Srî Aurobindo, la prison d’Alipore, et son poème «Invitation» : nouvelle traduction française.

Prisonniers dans la prison du quartier d’Alipore à Kolkata (auparavant appelée «Calcutta») dans la partie bengalie de l’Inde (le Bengale Ouest). La photo est récente et contemporaine (source en cliquant sur la photo: http://www.blackocean.ch).

Photo de Sri Aurobindo à l’époque de l’incarcération dans la Prison du quartier d’Alipore à Kolkata, entre mai 1908 et sa libération un an plus tard en 1909. Source: Ashram Sri Aurobindo; cliquer sur l’image.

C’est dans la prison d’Alipore, un quartier de Kolkata (Calcutta), au Bengale Ouest, qu’on enfermait les prisonniers politiques à l’époque de la domination britannique en Inde.

«Jawahar Lal Nehru, Subhash Chandra Bose et Sri Aurobindo (Aurobindo Ghose) sont probablement les trois prisonniers les plus connus à avoir été incarcérés dans la prison d’Alipore» (Black Ocean Agency).

Arrêté en mai 1908, Sri Aurobindo, au cours d’un emprisonnement qui devait durer un an, jusqu’en 1909, y écrivit des poèmes; plus tard, après être sorti de prison, il écrivit aussi des articles décrivant la vie en prison.

C’est en prison qu’il écrivit son poème «Invitation», un très beau poème de «gars d’bois» … Aurobindo a toujours éprouvé un amour profond pour la vie sauvage et les forêts. Il écrira aussi: «J’ai parlé d’un an d’emprisonnement. C’eût été plus approprié de parler d’un an dans un ashram ou un ermitage. Le seul résultat de la rage du gouvernement britannique, ç’a été, pour moi, de trouver Dieu … »

Voilà pour un peu de «background», et pour le court historique de rigueur …

C’était donc il y a environ cent ans, c’était en 1908, ou 1909. Au fond de la prison du quartier d’Alipore, à Kolkata, un grand poète indien – l’un des précurseurs et des premiers penseurs et militants du mouvement pour l’indépendance de l’Inde – et plus tard, un yogui – écrivait en anglais un court poème. Un poème de «gars d’bois» qu’Aurobindo intitulait, prosaïquement mais avec pertinence: «Invitation». (On peut lire le poème un peu plus bas sur ce post, et la traduction en français que j’en ai faite, encore un peu plus bas, sur ce post.)

Une cellule de la prison d’Alipore, Kolkata, 1908. Cette cellule serait celle où fut emprisonné Aurobindo Ghose. «I have spoken of a year’s imprisonment. It would have been more appropriate to speak of a year’s living in an ashram or a hermitage. The only result of the wrath of the British Government was that I found God.» Source: Sri Aurobindo Society; cliquer sur l’image.

«Invitation» est loin d’être le poème le plus connu ou le plus célèbre d’Aurobindo. Qu’importe. C’est un poème solide, une grande force le sous-tend. Ce poème m’accompagne depuis longtemps, c’est un poème auquel je suis particulièrement attaché. Je le trouve simple, vigoureux, vivant, rugueux, rustique, tenace, comme son thème. C’est un compagnon durable, un ami fidèle, une présence qui ne se dément pas. Je le garde avec moi comme un talisman depuis des années. J’ai fini par le traduire en français (j’ai toujours voulu le faire).

Il va sans dire que la traduction que j’ai faite et que je présente ici n’est certainement pas la seule possible, et je ne la considère pas, non plus, comme la seule possible.

Par ailleurs, je ne sais pas non plus si le poème «Invitation» a déjà été traduit en français. Vraisemblablement, ça devrait… Si quelqu’un tombe sur une autre traduction, ne vous gênez pas, j’aimerais beaucoup la lire (le poème a déjà été traduit en français, je le sais maintenant, voir les commentaires plus bas – merci à Gérard de m’avoir communiqué cette autre traduction; … y en a-t’y d’autres?).

*

Sri Aurobindo Ghose.

Le poète était d’origine bengali, s’appelait Aurobindo Ghose, on l’a dit, il était destiné à devenir un jour le yogui Srî Aurobindo, l’auteur de Savitri, de Future Poetry, de La Vie Divine (The Life Divine – notez la tournure (française) du titre, le substantif qui précède l’adjectif), de La Synthèse des Yogas (The Synthesis of Yoga), etc., bref, une oeuvre considérable, un océan.

