La Zone Intermédiaire – Sri Aurobindo

copyright ©2003-2013 Sam Javanrouh

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Sri Aurobindo

La Zone intermédiaire (1933)  ( Click here for the original in English )

Ce texte d’Aurobindo, reproduit en entier ci-dessous, est cité dans l’article suivant sur ce blog : Le Règne de la quantité et les signes des temps – René Guénon.

Le début du texte est “abrupt”, l’ensemble étant composé de lettres ou de textes écrits spontanément dans des carnets et adressés à ceux ou celles qui écrivaient à Sri Aurobindo, échangeaient avec lui, lui racontaient leurs expériences, lui posaient des questions, lui demandaient des conseils, etc.

L’ensemble du texte a été rassemblé et organisé par des disciples dans les années 1930s. Sri Aurobindo a quitté son corps en 1950.  Un grand nombre de ses oeuvres sont accessibles au bas de la présente page et  ici – essentiellement en anglais.

[Début]

Toutes ces expériences sont de même nature et ce qui s’applique à l’une s’applique aux autres. À part quelques-unes qui ont un caractère personnel, ce sont soit des idées-vérités comme il s’en déverse d’en- haut dans la conscience lorsqu’on entre en contact avec certains plans de l’être, soit des formations vigoureuses venues des mondes plus vastes du mental et du vital qui, dès lors qu’on y est directement ouvert, font irruption et veulent se servir du sâdhak pour se réaliser. Quand elles pénètrent ou se déversent d’en haut, elles apparaissent avec une grande force, suscitent un sentiment très vif d’inspiration ou d’illumination, une grande sensation de lumière et de joie, une impression d’élargissement et de pouvoir. Le sâdhak se sent libéré des limites normales, projeté dans un monde d’expérience nouveau et merveilleux, empli, élargi, exalté; par ailleurs ce qui vient se conjugue avec ses aspirations, ses ambitions, ses conceptions de l’accomplissement spirituel et de la siddhi yoguique et va même jusqu’à se présenter comme la réalisation et l’accomplissement. Il se laisse très facilement emporter par cette splendeur et cette irruption et croit avoir réalisé davantage qu’il n’a véritablement accompli: quelque chose de définitif ou du moins de souverainement vrai. À ce stade, il lui manque d’ordinaire la connaissance et l’expérience indispensables qui lui diraient que ce n’est là qu’un début très incertain et très mélangé; il peut ne pas comprendre tout de suite qu’il est encore dans l’ignorance cosmique, non dans la Vérité cosmique, moins encore dans la Vérité transcendante, et que toutes les idées-vérités formatrices ou dynamiques qui ont pu descendre en lui sont seulement partielles et d’autant plus amoindries qu’une conscience encore impure les lui a offertes. Il peut aussi ne pas comprendre que s’il applique avec précipitation ce qu’il réalise ou reçoit comme si c’était définitif, il risque soit de tomber dans la confusion et l’erreur, soit de s’enfermer dans une formation partielle où se trouve peut-être un élément de Vérité spirituelle, mais celui-ci sera sans doute éclipsé par des adjonctions mentales et vitales plus contestables qui le déformeront tout à fait. C’est seulement quand il sera capable (que ce soit immédiatement ou après un certain temps) de se retirer de ses expériences, de se tenir au-dessus d’elles avec la conscience sans passion du témoin, d’observer leur véritable nature, leurs limites, leur composition, leurs impuretés, qu’il pourra poursuivre son chemin vers la vraie liberté et vers une siddhi plus haute, plus vaste et plus vraie. À chaque pas il faut le faire. Car tout ce qui vient ainsi au sâdhak de notre yoga, que ce soit du surmental, de l’intuition ou du Mental illuminé, ou encore de quelque plan très élevé de la Vie, ou de tout à la fois, n’est ni décisif, ni final; ce n’est pas la Vérité suprême dans laquelle il pourrait se reposer, mais seulement une étape. Et pourtant il faut passer par ces étapes, car le supramental ou Vérité suprême ne peut être atteint en un seul bond, ni même en plusieurs bonds successifs; il faut progresser avec calme, patience et régularité en parcourant de nombreuses étapes intermédiaires, sans se laisser lier ni attacher à leur Vérité, à leur Lumière, à leur Pouvoir ou à leur Ânanda inférieurs.

