, Rimbaud? Ce que vous allez lire peut, en un instant, changer la vôtre. En tout cas, ça a changé la mienne pour toujours, en 1969, en lisant le livre, une nuit, dans une petite chambre d’un hôtel parisien…


Autres extraits du livre de Satprem, Sri Aurobindo ou L’Aventure de la Conscience, le chapitre intitulé «Descente de la Force» :

«Et peu à peu le vide s’emplit. On fait alors une série d’observations et d’expériences d’une importance considérable, qu’il serait faux de présenter comme une séquence logique, car à partir du moment où l’on quitte le vieux monde, on s’aperçoit que tout est possible, et surtout qu’il n’y a pas deux cas semblables – d’où l’erreur de tous les dogmatismes spirituels. Nous pouvons seulement tracer quelques lignes générales d’expérience.»

Satprem poursuit:

«Tout d’abord, lorsque la paix mentale est relativement établie, à défaut de silence absolu, et que notre aspiration ou notre besoin a grandi, est devenu constant, lancinant, comme un trou qu’on porte en soi, on observe un premier phénomène qui aura des conséquences incalculables pour tout le reste de notre yoga.»

[…]

«On sent, autour de la tête et plus spécialement dans la nuque, comme une pression inusitée, qui peut donner la sensation d’un faux mal de tête. Au début, on ne peut guère la supporter longtemps et on se secoue, on se déconcentre, on “pense à autre chose”.

«Petit à petit, cette pression prend une forme plus distincte et on sent un véritable courant qui descend – un courant de force, qui n’est pas semblable à un courant électrique désagréable, mais plutôt à une masse fluide.

«On s’aperçoit alors que la “pression” ou le faux mal de tête du début était simplement causé par notre résistance à la descente de cette Force, et que la seule chose à faire est de ne pas obstruer le passage (c’est-à-dire bloquer le courant dans la tête), mais de le laisser descendre à tous les étages de notre être, du haut en bas.»

[…]

«Ce courant, au début, est assez spasmodique, irrégulier, et il faut un léger effort conscient pour se rebrancher sur lui quand il s’est estompé; puis il devient continu, naturel, automatique, et il donne la sensation très agréable d’une énergie fraîche, comme une autre respiration, plus vaste que celle de nos poumons, qui nous enveloppe, nous baigne, nous allège et, en même temps, nous emplit de solidité. L’effet physique ressemble assez exactement à celui que l’on éprouve quand on marche dans le vent.»

[…]

«En réalité, on ne s’aperçoit vraiment de son effet (car il s’installe très graduellement, par petites doses) que quand, pour une raison ou une autre, distraction, erreur, excès, on s’est coupé du courant; alors on se retrouve soudain vidé, rétréci, comme si l’on manquait d’oxygène tout à coup, avec la très désagréable sensation d’un racornissement physique; on est comme une vieille pomme vidée de son soleil et de son jus. Et l’on se demande vraiment comment on a pu vivre avant, sans cela.»

Satprem ajoute:

«C’est une première transmutation de nos énergies.»

Satprem poursuit plus loin:

«Au lieu de puiser à la source commune, en bas et autour, dans la vie universelle, nous puisons en haut. Et c’est une énergie beaucoup plus claire et beaucoup plus soutenue, sans trous, et surtout beaucoup plus vive. Dans la vie quotidienne, au milieu de notre travail et des mille occupations, le courant de force est tout d’abord assez dilué, mais, dès que nous nous arrêtons un instant et que nous nous concentrons, c’est un envahissement massif. Tout s’immobilise. On est comme une jarre pleine: la sensation de “courant” disparaît même comme si tout le corps, de la tête aux pieds, était chargé d’une masse d’énergie compacte et cristalline à la fois (un bloc de paix solide et frais, dit Sri Aurobindo [dans] Letters on Yoga Letters On Yoga I (pdf) ; d’autres oeuvres d’Aurobindo ici ] ) ; et si notre vision intérieure a commencé à s’ouvrir, nous nous apercevons que tout est bleuté; on est comme une aigue-marine; et vaste, vaste. Tranquille, sans une ride. Et cette fraîcheur indescriptible. Vraiment, on a plongé dans la Source.