Dès le début du vingtième siècle, Aurobindo insistait sur l’importance de protéger la vie sauvage et les forêts (forests and wilderness); je tenterai éventuellement de retrouver la citation (ou les citations) à ce sujet. Aurobindo aimait les animaux. Il pouvait lire et éprouver l’immense tristesse dans les yeux des animaux sauvages emprisonnés dans les zoos. Etc.

La prison du quartier d’Alipore, Kolkata, Inde. On peut y lire: «AD» et «1906», vraisemblablement l’année de l’inauguration. Source: cliquer sur l’image. À la source, cliquer sur l’image, puis droitcliquer sur le résultat en choisissant «view image» (ou l’équivalent français) pour zoumer.

J’avais le goût de partager ce poème avec vous.

(En passant, tous les commentaires sont bienvenus, sauf les commentaires parfaits. Disons que je veux bien tolérer ces derniers, mais ils ne sont pas obligatoires. Ne vous en faites pas si vous commettez des fautes d’ortographe, c’est plus fort que moi, je vais probablement les corriger. Vous serez libres d’en rougir, d’en pâlir, ou de vous en foutre comme d’un morceau d’fiat money. En d’autres termes, faites-en pas trop – mais empêchez-vous pas d’poster pour ça.)

Voici le poème original en anglais (traduction française plus bas):

Invitation

With wind and the weather beating round me
Up to the hill and the moorland I go.
Who will come with me? Who will climb with me?
Wade through the brook and tramp through the snow?

Not in the petty circle of cities
Cramped by your doors and your walls I dwell;
Over me God is blue in the welkin
Against me the wind and the storm rebel.

I sport with solitude here in my regions,
Of misadventure have me a friend.
Who would live largely? Who would live freely?
Here to the wind-swept uplands ascend.

I am the lord of tempest and mountain,
I am the Spirit of freedom and pride.
Stark must he be and a kinsman to danger
Who shares my kingdom and walks at my side

Srî Aurobindo
Alipore Jail  –  1908-1909

Sri Aurobindo en 1950 (La photo pourrait être de Cartier-Bresson).

Je trimballe copie de ce poème depuis tellement longtemps que je ne sais plus où je l’ai rencontré la première fois – et ça m’étonne moi-même; dans un livre? Je ne sais plus lequel – ou sur internet? Possible –  mais sur quel site? «Sur internet?» Ça tient pas. Ç’aurait été à la fin des années 1980s ou au tout début des années 1990s; c’est sûrement avant. Qu’importe.

Il y a de nombreux blogs et sites webs sur internet  consacrés à Srî Aurobindo (tous intéressants, chacun à leur manière) à son oeuvre et à sa compagne de toujours, l’extraordinaire Mira Alfassa (la Mère). Voici un lien qui donne accès aux oeuvres complètes de Srî Aurobindo (incluant vraisemblablement le poème présenté ici) et de la Mère (de cette dernière, on trouve, sur le site en question, tous les entretiens dans le texte original français et en traduction anglaise).

Le menu sur le site est un peu «glissant», ou «instable», il a tendance à échapper à la souris, c’est dommage, mais le contenu du site est littéralement surabondant et impressionnant.

Voici ma traduction en français du poème d’Aurobindo.

Invitation

Le vent se rue, le vent bataille autour de moi.
Je monte vers la montagne et le moorland.
Qui veut venir avec moi, et gravir avec moi ?
Traverser les ruisseaux, s’enfoncer dans la neige ?

Je n’habite pas l’enclos mesquin des villes,
Coïncé par vos portes, coïncé par vos murs ;
Dieu s’étale en bleu, là-haut, dans la grande voûte,
L’orage et le vent me traquent, m’assaillent.

Ici, dans mes régions, la solitude m’égaye :
Me suis fait une amie nommée mésaventure.
Qui veut vivre vastement ? Librement ? Qui veut
Toucher les hautes-terres balayées par le vent ?

Je suis le seigneur des monts et des tempêtes,
Je suis l’esprit de fierté, l’esprit de liberté.
Se doit d’être solide et rompu aux dangers
Qui partage mon royaume et marche à mes côtés.

Srî Aurobindo – Prison d’Alipore, Inde, 1908-1909

*

Des notes sur la traduction

Le Scribe Accroupi – fragment. Source Wiki: cliquer.