Il s’agit en fait d’un état intermédiaire, d’une zone de transition entre la conscience ordinaire dans le mental et la véritable connaissance yoguique. On peut la franchir sans dommage, en percevant immédiatement ou très tôt sa véritable nature et en refusant d’être retenu par ses demi-lumières et par ses expériences tentatrices, mais imparfaites et souvent mélangées et trompeuses. On peut s’y égarer, suivre des voix fausses et des conseils mensongers, et l’aboutissement est un désastre spirituel; ou l’on peut s’installer dans cette zone intermédiaire, refuser d’aller plus loin, et y construire quelque demi-vérité que l’on prend pour la vérité totale, ou devenir l’instrument des pouvoirs de ces plans de transition; c’est ce qui arrive à beaucoup de sâdhak et de yogis. Submergés par la première irruption d’un état supranormal et le sentiment de pouvoir qu’il apporte, ils sont éblouis par une petite lumière qui leur semble une illumination extraordinaire ou par le contact d’une force qu’ils prennent à tort pour la Force divine tout entière ou du moins pour une très grande Shakti du yoga; ou bien ils prennent quelque Pouvoir intermédiaire (qui n’est pas toujours un Pouvoir du Divin) pour le Suprême, et une conscience intermédiaire pour la suprême réalisation. Ils en viennent très aisément à penser qu’ils sont dans la pleine conscience cosmique alors qu’ils n’ont eu qu’un contact dynamique avec une face ou une petite partie de cette conscience, ou avec des régions plus vastes du Mental, de la Force de Vie ou du physique subtil. Ou encore ils ont l’impression d’être eux-mêmes dans une conscience entièrement illuminée, alors qu’en réalité ils reçoivent imparfaitement ce qui vient d’en haut par l’illumination partielle d’un plan mental ou vital quelconque; car ce qui leur vient est amoindri et souvent déformé au cours de sa transmission à travers ces plans; souvent le mental et le vital récepteurs du sâdhak comprennent ou traduisent mal ce qu’ils ont reçu, ou projettent pour les y mêler leurs propres idées, leurs sentiments, leurs désirs, qu’ils ne tiennent pourtant pas pour leurs mais pour une partie de la Vérité reçue, parce qu’ils se mêlent à elle, imitent sa forme, sont illuminés par sa clarté et acquièrent, par cette conjonction et cette lumière empruntée, une valeur exagérée.