«Car cette “force descendante” est la Force même de l’Esprit –  Shakti. La force spirituelle n’est pas un mot. Finalement, il ne sera plus nécessaire de fermer les yeux et de se retirer de la surface pour la sentir; à tout moment elle sera là, quoi que l’on fasse, que l’on mange, que l’on lise, que l’on parle; et on verra qu’elle prend une intensité de plus en plus grande à mesure que l’organisme s’habitue; en fait, c’est une masse d’énergie formidable, qui n’est limitée que par la petitesse de notre réceptivité ou de notre capacité.»

[…]

«Quand ils parlent de leur expérience de cette Force descendante, les disciples de Pondichéry disent: “La Force de Sri Aurobindo et de la Mère”; ils n’entendent pas par là que cette  Shakti soit la propriété personnelle de Sri Aurobindo et de la Mère; ils expriment ainsi, sans le vouloir, le fait qu’elle n’a son équivalent dans aucun autre yoga connu.»

[…]

«Nous touchons ici, expérimentalement, la différence fondamentale entre le yoga intégral de Sri Aurobindo (purna yoga) et les autres yogas. Si l’on essaye d’autres méthodes de yoga avant celle de Sri Aurobindo, on s’aperçoit, en effet, d’une différence pratique essentielle: au bout d’un certain temps, on a l’expérience d’une Force ascendante (appelée kundalinî en Inde), qui s’éveille assez brutalement dans notre être à la base de la colonne vertébrale et s’élève de niveau en niveau jusqu’à ce qu’elle ait atteint le sommet du crâne, où elle semble éclore dans une sorte de pulsation lumineuse, rayonnnante, qui s’accompagne d’une sensation d’immensité (et souvent d’une perte de conscience, qu’on appelle extase) comme si l’on avait débouché éternellement Ailleurs. Tous les procédés yoguiques, que nous pourrions appeler thermogénérateurs (âsana du hatha yoga, concentrations du râja yoga, exercices respiratoires ou prânâyâma, etc.) visent à l’éveil de cette Force ascendante; ils ne vont pas sans dangers ni perturbations profondes, ce qui rend indispensables la présence et la protection d’un Maître éclairé. Nous y reviendrons. Cette différence de sens du courant, ascendant ou descendant, tient à une différence d’orientation que nous ne saurions trop souligner.

«Les yogas traditionnels et, nous le supposons, les disciplines religieuses occidentales, visent essentiellement à la libération de la conscience: tout l’être est tendu vers le haut dans une aspiration ascendante; il cherche à briser les apparences et à émerger là-haut, dans la Paix ou l’extase. D’où l’éveil de cette Force ascendante.»

[…]

«Mais, on l’a vu, le but de Sri Aurobindo n’est pas seulement de monter, mais de descendre, pas seulement de filer dans la Paix éternelle, mais de transformer la Vie et la Matière, et d’abord cette petite vie et ce coin de matière que nous sommes. D’où l’éveil, ou plutôt la réponse de cette Force descendante. Notre expérience du courant descendant est l’expérience de la Force transformatrice. C’est Elle qui fera le yoga pour nous, automatiquement (pourvu qu’on la laisse faire), Elle qui remplacera nos énergies vite essoufflées et nos efforts maladroits, Elle qui commencera par où finissent les autres yogas, illuminant d’abord le sommet de notre être, puis descendant de niveau en niveau, doucement, paisiblement, irrésistiblement (notons bien qu’Elle n’est jamais violente; sa puissance est étrangement dosée, comme si Elle était conduite directement par la Sagesse de l’Esprit) et c’est Elle qui universalisera notre être tout entier, jusqu’en bas. C’est l’expérience de base du yoga intégral.»

Satprem poursuit et termine cette partie du livre (Descente de la Force) en citant Letters on Yoga de Sri Aurobindo [  Letters On Yoga I (pdf)  ]  :

«Quand la Paix est établie, la Force supérieure ou divine, d’en haut, peut descendre et travailler en nous. D’habitude, elle descend d’abord dans la tête et libère les centres mentaux, puis dans le centre du cœur … puis dans la région du nombril et des centres vitaux … puis dans la région du sacrum et plus bas … Elle travaille, à la fois, au perfectionnement et à la libération de notre être; elle reprend notre nature tout entière, partie par partie, et la traite, rejetant ce qui doit être rejeté, sublimant ce qui doit être sublimé, créant ce qui doit être créé. Elle intègre, harmonise, établit un rythme nouveau dans notre nature.»[ —  Sri Aurobindo, Letters on Yoga ]

Fin des extraits.


