Sentiers d’Étoiles

Trees in a Night Forest and Blue Stars par Miki Mochizuka Ito - 2007. Lien sur l'image.

Trees in a Night Forest and Blue Stars par Miki Mochizuka (“Ito”) – 2007. Lien vers la source sur l’image.

Loup Kibiloki   ( Jacques Renaud )

Sentiers d’Étoiles

poésie

texte revu et remanié par l’auteur

Montréal 1974 – Saint-Zénon 2009

Autres suites poétiques  :   Les Enchantements de Mémoire  –  Rasez les Cités  –  Électrodes –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide

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© Copyright  1974, 1989, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe) – cliquer pour lire les conditions d’utilisation. Entre autres: Toute exploitation commerciale interdite.
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Note: Les accents de ce recueil semblent avoir des affinités avec certaines musiques, comme les accords de cithare.


 

0

Qui donc a galopé du front
contre nos solitudes fragiles?
Les bisons brûlants du soleil
ou les vaches plus tendres d’argile?

Odysséus revenait
aux clartés divisibles du monde
lancer dans les nuits bleues
les lances qu’il tenait.

Odysséus, à la barre,
fendait d’un coeur vigoureux
le flot tumultueux
de l’Impératrice Espérance.

Elle ouvrait les roses,
une à une, en son corps,
conquises et possédées
dans la tour sans cloisons,
et son périple heurtait,
dans les stases, les ports.

On pouvait voir danser
sur les éperons noirs,
dans le couchant glissant
de mers navigatoires,
les ruches de l’écume
et les grands cavaliers.

1

Il monte en lueurs
vers les cimes du ciel.

Il monte en battant
les hymnes du soleil.

Ces chants coulaient
qu’agresse
la ténèbre des peurs,
et se perdaient, repus,
dans la tiédeur des pierres.

Odysséus fend de son coeur l’étendue
et lance ses vaisseaux dans le champ du perçu.

2

Lorsque, née au matin,
parut Aurore aux doigts de rose,
Odysséus, homme divin,
leva des hommes de mystère.

Dans l’infini du pur amour
montaient les voiles de la terre.

Tout frémissait de poésie
dans l’éclat pur de la Cymbale.

3

Terre du dharma, terre du paon.
Terre du paon roux, le vermeil.

Mère de l’étagement roux,
mère de l’étable et du miel.

Terre du dharma, terre du miel:
les eaux sans fin s’y concentrent,
nuées de colombes y descendent
dans les blancheurs de la laine,
(les corbeaux montent de feu,
croisent l’ébène et le bleu,
corbeaux d’ébène au vol bleu).

Ce bois pur qu’un feu craque
avec sa main sans pitié:
dans les houx louve les traque,
les incendiaires d’été.

4

Un matin tout se croise.
La vertu niche le calque
du vice gros de portée.

J’entends le son des espaces
filant dans ma gorge en essaims.

Les vaisseaux filent et s’effacent
comme des feux de satin.

Pleut un sanglot de résines
sous la voie lactée qui s’incline.

Dans les échos des enclumes,
pleut un sanglot de résines.

5

Guerrier, ton char est de braises
et dérape en l’enfer belliqueux.

Je te déroule au levant
où tu galopes fidèle.

La nuit démente s’achève
mais ses fins sombres s’élèvent.

La tombe éclate au couchant
dans les os noirs et les marbres.

Le couchant lève la vague
et s’évertue dans le blanc.

Le soleil jase et sillonne.
Le bruit des mondes résonne
du matin clair qui t’inonde
graduellement de chaleur.

La brise est pure à la mer
comme un gant nu sur l’épée.

Elle dormit dans l’été,
par les présages hantée.

6

Son sang flottait sur le roux
de l’eau très pure des baies.

Regard capté s’y baignait
et le son roux l’emportait
dans le murmure des lames
à jamais.

Je te ceindrai de sarments.
Tu brûleras de prière.

Les saveurs nues de la terre
viendront lécher ton gosier.

L’argent cascade à ton bras.
(Aux pieds brûlants des forfaites,
les frimas clairs et les rats.)

Il neige au front de ces vierges
nordiques, elles dévasteront
les grands tombeaux de tes bêtes
et belles, martèleront
ton coeur sur l’aube trop belle,
et ton serment sur le limon
et le levant des grands frissons
et les tiges montantes des perles
et le hurlement des dragons
contre le fer, contre l’herbe.

7

Jouissent les mères de ces fonds
des rigueurs crues des soldates
armées d’épieux écarlates.

Dans l’écroué très opaque,
hurle le coeur des soldates.