Il existe des dangers plus graves dans cette zone d’expérience intermédiaire. Car les plans auxquels le sâdhak a maintenant ouvert sa conscience – et dont il ne reçoit pas, comme auparavant, de simples aperçus et quelques influences, mais directement le plein impact – lui envoient une foule d’idées, d’impulsions, de suggestions, de formations de toutes sortes, souvent tout à fait opposées les unes aux autres, incohérentes ou incompatibles, mais qui se présentent de manière à estomper leurs manques et leurs différences, avec une force, une plausibilité et une richesse d’arguments très grandes ou en suscitant un sentiment convaincant de certitude. Submergé par ce sentiment de certitude, cette intensité, cette apparence de profusion et de richesse, le mental du sâdhak entre dans une grande confusion qu’il prend pour une organisation et un ordre plus vastes; ou encore il tourbillonne dans d’incessants changements et déplacements qu’il prend pour un progrès rapide, mais qui ne le mènent nulle part. Ou il court le danger contraire de devenir l’instrument d’une formation d’apparence brillante, mais ignorante; car ces plans sont pleins de petits Dieux, de Daïtyas puissants [les Daïtyas, des Titans, fils de Diti qui symbolise l’être divisé, la conscience séparative] ou d’êtres inférieurs qui veulent créer, matérialiser quelque chose ou imposer à la vie terrestre une formation mentale et vitale et sont avides d’utiliser, d’influencer ou même de posséder la pensée et la volonté du sâdhak et d’en faire leur instrument à cette fin. Ces dangers sont distincts de ceux, bien connus, qui viennent des êtres véritablement hostiles dont le seul dessein est de créer la confusion, le mensonge, la corruption de la sâdhanâ et l’erreur anti-spirituelle, cause de désastre. Tout sâdhak qui permet à l’un de ces êtres – qui s’approprient souvent un Nom divin – de s’emparer de lui, perdra son chemin dans le yoga. D’autre part, il est tout à fait possible que le sâdhak trouve, pour l’accueillir à son entrée dans cette zone, un Pouvoir du Divin qui l’aide et le guide jusqu’à ce qu’il soit prêt pour des choses plus grandes; cependant, même cette éventualité n’est pas une sauvegarde contre les erreurs et les égarements de cette zone; car rien n’est plus aisé, pour les pouvoirs de ces zones ou les pouvoirs hostiles, que d’imiter la Voix ou l’Image du guide, de tromper et d’égarer le sâdhak, ou pour ce sâdhak lui-même d’attribuer au Divin les créations et les formations de son propre mental, de son vital ou de son ego.
Car cette zone intermédiaire est une région de demi-vérités, ce qui en soi n’aurait pas d’importance, car aucune vérité n’est complète en dessous du supramental; mais la demi-vérité ici est souvent si partielle ou bien si ambiguë lorsqu’on l’applique qu’elle laisse une grande latitude à la confusion, à l’illusion ou à l’erreur. Le sâdhak croit qu’il n’est plus du tout dans l’ancienne petite conscience, parce qu’il se sent en contact avec quelque chose de plus vaste ou de plus puissant, et pourtant la vieille conscience est toujours là et n’est pas véritablement abolie. Il sent la maîtrise ou l’influence d’un Pouvoir, d’un Être ou d’une Force plus grands que lui, aspire à être son instrument et pense qu’il s’est débarrassé de l’ego; mais cette absence illusoire d’ego dissimule souvent un ego magnifié. Des idées s’emparent de lui et entraînent son mental, idées qui sont vraies seulement en partie et se transforment en mensonges par une erreur d’application née d’un excès de confiance; les mouvements de la conscience en sont viciés et la porte est ouverte à la duperie. Le sâdhak reçoit des suggestions d’un caractère parfois romanesque qui le flattent en lui donnant de l’importance ou sont en accord avec ses désirs, et il les admet sans examen ni contrôle discriminatoire. Même ce qui est vrai est à tel point exalté ou étendu au-delà de sa portée, de ses limites et de sa mesure véritables, que cela engendre l’erreur. C’est une zone que de nombreux sâdhak doivent traverser, dans laquelle beaucoup errent longtemps et d’où un grand nombre ne ressortent jamais. En particulier, si leur sâdhanâ se situe principalement dans le mental et dans le vital, ils y rencontrent inévitablement de nombreuses difficultés et bien des dangers; seuls ceux qui obéissent scrupuleusement à des directives strictes ou ceux dont la nature est dominée par le psychique franchissent avec facilité cette région intermédiaire, comme sur une route sûre et clairement balisée. Une sincérité centrale, une humilité fondamentale préservent aussi de beaucoup de dangers et de désagréments. On peut alors passer rapidement au-delà, dans une Lumière plus claire où, s’il y a encore beaucoup de mélange, d’incertitude et de lutte, l’être s’oriente pourtant vers la Vérité cosmique et non vers un prolongement à demi éclairé de Mâyâ et de l’ignorance.

J’ai décrit en termes généraux, avec ses principaux caractères et ses possibilités essentielles, cet état de conscience qui se situe juste au-delà de la frontière de la conscience normale, parce que c’est là que ces expériences semblent se produire. Mais différents sâdhak s’y comportent différemment et réagissent tantôt à une catégorie de possibilités, tantôt à une autre. Dans votre cas, il semble que vous y êtes entré parce que vous avez essayé de faire descendre la conscience cosmique ou d’y pénétrer de force; peu importe la manière de l’exprimer, peu importe que l’on soit parfaitement conscient de ce que l’on fait ou conscient en ces termes; en substance cela revient au même. Ce n’est pas dans le surmental que vous êtes entré, car il est impossible de pénétrer directement dans le surmental. Le surmental est en effet au-dessus de toute l’action de la conscience cosmique et derrière elle, mais au début on ne peut avoir qu’un contact indirect avec lui; ce qui en descend passe par des niveaux intermédiaires, entre dans un plan du mental, un plan du vital, un plan physique subtil plus vastes, se modifie et s’amoindrit considérablement au cours de cette transmission, et finit par ne plus ressembler en rien à la plénitude de pouvoir et de vérité qui était sienne dans le surmental à ses niveaux d’origine. La plupart des mouvements ne viennent pas du surmental, mais de plus bas, des niveaux du mental supérieur. Les idées dont ces expériences sont pénétrées et sur lesquelles elles semblent faire reposer leur prétention à la vérité n’appartiennent pas au surmental, mais au Mental supérieur et parfois au Mental illuminé; mais il s’y mêle des suggestions du mental inférieur et des régions vitales et elles sont gravement amoindries dans leur application, ou, mal appliquées la plupart du temps. Tout cela n’aurait pas d’importance : c’est habituel et normal, et l’on doit en passer par là pour arriver à une atmosphère plus claire où les choses s’organisent mieux et se fondent sur une base plus sûre. Mais dans votre cas, ce mouvement s’est effectué dans un esprit exagérément hâtif et avide, trop plein d’amour-propre et de confiance en soi, de certitude prématurée, ne reposant sur aucune direction si ce n’est celle du mental ou du “Divin” tel qu’on en a la notion et l’expérience à un stade de connaissance très limité. La notion et l’expérience du Divin que possède le sâdhak à ce stade ne sont jamais complètes et pures, même si elles sont fondamentalement authentiques; toutes sortes de choses s’y mêlent, qui sont attribuées par le mental et le vital à cette Direction divine et y sont associées; et l’on croit qu’elles en font partie alors qu’elles proviennent de sources bien différentes. À supposer même qu’un conseil lui parvienne directement (le plus souvent, dans ces conditions, le Divin agit surtout de derrière le voile), cela ne se produit que de temps en temps et le reste se fait par un jeu de forces; l’erreur, l’égarement, le mélange d’ignorance s’introduisent en toute liberté et sont autorisés à le faire parce que le sâdhak doit être mis à l’épreuve des forces de ce monde, apprendre par expérience, grandir à travers l’imperfection jusqu’à la perfection, et s’il en est capable, s’il est disposé à apprendre, ouvrir les yeux sur ses propres fautes et ses propres erreurs, en tirer un enseignement et un profit, afin de grandir vers une Vérité, une Lumière et une Connaissance plus pures.