En guise de conclusion:

Une puissance transformatrice et divinisante consciente qui s’adapte à la loi d’être de chacun, disponible pour tous depuis la fondation du monde… Point de contact: l’occiput, la nuque, le pourtour de la tête – et le fait d’y porter attention après s’être tranquillisé un peu… Tout système d’éducation, toute religion qui n’enseigne pas ce fait à la fois simple, fondamental et prodigieux, où que ce soit dans le monde, donne intégralement raison, entre autres, aux thèses sur la nature réelle du “monde moderne” développées par René Guénon dans Le Règne de la Quantité et les Signes de Temps.

De toute évidence, “quelque chose” veut qu’on ne sache pas, et cherche à nous maintenir coupés, littéralement, de la liberté – et d’un destin fabuleux.

Mais maintenant qu’on sait…

Loup.


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe ) pour la présentation ;  cliquer


Sri Aurobindo, la prison d’Alipore, et son poème « Invitation » : nouvelle traduction française. —  Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est un autre.  —  Trois univers parallèles : on est en contact avec eux depuis qu’on est au monde.

Sri Aurobindo  :   La Zone intermédiaire (1933)   –   The Intermediate Zone (l’original en anglais, 1933)  —   Sri Aurobindo et la réincarnation : La renaissance et les autres mondes; le karma, l’âme et l’immortalité.   —   Sri Aurobindo on reincarnation : Rebirth and Other Worlds; Karma, the Soul and Immortality.   –  The Secret of the Veda (pdf) –  The Future Poetry (with On quantitative meter) (pdf)   —   Letters on Poetry and Art (pdf) (it includes letters on Savitri, and more ; excerpt from the publisher’s note:  “The present volume is the first collection of Sri Aurobindo’s letters on poetry, literature, art and aesthetics to bear the title Letters on Poetry and Art. It incorporates material from three previous books: (1) Letters on Poetry, Literature and Art; (2) Letters on “Savitri”, and (3) On Himself (section entitled “The Poet and the Critic”). It also contains around five hundred letters that have not appeared in any previous collection published under his name. The arrangement is that of the editors. The texts of the letters have been checked against all available manuscripts and printed versions.”)    —   The Life Divine (pdf)  –   The Synthesis of Yoga (pdf)   —   Record of Yoga (pdf)   –   Autobiographical Notes and other writings of historical interest (pdf)  –   Letters on Himself and the Ashram (pdf)  –   The Human Cycle (pdf)  –   Essays on the Gita (pdf)  –   Isha Upanishad (pdf)  –   Kena and other Upanishads (pdf)  –   Essays in Philosophy and Yoga (pdf)  –   Essays Divine and Human (pdf)  –   Karmayogin (pdf)  –   Bande Mataram (pdf)  –   Letters On Yoga I (pdf)   –   The Mother – with Letters on the Mother (pdf)


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


René Guénon  :  Le théosophisme, histoire d’une pseudo-religion (pdf)  –  Le règne de la quantité et les signes des temps  –  L’erreur spirite (1923; édition 1977 – pdf)  –  L’Homme et son devenir selon le vedanta (pdf)  –  Les principes du calcul infinitésimal (pdf)  –  Symboles de la science sacrée (pdf)  –  Le Roi du Monde (pdf)   –   Orient et occident (1924 – pdf)   –   Les états multiples de l’être (1932 – pdf)   –   Le symbolisme de la croix (pdf)   –

Sir John Woodroffe (pseudonym : Arthur Avalon)  :  Mahânirvana Tantra, Tantra of the Great Liberation (pdf) (John Woodroffe  and Pramatha Nâtha Mukhyopâdhyâya)  —   Mahâmâyâ, The World as Power : Power as Consciousness (Chit-Shakti) (pdf)   —   Principles of Tantra – Tantra Tattva,  (pdf, 1172 pages, 90Mg) ; Title in extenso : «The Tantratattva of Shrîyukta Shiva Chandra Vidyârnava Bhattachâryya Mahodaya, with introductions by Arthur Avalon and Shrîyukta Baradâ Kânta Majumdâr»; edited by Arthur Avalon, Madras 1952.


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Trois univers parallèles (ou contigus). On est en contact avec eux depuis qu’on est au monde.