L’argent cascade à leurs bras.
Les soldates ouvrent la fête.
Les mâles meurent en leurs bras.

C’est la montée des prêtresses.
Les mâles meurent en l’ogresse.

Le mâle brise l’étau.
La croix musarde dans l’eau.
La soldatesque frissonne.
Le printemps du nu frissonne.
La brise est bordée de fleurs.
Les courants fastes demeurent
et se soulèvent comme du beurre
dans la caresse des heures.

Loin, les mers mâles s’abreuvent
à l’eau coulante des veuves.

Elles nourrissent le neuf,
le redessinent et le meuvent.

Le mâle brise l’étau
et le femelle machine
le grand serment des câlines.

La crue déborde les mots.
Les eaux s’écoulent et s’ensablent,
l’étau fait craquer l’incroyable
en le pressant sur la nuit
et la noix roule sur l’ire
dans un bruit d’eau né de lyre.

La pulpe est fraîche à mourir.

Le mâle souffle le vivre
dans le ventre-eau du femelle
et les sons mûrs de sa lyre,
sur l’immobile eau du gel,
moud de dessins l’androgyre.

8

Le plexus hisse le sexe
en l’axis anse du doux.

La douceur dense de l’s
glisse sa laine à ton cou.

L’eau du poème clapote
à ton front fraîchi de beau.

La mer immense le porte
et te remue dans l’aile-eau.

En l’axis anse du doux
ton cou s’étend dans l’espace.

L’éther est doux sur ta face.
Le coeur est temps sur du doux.

Hissée du sexe en l’axis,
la force dense du lys,
en l’axis anse du doux,
tresse couleuvres et s’enjoue.

9

L’immense champ des sarcelles
au loin soulève ses cheveux
(le vol criblé du merveilleux,
le flot coulant des hirondelles).

L’immense champ des sarcelles
au loin soulève ses cheveux.

Par la vaste marée du murmure,
dans l’avivant mûr des voilures,
en la vaste marée du murmure,
les oiseaux claquent d’azur.

L’aveuglant soleil roux distord
les grands accoudoirs du nord,
ils inondent d’eau blanche la plaine
(dans la cuvée des fontaines,
dans la coulée des oiseaux).

10

Amants des rives prochaines,
que de la nuit profonde
lève un soleil nouveau.

Crue marine des mondes,
vaches montantes des eaux,
en ce ciel mugissantes,
lourdes et lactées de couchant,
brillent vos yeux de perchantes,
masses ondoyeuses qui dansent.

En ce ciel haut qui bouillonne,
de pas barbares fendu,
le vin qu’un coeur carillonne
coule sans fin, éperdu.

11

Ces oiseaux qu’un ciel dément tisse
se glissent de l’aile, se glissent
au flanc des montagnes surgies.

Faste étincelant
du battement des ailes
des grands oiseaux qu’appelle
un ciel, éminemment,
je ne sourirai plus
si vos cris ne m’étonnent,
moi que rire ravit,
si vos cris ne m’étonnent.

Vos yeux tristes et sans bornes
trouent mon coeur grandissant.

Princes volants des automnes,
blancs désirants de la nue,
votre envolée enchaîne,
si dur est le bleu de vos chaînes,
votre envol au coeur cogne
et cloue le coeur à vos nues.

Vous volez dans la mort
avec une aile éperdue.

Sachez que j’entends,
dieux déments des orages,
qu’à jamais je vous aime,
descendez dans les plaines:
ma bouche d’amour est pleine,
et vous y percherez sans mort.

Vous qu’aveugle la nue,
venez regarder dans la plaine:
les enfants jouent et sont nus,
ma bouche, d’amour, est pleine.

Au sifflement des vents froids
vos ailes portent, ployeuses,
la masse, l’ardeur, l’étendue.

Dans le faste mouvement
de milliards d’anémones
l’enfant du ciel entend
le claquement des strophes.

Sur les monts d’où l’ombre retombe,
montez mes amours sans pareilles,
vous dont la chaleur émerveille.

Du couchant rougi de nos tombes,
sur les monts d’où les morts retombent,
baignés d’un amour si vermeil,
montez mes amours qu’émerveillent
les oiseaux qui dans le ciel chargent!

12

Tempêtes sauvages
dans les blés mûrs
et les parfums.

Vive est l’escorte des embruns
(la bruine fraîche des corsages).

Vous qui chantiez dans les coulées,
vos feux brisaient mes reposoirs.

Vous aviez le coeur enflammé
et vous creusiez des entonnoirs
dans le matin exaspéré.