Cet état mental a pour résultat que l’on commence à entériner tout ce qui vient dans cette région mélangée et suspecte comme s’il s’agissait de la Vérité tout entière et de la pure Volonté divine; on affirme avec arrogance le caractère absolu de ces idées et de ces suggestions sans cesse répétées, comme si elles étaient la Vérité entière et indéniable. On a l’impression d’être devenu impersonnel et sans ego, alors que toute la tonalité du mental, son expression et son esprit sont pleins d’une véhémente outrecuidance que l’on justifie en affirmant que l’on pense et que l’on agit comme un instrument du Divin et sous son inspiration. On avance, avec une grande agressivité, des idées qui sont peut-être légitimes pour le mental, mais qui n’ont pas de valeur spirituelle; on les présente pourtant comme des absolus spirituels. Par exemple l’équanimité qui, dans ce sens – car la samatâ yoguique est tout autre chose – n’est rien de plus qu’un principe mental, la revendication du droit sacré à l’indépendance, le refus d’accepter quiconque comme Gourou ou l’opposition entre le Divin et le Divin humain, etc., ce sont là des attitudes que peuvent adopter le mental et le vital, et elles sont transformées en principes que tous deux s’efforcent d’imposer à la vie religieuse et même à la vie spirituelle; mais elles ne sont pas et ne peuvent pas être spirituelles par nature. Des suggestions du plan vital commencent en outre à s’introduire: pullulement d’imaginations romanesques, fantaisistes ou ingénieuses, interprétations secrètes, pseudo-intuitions, prétendues initiations aux choses de l’au-delà, qui excitent ou obnubilent le mental et sont souvent présentées de manière à flatter et à magnifier l’ego et l’importance personnelle, mais ne se fondent sur aucune réalisation spirituelle ou occulte confirmée et relevant de la vérité. Cette région est pleine d’éléments de ce genre et si on les laisse agir, ils commencent à assaillir le sâdhak; mais s’il cherche sérieusement à atteindre le Suprême, il n’a qu’à les regarder et passer son chemin. Non que ces suggestions ne contiennent jamais aucune vérité, mais pour une qui est vraie, neuf imitations mensongères se présentent et seul un occultiste exercé, possédant le discernement infaillible qu’engendre une longue expérience, peut se guider sans s’égarer dans ce dédale ni s’y laisser prendre. Toute l’attitude, toute l’action, toutes les paroles peuvent être à tel point encombrées par les erreurs de cette zone intermédiaire que poursuivre cette route plus avant serait s’écarter très loin du Divin et du yoga.