Sa Majesté, la Grande Bardane (Great Burdock; Arctium Lappa). Une racine profonde et verticale, des antennes en ciel et en tous sens.


 

Place à la multidimensionnalité prosaïque – ou au prosaïque multidimensionnel.

Vous êtes prévenus : certains vont bâiller.

Ou, peut-être, entrebâiller


 

Premier univers parallèle :

Imaginez un plant de Bardane.  Maintenant, prenez-le avec vos mains et posez-le devant vous sur la table.

Vous ne pouvez pas.

On ne peut pas le faire: l’imagination est une dimension autre que la dimension “physique” ou “tri-dimensionnelle” dans laquelle on vit à l’état de veille.

L’imagination est un univers contigu, oui. Mais autre.

En parlance populaire, c’est un “univers parallèle” mais qui ondoie constamment en attouchant sans cesse “le nôtre”.  Un “univers parallèle” avec lequel on est en contact depuis qu’on est au monde.  Un univers contigu.


 

Deuxième univers parallèle :

Pensez à ce que vous aimez le plus. Pensez-y bien.

Vous allez éprouver une émotion.

On connait l’importance des émotions, des “moods”. Ça peut faire la différence entre échec et succès, entre avoir ou ne pas avoir un accident d’automobile ou de bicyclette, entre se couper ou ne pas se couper en découpant des légumes, etc.

Cette émotion, prenez-là et posez-la devant vous sur la table.

Regardez-la, déplacez-la vers la tasse de thé ou de café, poussez un peu dessus sur la table, du bout des doigts …

Vous ne pouvez pas.

Vous ne pouvez pas prendre cette émotion entre vos doigts et la poser sur le rebord de la fenêtre, ou au centre de la table, ou la photographier, ou lui faire prendre sa douche.

Les émotions appartiennent, elles aussi, à une autre dimension.

Une dimension autre avec laquelle on est en contact depuis qu’on est au monde.

Les choses de l’imagination, comme les choses émotives, ne relèvent pas de la tri-dimensionnalité dans laquelle on vit physiquement, à l’état de veille.

Ces choses ont leurs racines dans une autre dimension.

Ce sont des “univers parallèles” –  ou plutôt, des “univers contigus”.  Autres.


 

Troisième univers parallèle :

Glissez votre doigt, ou votre joue, ou votre nez sur une surface (pas trop rugueuse!) en vous concentrant sur la sensation que vous éprouvez.

C’est fait.

On continue.

Prenez cette sensation et posez-la devant vous sur la table.

Là encore, on ne peut pas.

La sensation n’est pas physique-tridimensionnelle, la sensation n’est pas, strictement parlant, physique, elle appartient, elle aussi, à une autre dimension, une dimension “parallèle”, une dimension contiguë.

Les sensations ne sont pas physiques au sens où on l’entend ordinairement.  Pourtant, c’est cette sensorialité qui nous fait “toucher” les choses.

Les cinq sens perçoivent ou éprouvent sensoriellement ce qui nous entoure, y compris notre corps. Ce qui pourrait vouloir dire que le corps physique, au fond, nous est inconnu et constitue, à toutes fins pratiques, un univers “parallèle” à lui tout seul, un univers contiguë.

En fait, le corps “physique” nous est probablement infiniment plus inconnu que des univers contigus comme l’imagination ou le royaume des émotions.

On connaît les sensations, oui, mais le “corps physique” lui-même, c’est quoi? Toute la connaissance du corps physique nous est donnée à travers des sensations, des perceptions, qu’on ne peut manipuler comme des objets…  Comment peut-on croire qu’on “touche” son corps: c’est le toucher qu’on connaît, le sens, pas le “corps physique”… Tout semble se passer dans cet interface: les sensations.

Les sensations, finalement, semblent voiler, (voire fabriquer?) le “corps physique”, bien plus qu’elles ne nous le révèlent.

La sensation semble bien appartenir, elle aussi, à un univers “parallèle”, contigu, autre.


 

Conclusion

Essentiellement: beaucoup de choses qui semblent évidentes et aller de soi, ne sont pas évidentes et ne vont pas de soi.

On commence à vivre quand on s’en aperçoit.