Des géants ouvraient les portes
(où les escorte cécité).

Mon cou de bonheur gonflé
ouvre un calice en l’étendue.

Leur coeur trop grand me porte.
(Horreur escorte cécité.)

Titans régnant, d’hérédité,
socle trop vaste de mon corps,
vos diadèmes de tourments
lancent des diamants aux cloches.

Nos têtes au feu régénérant
(les nourritures-intensités)
ardente vibrante mémoire
où votre corps a ondulé,
vieil océan miraculé.

Les grands versets
sont des couloirs
plus hauts que l’âtre du soleil,
des mantras clairs ouvreurs de flots
où l’on s’enfonce par les soirs
dans des régions de prairies noires
où la pierre saigne dans le noir.

Je suis leur fils
de par ce corps;
que l’or s’y fixe.

Mers bleues,
les ports,
mers bleues,
s’affixent.

13

Mer de la force décuplée,
tombeau d’un prince sans cité.

Les troupeaux sombres des crues
dans le carmin du matin
jouent du silence,
jouent du grappin
et pillent de toutes leurs mains
dans les champs de semences.

Les rivages creusaient notre errance
dans les terres bleues du Léthé.

Netteté des sillages,
guerre outrée des labours.

Dans les sillons descend l’amour
du haut des nues denses et du feu.

Tu naissais
dans la boue noire et la masse
et je dormais
dans les extases et dans les fours.

Vous me portiez dans votre âme,
votre beauté me rendait l’âme.

Princesses noires de mes années,
mon coeur est engrossé d’aimer.

Les couleurs pures coulent en l’été.
Mon coeur est gros de déchirure.

Un manque immense de nue glisse.

Les hirondelles dans les blés
voguent aux lèvres du délice.

14

Naviguait mûr, le fils.

Odysséus, sur la mer lisse,
glissait en ses sillons, porté.

Les buées bleues du saphir
trempaient son front d’aube et de myrrhe.

Aucun combat ne l’a comblé;
éternité ou chant d’aède,
la lyre immense qui l’émane
n’est pas, au combat, tombée.

Sa détresse était profonde,
le saphir buvait sans fin
l’ombre ondoyante de son ombre.

Sa détresse ourlait les mondes,
elle faisait chavirer la mer.

Son courage ouvrait les mondes,
il faisait s’attiser la mer.

Mue par des vents d’aèdes, ailée,
sa nef a défoncé mon coeur.

Je sais qu’amour est sa demeure,
et dans son coeur, la plénitude
par mésaventure dévastée,
au coeur du combat, demeure.

Enfant d’aède éternité,
la beauté fut ton jardinier.

Troubadour des grands espaces,
la Haute Lame en ta pensée
eut un destin de Haute Dame.

Poème hanté par cette Lame,
c’est elle que tu as chantée.

15

La nuit était lourde et lactée.

Tu vins au port désaltérer
la soif du mâle des disgrâces.

16

L’armure un jour tombera
dans le fracas des alouettes:
leur envol tape dans l’amas
de boue qui sèche dans nos têtes,
ô bel enclume d’alouettes.

17

La nuit était striée d’odeurs.
Les océans se pavaient d’algues.

Un vent frais sur la mer panse.
Le soleil est doux comme une anse.

Le monde entier s’est tu soudain.

Il regarde la danse immense
du soleil dans le ciel serein.

Une course de vaisseaux bas
glisse à l’horizon d’airain.

Ils ne touchent ni air ni eau.

Ces avirons de fission vive,
dans les cieux montent d’un coup.

Que ton corps souple t’y balise,
Persée, en ces douceurs de lyses.

Dans l’océan clair de la nuit,
au fond des corridors d’étoiles,
mon corps est un son pur qui parle.

Dans les profondeurs des creux dits
ambre l’amante fatale,
mère filante des nuits.

Le ciel rouge,
comme un immense coeur meurtri,
rugit.

18

Dense fusée intérieure,
faste galop martelant,
zébrure intense du rire,
(soeur des zébrures du temps d’occire),
coulent au milieu des marines
où la souffrance ranime
les os, les marque et les signe.

Feu du nez, feu du corps,
(ce feu pressant
que rien dévore)
dans la matrice il s’affame
et la matrice l’affine.

De l’amnios au récif
feu d’agni règne en son fils.

La bonté nous accompagne
comme un écho miridescent.

Un soleil ardent comme un sage
parle la langue des oiseaux
et la licorne des passages
garde la rive du ruisseau.

L’exil des neiges m’a parlé:
il avait la voix des sirènes.

Grand champ d’exil inapaisé,
iras-tu mourir en leur haine?