Variantes du dernier quatrain:

Je suis le seigneur des montagnes et des tempêtes,
je suis l’esprit de fierté et l’esprit de liberté.
Il faut être de roc et rompu au danger,
pour vivre en mon royaume et marcher à mes côtés.

Je suis le seigneur des montagnes et des vents,
je suis l’esprit de fierté, l’esprit de liberté.
Il faut des nerfs d’acier, être né au danger
Pour vivre en mon royaume, pour vivre à mes côtés.

David, dans un commentaire (voir plus bas)  dit:

« …  j’aimais bien aussi la version
“Il faut des nerfs d’acier, être né au danger
Pour vivre en mon royaume et marcher à mes côtés”
Evidemment, c’est moins littéral, mais ça donne du nerf!»

Après relecture, c’était un commentaire très utile et très pertinent et j’en ai tenu compte.

Variantes, quatrième vers:

Traverser les ruisseaux, s’arracher dans la neige?

Traverser les ruisseaux, s’enfoncer dans la neige?

Traverser les ruisseaux, les pieds creux dans la neige?

Traverser les ruisseaux, piétiner dans la neige?

*

Je ne suis pas parvenu à traduire à ma satisfaction, entre autres, les deux derniers versets.

Ici, en vrac, des versets de la traduction française en cours d’exécution et que j’ai mis de côté:

…la force et le danger circulent dans son sang.

…a la puissance du roc et le danger dans le sang.

Il faut des nerfs d’acier, être né au danger
pour vivre en mon royaume et marcher à mes côtés.

Qui partage mon royaume, qui marche à mes côtés,
doit avoir des nerfs d’acier et aimer le danger.

ou:

doit être à toutes épreuves et aimer le danger.

Nerfs d’acier [must he be] et [l’ami] [parent] du danger

Qui partage mon royaume et marche à mes côtés
se doit d’être de roc et rompu au danger.

*

To tramp: (to hike) marcher, se promener; (to walk heavily) marcher d’un pas lourd.

On voit les berges du ruisseau gonflées de neige. Photo prise fin janvier 2010.  Cette photo est de «sylvieriviere» sur http://www.visoflora.com. Le titre: «Neige autour du Ruisseau de Gourbit»; on lit aussi: «30.01.2010 il a beaucoup neigé cette nuit, environ 20 cm.» Le Ruisseau de Gourbit est un des deux principaux affluents de la rivière Courbière, une riviere du département de l’Ariège, dans la région Midi-Pyrénées, dans le sud de la France. La Courbière est un sous-affluent de la Garonne par l’Ariège. Source de la photo en cliquant sur l’illustration.

Qui a marché dans la neige sans raquettes comprend très bien qu’on puisse, ici, traduire «tramp through the snow» par «s’arracher dans la neige» ou encore (moins fort) «s’arracher de la neige». Mais j’ai finalement choisi autre chose que «s’arracher» en hésitant entre «piétiner» et «s’enfoncer». «S’enfoncer», ici, est à la fois très suggestif et très proche de la réalité. L’hiver, les ruisseaux ont tendance à ne pas geler, à continuer à couler et à cascader et à enrouler leur eau souvent foncée, fraîche et froide, autour des roches, et ces ruisseaux sont souvent bordés d’une épaisse couche de neige. Si vous traversez le ruisseau, vos pieds, vos jambes vont s’enfoncer dans la neige en quittant une rive et en abordant l’autre. On peut le faire en raquettes, though …

Après-midi d’avril, une huile sur toile datant de 1920 du peintre québécois Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Collection du Musée national des beaux arts du Québec. Source en cliquant sur l’image.

Dans le tableau de Suzor-Côté, ci-dessus, on peut voir les berges du ruisseau «gonflées» de neige. Le tableau reproduit une scène printanière, vraisemblablement en région non-montagneuse au Québec, et on est pas en plein hiver, mais même en plein hiver, l’eau reste courante dans la plupart des cas.

To wade (verbe intransitif): patauger, avancer en pataugeant; «Who will come with me? Who will climb with me? Wade through the brook and tramp through the snow?».

To wade across a river:  traverser un cours d’eau à gué . She waded across a river to reach them:  Elle traversa une rivière à gué pour les rejoindre.

to wade through sth:  patauger dans qch.

We waded through the mud: Nous (pataugeâmes) (avons pataugé) dans la boue.