Ici le choix est encore possible: suivre la direction très mélangée que l’on reçoit au coeur de ces expériences, ou accepter la direction vraie. Quiconque pénètre dans les royaumes de l’expérience yoguique est libre de suivre son propre chemin; le chemin de notre yoga ne peut cependant pas être suivi par n’importe qui, mais seulement par ceux qui acceptent de poursuivre le but, de suivre la voie qui leur est désignée et où une direction sûre est indispensable. Il est oiseux de s’attendre à poursuivre très loin cette route, et plus encore d’aller jusqu’au bout, par sa propre force et sa propre connaissance intérieures, sans l’aide ou l’influence vraie. Même les yogas ordinaires pratiqués de longue date sont difficiles à suivre sans l’aide du Gourou; dans celui-ci qui, à mesure qu’il avance, pénètre dans des contrées inexplorées et des régions inconnues et touffues, c’est tout à fait impossible. Quant au travail qui doit être exécuté, ce n’est pas non plus le travail d’un sâdhak quelconque de n’importe quel sentier; pas plus que ce n’est le travail du Divin “impersonnel” qui, quant à lui, n’est pas un Pouvoir actif, mais soutient impartialement toutes les oeuvres dans l’univers. C’est un champ d’entraînement pour ceux qui doivent emprunter le chemin difficile et complexe de notre yoga et nul autre. Tout travail ici doit être accompli dans un esprit de discipline, d’acceptation et de consécration, sans chercher à imposer ses exigences et ses conditions personnelles, mais en se laissant diriger et guider avec une soumission consciente et vigilante. Le travail accompli dans tout autre esprit a pour résultat un désordre anti-spirituel, sème la confusion et le trouble dans l’atmosphère. Là aussi les difficultés, les erreurs, les faux pas sont fréquents, parce que dans ce yoga les individus doivent être guidés avec patience, disposer d’un champ d’action où exercer leurs efforts pour sortir, par expérience, de l’ignorance naturelle au Mental et à la Vie et entrer dans un esprit plus vaste et une connaissance lumineuse. Mais le danger d’errer sans guide dans ces régions situées au-delà de la frontière est que la base même du yoga peut en être sapée et que les seules conditions dans lesquelles le travail peut se faire risquent d’être perdues complètement. Le passage par cette zone intermédiaire qui n’est pas obligatoire, car de nombreux sâdhak empruntent un chemin plus étroit, mais plus sûr – est décisif; ce qui en sortira sera sans doute une création très vaste ou très riche; mais lorsqu’on s’y embourbe, le rétablissement est difficile, pénible, et n’est assuré qu’après un long combat et un long effort.

[Fin]

Sri Aurobindo
Lettres sur le Yoga (Volume 4/6)
Quatrième Partie, Section 5: Expériences de la conscience intérieure et de la conscience cosmique (p. 281-289)

publié par Sri Aurobindo Ashram – Pondichéry
diffusé par SABDA


 

Sri Aurobindo  :   La Zone intermédiaire (1933)   —   The Intermediate Zone (l’original en anglais, 1933)  —   Sri Aurobindo et la réincarnation : La renaissance et les autres mondes; le karma, l’âme et l’immortalité.   —   Sri Aurobindo on reincarnation : Rebirth and Other Worlds; Karma, the Soul and Immortality.   —  The Secret of the Veda (pdf) —  The Future Poetry (with On quantitative meter) (pdf)   —   Letters on Poetry and Art (pdf)

Letters on Poetry and Art (pdf) includes letters on Savitri, and more ; excerpt from the publisher’s note:  “The present volume is the first collection of Sri Aurobindo’s letters on poetry, literature, art and aesthetics to bear the title Letters on Poetry and Art. It incorporates material from three previous books: (1) Letters on Poetry, Literature and Art; (2) Letters on “Savitri”, and (3) On Himself (section entitled “The Poet and the Critic”). It also contains around five hundred letters that have not appeared in any previous collection published under his name. The arrangement is that of the editors. The texts of the letters have been checked against all available manuscripts and printed versions.”

The Life Divine (pdf)  —   The Synthesis of Yoga (pdf)   —   Record of Yoga (pdf)   —   Autobiographical Notes and other writings of historical interest (pdf)  —   Letters on Himself and the Ashram (pdf)  —   The Human Cycle (pdf)  —   Essays on the Gita (pdf)  —   Isha Upanishad (pdf)  —   Kena and other Upanishads (pdf)  —   Essays in Philosophy and Yoga (pdf)  —   Essays Divine and Human (pdf)  —   Karmayogin (pdf)  —   Bande Mataram (pdf)  —   Letters On Yoga I (pdf)   —   The Mother – with Letters on the Mother (pdf)   —    Early Cultural Writings (pdf)     —

Mira Alfassa – La MèreMira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1929-1931 (pdf)  —   Mira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1950-1951 (pdf)  —   Mira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1953 (pdf)  —  Mira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1954 (pdf)  —   Mira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1955 (pdf)  —   Mira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1956 (pdf)   —   Mira Alfassa – La Mère – Entretiens, 1957-1958 (pdf)


 

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