 

Post-Scriptum

Une forme peut-elle être à l’origine de toutes les formes? …


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J’ai déjà négocié une entente avec des insectes. L’entente a tenu. Elle tient toujours.   –  Satprem, la Shakti.  Elle a toujours été là.  Point de contact : l’attention, l’occiput, la nuque, la tête …

La Nature, la conscience, le bon sens 1/2 — La guerre du naturel et du pas naturel   –   La Nature, la conscience, le bon sens 2/2 – La Nature condamnée pour viol et grossesse

Le chevreuil comprend, le coyote jauge, le quotient intellectuel humain diminue ..  –  A Parallel Universe Crossing Ours:  The Magic People of the Snow


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –  Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )  –  Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.   –   Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble. Poème. « Toujours, tu rencontreras Rimbaud dans les rues vermillonnes et safranées de Marrakech … »


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Des oeuvres de fiction de Jacques Renaud, novellas, nouvelles, notes biographiques :

Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.

La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   —   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.   —   Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.

L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle  –  Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


Sylvain Guguenheim : L’Histoire d’un mythe : l’invention des terreurs de l’An Mil (pdf) ; Étude et critique historiographique, d’Abbon de Fleury à Richard Landes, par  Sylvain Gouguenheim   –   écrit avant l’an 2000, très vraisemblablement dans les années 1990s.


Sri Aurobindo  :   La Zone intermédiaire (1933)   –   The Intermediate Zone (l’original en anglais, 1933)  —   Sri Aurobindo et la réincarnation : La renaissance et les autres mondes; le karma, l’âme et l’immortalité.   —   Sri Aurobindo on reincarnation : Rebirth and Other Worlds; Karma, the Soul and Immortality.   –  The Secret of the Veda (pdf)


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Un ballon dans un cochon (comptine)

Le Ticane m’a inspiré une (autre) comptine dadaïste (à gauche… )  (Ci-dessus, c’est une photo d’un Ticane prise avec un appareil babilémien. Pour avoir une idée de c’est quoi un Ticane, faites un clic avec la souris sur l’image. Pour ne pas avoir une idée de c’est quoi un Ticane, faites pas un clic avec la souris sur l’image. Je vous avoue tout de suite que je sais pas encore tout sur les Ticanes. Oui, c’est hi-han d’pas savoir tout.)

Une bourrique
dans une barrique.

Un cochon
dans un ballon.

Un moustique
électronique
trouve une queue
en tirebouchon,

une queue d’âne
électronique,
du boudin
dans un ballon,

une barrique
bourrée de briques
pleines de vers
et de moustiques,

de questions
et de répliques,
qui grimacent
et qui mastiquent.

Une barrique
dans une bourrique.

Un ballon
dans un cochon.

 


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« Et moi, là-dedans?… »  « Mais voyons, Tortue, t’as déjà ta comptine … »  (Cliquez sur elle, vous allez voir … )

 

Des comptines, des paroles de chanson, deux trois limericks:

Un ballon dans un cochon     —   Un chic chat dans l’coma

Elle a trop bu d’jus d’ tortue    —     Le miracle de l’écrivain dans l’donjon

Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –    Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

With gong and bong. Limerick.    —    A little sleep, you’ll hear a little voice

Don’t listen to sweat vampires and slick liars       —  Jack le Canuck.  Chanson pour Jack Kerouac

Des sortes de contes, souvent bizarres, la plupart en versets libres :

Le scorpion à bicyclette     —    Le cliquetis de la croquignole

Histoire de Loup-Garou, fragments d’une chronique charcutée

Un coup bavant du Grand Avide ou Kafka aurait pu l’dire   —  Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées

La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques

L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

La route crie dans mes oreilles   —   La secte guerrière de la déesse Midum : la Main Invisible Du Marché. La Crosse, le Doigt et le Canon

Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille ».  Je est un autre.

Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages! Laissez la Vie Vivre!


 

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Have you seen them ? The Snowers ? The Magic People of the Snow ? I met them once. What we have in common : We love snow.

This post is not a piece of fiction.

 


 

Some years ago (2001 or 2002), in early October, I opened the front door on a hunch – and there she was, the fluffy, enchanting, first snowfall.

And just in front of me, on the doorstep – lo and behold – there they were. The Snowers. The People of the Snow.

I’d never met them before. Never seen them before.  The Snowers…


No Snow, nicht Schnee, pas d’neige! … Where on Earth has the Laurentian Mountains’ snow gone?


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