Je n’ai pas traduit «wade through the brook» par «patauger dans le ruisseau» ou «patauger dans les ruisseaux»; «patauger», dans le contexte du poème que je traduisais, sonnait rather ridicule et vraiment trop «joli», ce qui est éminemment subjectif, j’en conviens parfaitement. Je voyais Louis XIV pataugeant dans le ruisseau, le petit doigt en l’air, au son d’un menuet, ça correspondait pas (par contre, je ne parvenais pas à imaginer la reine Victoria faisant la même chose, vraiment pas, elle demeure pour moi inimaginable, de toutes les manières…), et il y a ces autres sens de «to wade» qui élargissent la portée du verbe et peuvent suggérer autre chose:

To wade in (verbe intransitif)  (to intervene): faire irruption dans la conversation. They wade in with remarks like, «If I were you … » To wade through (information, etc.): (verbe transitif): absorber, ingurgiter (de l’information, des documents, etc.) En anglais: They have no time to wade through the reports (Ils n’ont pas le temps d’absorber les rapports). They have to wade through tons of data (Ils doivent ingurgiter des tonnes de données).

Alors, j’ai, comme on dit, «procédé»… et j’ai «traversé» le ruisseau. Pas très fort non plus, «traverser», et au moment où vous lirez ce présent passage de mes notes, vous ne comprendrez peut-être pas ce que je veux dire quand je dis que j’ai traduit «to wade» par «traverser» pour la simple raison qu’avant d’uploader le présent post, j’aurai peut-être trouvé quelque chose de mieux (de différent, mettons) que «traverser les ruisseaux» pour traduire «wade through the brook» (quatrième vers du poème).

Moorland, région des Pennines, Yorkshire, Angleterre. On traduit généralement «moorland» par «lande». Source: Wikipedia. Lien en cliquant sur l’illustration.

En passant, je me demande pourquoi on écrit pas «pateauger» au lieu de «patauger», d’autant que je commets toujours la coquille (le «e» se colle à «au» et ça fait «eau») et qu’il me faut ensuite la corriger; où est passée l’eau dans «patauger»? Si elle a accès à ce blog, l’Académie française va certainement se saisir de la question. Je fournis le «e».

Moorland. En français, on traduit généralement par le joli mot féminin «lande». Un beau mot. Romantique. Doux. On ajoute une pleine lune et on entre en transe. Je ne parviens tout de même pas à associer «lande» aux montagnes, à la neige, etc. À tort. À raison. Je ne sais pas. C’est comme ça. J’ai choisi de conserver le terme «moorland», un très beau terme, très évocateur.

Wikipedia, sur «moorland». C’est intéressant. «Moorland» est tout autant associé au froid qu’à la chaleur (le texte sur Wikipedia est en anglais); Cliquer ici pour l’article en entier sur Wikipedia – si  les moorlands vous intéressent à ce point :-) . Un extrait:

Moorland or moor is a type of habitat found in upland areas, characterised by low growing vegetation on acidic soils [Note de Loup: «basse végétation sur des sols acides»: les Laurentides. J’habite en Haute Matawinie, ça fait partie de Lanaudière, au Québec].

Moorland nowadays generally means uncultivated hill land (such as Dartmoor in South West England), but the Anglo-Saxon ‘moor’ also refers to low-lying wetlands (such as Sedgemoor, also SW England). It is closely related to heath although experts disagree on precisely what distinguishes the types of vegetation.

Oliver Rackham points out that long-term general usage has been that moors are used to describe highland (and therefore high-rainfall zones), whereas heath refers to lowland zones which are more likely to be the result of human activity.

Moorland habitats are most extensive in the neotropics and tropical Africa but also occur in northern and western Europe, Northern Australia, North America, Central Asia, and the Indian subcontinent.

Most of the world’s moorlands are very diverse ecosystems.

In the extensive moorlands of the tropics species diversity can be extremely high.

Moorland also bears a relationship to tundra (where the subsoil is permafrost or permanently frozen soil), appearing as the tundra retreats and inhabiting the area between the permafrost and the natural tree zone.

The boundary between tundra and moorland constantly shifts with climatic change.

[Fin de l’extrait.]


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe ), pour la traduction française et le reste; cliquer

© Sri Aurobindo Ashram Trust (SAAT) 2005-2010, Pondicherry, India, pour la version originale anglaise du poème Invitation.


Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide

La Colombe et la Brisure Éternité    —    La Toupie, la Ballerine et le Miel.    —  Dans son silence de soie brune, le loup-cervier  —  La Licorne, poème venu d’une blancheur médiévale    —    Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble.    —     Monologue de l’âme-soeur    —    Lettre d’eau ou J’ai assez vécu pour savoir combien j’ai voulu être ici    —      Vague de mémoire. Petit tableau d’été.      —   Du commencement à la fin ou L’Oupanishad de l’ Ignorance    —   From Beginning to End or The Ignorance Upanishad

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Satprem, la Shakti. un autre univers parallèle.  Point de contact :  la nuque.      —     Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est autre.    —    Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages. Plus de 500 espèces de plantes en danger au Québec. Laissez la Vie Vivre!    –       Le vrai portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Le Ber : un chef-d’oeuvre d’art naïf.    —    Saint André : Dans notre coeur et notre esprit, le frère André l’a toujours été  –        Libérez Omar Kadhr    –    Un jour, la prison de verre et de fer volera d’elle-même en éclats


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6 Responses to Srî Aurobindo, la prison d’Alipore, et son poème «Invitation» : nouvelle traduction française.

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  3. Bonjour! et bonne année à Loup Kibiloki.

    Voici la traduction exacte du poème de Sri Aurobindo (INVITATION).

    Tirée du livre de L’ashram – édition de tous les poèmes de Sri Aurobindo (1981).

    Dans cet ouvrage! (une page française et une anglaise) comme les bulletins du centre de Pondicherry que Gérard recevait en 1970 de Pondy.

    INVITATION———

    Le vent et le gros temps cinglant autour de moi
    Je monte là-haut sur la montagne et la lande.
    Qui veut venir avec moi?Qui veut gravir avec moi?
    Se débattre dans les torrents et s’embourber dans la neige?

    Ce n’est pas dans le cercle étriqué des cités
    que j’habite à l’étroit vos portes et vos murs:
    au dessus de moi DIEU est bleu dans le ciel,
    contre moi le vent et la tourmente se rebellent.

    Ici sur mes domaines je me joue de la solitude,
    je me suis fait une amie de l’infortune.
    Qui veut vivre vaste?Qui veut vivre libre?
    Qu’il grimpe ici sur les sommets battus des vents.

    Je suis le seigneur de la tempête et de la montagne,
    Je suis l’esprit de liberté et de fierté.
    Ferme doit-il être et cousin du danger,
    Qui partage mon royaume et marche à mon côté.

    1908-1909 (dans la prison D’Alipur)

    Merci à vous pour la rencontre!

    Gérard de dunkerque.

    • Merci beaucoup. Je ne connaissais pas cette traduction (et a posteriori, je me demande comment: je suis allé souvent lire des textes de Srî Aurobindo et de Mira – très possiblement sur le même site – mais je ne suis jamais tombé sur la traduction française de Invitation. C’est comme ça). Elle est de qui? Toutes les traductions et tous les commentaires m’intéressent. Je suis en désaccord avec une seule chose: l’expression «traduction exacte». S’il peut exister une «traduction exacte» de quelque texte que ce soit, ça doit être un phénomène assez rare, surtout en poésie: c’est beaucoup plus la poésie même que je tente de transposer, de trans-former, plutôt que les mots que je tente de traduire.

      Bonne année à Gérard :-)

      Intéressant et amusant: on y a traduit «moorland» par «lande», ce qui est une traduction tout-à-fait correcte, mais je n’ai jamais pu utiliser ce mot dans la mienne (j’en parle dans l’article).

      En fait, la principale chose qu’on réalise en traduisant, c’est qu’on fréquente alors l’auteur, parfois de très près, par la force des choses.

  4. David says:

    Très belle cette traduction, j’aimais bien aussi la version
    “Il faut des nerfs d’acier, être né au danger
    Pour vivre en mon royaume et marcher à mes côtés”
    Evidemment, c’est moins littéral, mais ça donne du nerf!
    Je ferai volontiers un lien à mon site…
    A+ David

    • Merci, David. Je vais relire la traduction et le post :) Ta suggestion est très pertinente.

      Je n’aime pas beaucoup ma traduction ici:

      “l’esprit de fierté, l’esprit de liberté.”

      Ça “tombe vide”, c’est mou.

      Je vais trouver autre chose. Éventuellement.

      Ciao )

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