Was there an earthly paradise? What was it? Where was it?

Pieter Brueghel Le Jeune (1564-1636) - Le Paradis Terrestre.

Pieter Brueghel Le Jeune (1564-1636) – Le Paradis Terrestre (Musée des Beaux-Arts de Besançon).

« Truly, they have ruined the earth, they have ruined it – they have ruined the atmosphere, they have ruined everything; and for it to become something like the earthly paradise again, ohh! What a long way to go – psychologically, above all. Even the very structure of Matter (Mother fingers the air around her), with their bombs and their experiments and their … oh, they have made a mess of it all! They have truly made a mess of Matter. » — Mira Alfassa (The Mother)

The following excerpt, dated March 11 1961, is from Mother’s Agenda (L’Agenda de Mère). The Mother is Mira Alfassa, Srî Aurobindo’s eternal companion.  The original Agenda, 13 volumes, 6000 pages, is in French. Most of it was recorded on tape over years. It’s spontaneous, informal, as is, delightful, often moving, inspiring.

The Agenda was translated from the original French into English, but I don’t know who the translator is. I give a link to the source at the end of this post. Strangely enough, it’s very difficult to find who it is. I searched over the internet and I couldn’t find him – or her. Could be clumsiness on my part.

The person Mira Alfassa is chatting with in the following excerpt – and almost always throughout the Agenda – is Satprem, a very close, longtime, intimate friend of hers, to whom we owe – and to his compagne, Sujata (and to dedicated volunteers, no doubt), the transcription and publication of the gigantic Agenda. You’ll find sometimes text within [[double brackets]]. It’s been added obviously as comments. It’s not from me (except if indicated). It could be from the transcriptor, maybe Satprem, or from the English translator. There exists a Russian and a German translation.

But let’s get back to it: was there actually an earthly paradise?

Loup

Fatata te Miti - tableau de Paul Gauguin. Lien Wikipedia sur l'image.

Fatata te Miti – tableau de Paul Gauguin. Lien Wikipedia sur l’image.

Satprem  :  Was there actually an earthly paradise? Why was man banished from it?

Mira Alfassa (The Mother)   :   From an historical viewpoint (not psychological, but historical), based on my memories (only I can’t prove it, nothing can be proved, and I don’t believe any truly historical proof has come down to us – or in any case, it hasn’t been found yet), but according to my memories…. (Mother shuts her eyes as if she were going off in search of her memories; she will speak all the rest of the time with eyes closed.) Certainly at one period of the earth’s history there was a kind of ‘earthly paradise,’ in the sense that there was a perfectly harmonious and perfectly natural life: the manifestation of Mind was in accord – was STILL in complete accord – and in total harmony with the ascending march of Nature, without perversion or deformation. This was the first stage of Mind’s manifestation in material forms.

How long did it last? It’s hard to say. But for man it was a life like a sort of flowering of animal life. My memory is of a life where the body was perfectly adapted to its natural    Continue reading

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Les pistes instantanées des sillons d’éclairs

Source: cliquer sur l’illustration. All rights reserved by marvin908 on Flickr.com


L’éclair signe, découpe, et perce
une ouverture dans un portail aveuglant.

Qui pénètre instantanément
les milliards de cheveux creux de ces espaces forés
et en parcourt d’un coup les noeuds, les courbes, les angles et les sillons?

Celui-là, ses récits persistent et brillent dans le noir
qui se referme instantanément sur lui.

L’héritage,
dans le noir,
est sillonné de savoir.

 


© Copyright 1975 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Sur Le Cassé de Jacques Renaud, des extraits de critiques

Jadis, la liberté d’expression régnait dans ma ruelle, ou La ruelle invisible

Le Cassé de Jacques Renaud : le vrai, le faussé, le faux  (A-t-on voulu détruire la carrière de l’auteur ?)

Sorel : En 2012, on y censure Dieu et Edith Piaf. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud…

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


 

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Pâques à New York de Blaise Cendrars, la version intégrale. Tu reviens quand, Blaise?

Je lis Pâques à New York de Cendrars (la version intégrale est reproduite au bas de cet article).   Puis je lis Frère Alfus de Nelligan (un conte fantastico-religieux en vers).   Je trouve dans les deux poèmes la présence d’une sensibilité parente, une sorte « d’aura » médiévale.

Le poème de Cendrars est une prière soutenue, profondément touchante, simple, d’une grande beauté. Le poème de Nelligan est un conte très doux, tendre, naïf, attachant, où le déplacement dans le temps, la réalité de mondes parallèles ou d’autres plans de réalité sont explicites. Des deux poèmes se dégage cette « saveur médiévale » toute particulière, difficile à décrire.