Ces sirènes déchaînées
ont-elles fini de tout saigner?

Ces immondes délirantes,
aux dents brillantes de bêtes ailées!

Que le vent les empoisonne
comme elles m’ont empoisonné!

Vous, les sans-retours, sans-domaines,
vos chaînes, aux écrous, d’or pleuraient.

19

Rien ne me vaincra, ni la peine,
ni la haine bleue des sirènes.

Qu’Odysséus me ramène
en sa nef de bois martelée
(par les effrois martelée)
au port béni de la reine.

Retraversons les contrées.
Réapprenons les espaces.
Épuisons l’antre des roses,
brûlons la mer et les ports,
s’y ensemencent des roses,
s’y ensemencent des morts.

L’âme du nord est de peine.
Son manteau dort dans la plaine.
Elle vécut dans la haine,
mourut d’une eau pure qu’enchaîne
l’âme du nord et sa peine.

20

Quand nous aurons,
par elle, aimé
toutes les nuits
des Amériques,
à l’occident
du mont sombré
nous heurterons
le Pacifique.

Sous le grand soleil altéré,
à l’hémisphère du tropique,
nous verrons fendre et éclater
la voûte noire, la tunique,
outre de sépia séchée.

Ce sera l’or craché qui moule,
la nuit, sans fin, sur les écueils,
dans la véracité des feuilles
et l’esseuil palpitant du vent.

La hausse noire
du serpent
se dresse et
tonne
dans l’opaque.

Ses crêtes durcies
font noircir
l’horizon mûri de l’Asie.

La torche tourne,
bras des piles.

Ton or de pauvre est une fleur
dans l’embaumant été d’Aurore.

La Chine athanor montait.

L’Amérique blanche de lait
perce dans la coulée des plaies.

La Chine étala l’or du cône
sur le cuivre uni comme un Rhôme.

L’océan bleu pleut le Plérôme.

Le Silence,
(anse)
le soleil.
Le Silence
est sans fin,
vie vermeille.

Son oeil s’écarquille,
fend les treilles.

21

L’or qui coulait
dans nos cerveaux
était l’or pur
des purs dédales.

Langage,
oiseau de chandeleur,
me conviait
au pur cénacle
où j’étais ceint
des eaux du coeur.

22

Comme les fleuves lient les rives
à la blessure des dérives
(cet océan fut-il donjon
et la source un enfant qui dort),
l’épée qui mord à vos merveilles,
elle qui lie les flots aux treilles,
elle qui veille sur le temps,
sur l’or des beaux nénuphars blancs,
foisonne et fond comme un printemps.

Glissent sur l’eau mille chandelles,
brisant la nuit qui les attise,
flageollant dans les vents lissants
du feu secret des derniers livres.

Un fleuve emporte leurs débris
vers un brasier de faste bise.

Porteur des nombres et de l’anneau,
je veille aux degrés de la rive.

Le sommeil hantait trop les eaux.
Les flammes volent et les ravivent.

23

L’action traque le silence
dans le fin remous des jouissances,
dans le riche connaître du coeur
et l’écho blond du fond du corps.

L’amour intensément comble
l’éperon noir du couchant.

Les rives s’avivent au levant,
la vie s’y panse vastement.

Dans le manteau de nos amours,
la chaleur monte et fend l’austère.

Le corps dans l’eau fine, verrière,
porté par la tunique extase
et le luminescent amour
et l’émoi roux de l’âtre
et l’immanent bleu du lourd
et les mondes, les mondes,
les immanents perçages,
la montée, la montée, le son, le murmure,
la base en sa rumeur d’azur,
l’aube du sens, l’eau du mûr:

c’est la murée montante, l’amour.

24

Un matin,
j’aurai percé sa rade ronde
et elle voguera
sur l’océan du monde.

Car ma raison est son espace
où elle se meut avec amour.

Méditer en cette aube sauvage
est l’ardeur même de mon amour.

Je t’inonderai de mes eaux,
qu’elles soient pures ou néfastes,
je huilerai ta peau
et tu voyageras
et tu verras
poindre à mesure,
sur le disque des eaux qu’épure
le vol des cormorans si doux,
naître une aube si pure
que tu briseras mon tombeau.

Un matin,
je déploierai mes ailes
dans l’envol calme
des hirondelles,
dans les rayonnements
du ciel

et par ton corps
nous franchirons

la digue émancipée
des sources de chaleur.

1974


© Copyright  1974, 1989, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe) – cliquer pour lire les conditions d’utilisation. Entre autres: Toute exploitation commerciale interdite.


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