Né en 1887, en Suisse, à Chaux-de-fonds - décédé à Paris en 1961. Son nom, à la naissance, était Frédéric-Louis Sauser. Les Pâques à New York datent de 1912. Adolescent, je connaissais le poème par coeur. C'est l'un des plus beaux poèmes qu'il m'ait été donné de rencontrer en cette existence, avec une vingtaine ou une trentaine d'autres. Salut, Blaise... Tu vas revenir?

Né en 1887, en Suisse, à Chaux-de-fonds – décédé à Paris en 1961. Son nom, à la naissance, était Frédéric-Louis Sauser. Les Pâques à New York datent de 1912. Adolescent, je connaissais le poème par coeur. C’est l’un des plus beaux poèmes qu’il m’ait été donné de rencontrer en cette existence, avec une vingtaine ou une trentaine d’autres. Salut, Blaise… Tu vas revenir?

Pâques à New York nous fait pénétrer loin, très loin dans la mémoire. Par la sensibilité. Par cette sorte de capacité qu’on a de percevoir par mouvement, par déplacement concentré de substance, de conscience perceptuelle. Sans cette capacité, vous aurez beau vous déplacer sur des milliers de kilomètres, en réalité vous ne bougerez pas. Dieu merci, tout le monde a cette capacité. Chez certains c’est peu ou pas développé, c’est tout. Ça se développe. Fréquenter la poésie aide à la développer. Il y a une manière de. Mais je poursuis.  Cendrars est un très grand voyageur, non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps. Pas seulement dans le « passé ». Dans la Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France, il voyage dans le futur en invoquant le « grand Christ rouge de la révolution russe » (« Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe… Et le soleil était une mauvaise plaie qui s’ouvrait comme un brasier. ») : Cendrars publie la Prose en 1913, la Révolution russe a lieu quatre ans plus tard, en 1917 … Cendrars est un grand voyageur, un attachant, fascinant voyageur sur la terre, un voyageur de la sensibilité, de l’imagination, de la mémoire, du temps.

Cendrars est un grand voyageur du temps si l’on compare Pâques à New York à cet autre chef-d’oeuvre de Blaise qu’on vient d’évoquer, la Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France (on oublie tout le temps Jehanne quand on mentionne le poème, vous avez remarqué? le titre pourtant est clair: «et»; en d’autres termes, le titre pourrait tout aussi bien se lire « La Prose de la petite Jehanne de France et du transsibérien »). Celui qui écrit Pâques à New York et qui publie ce poème en 1912 est le même qui écrit La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France qui est publié en 1913. Cendrars traverse ici des siècles de sensibilité, des siècles de conscience, voire de cataclysmes de conscience, en moins d’un an. Cendrars traverse la mémoire et le temps tout autant qu’il traverse l’espace à pied, par train, par voiture, à cheval, par bateau. L’espace et le temps, pour moi, ne sont pas séparés chez Cendrars : Blaise vit pleinement dans l’espace-temps. Pas dans l’un ou l’autre. Il n’est pas le seul. Beaucoup d’êtres humains débouchent un jour dans cette conscience plus complète et plus large. Et c’est loin d’être la fin du voyage. Ce voyage qui est, en fait, une évolution – consciente ou pas.

Cendrars n’est pas « mort ». Il est toujours vivant. Tout comme Claude Gauvreau, Arthur Rimbaud (Je est un autre), et d’autres, connus, inconnus, méconnus, des proches, des      Continue reading

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Sur le chemin des étoiles de mer de Tristan Tzara : « Quel vent souffle sur la solitude du monde … »

Tristan Tzara, né à Moinesti, en Roumanie, en 1896 et décédé à Paris, France, en décembre 1963. Sur le Chemin des Étoiles de Mer, dédié au poète espagnol Federico Garcia Lorca, est parmi les plus beaux poèmes écrits en langue française.


 

Le poète espagnol Federico Garcia Lorca, né en 1898 et fusillé le 19 août 1936 par les facistes espagnols.


 

Tristan Tzara

Sur le Chemin des étoiles de mer

dédié à Federico Garcia Lorca

 

quel vent souffle sur la solitude du monde
pour que je me rappelle les êtres chers
frêles désolations aspirées par la mort
au-delà des lourdes chasses du temps
l’orage se délectait à sa fin plus proche
que le sable n’arrondissait déjà sa hanche dure
mais sur les montagnes des poches de feu
vidaient à coups sûrs leur lumière de proie
blême et courte tel un ami qui s’éteint
dont personne ne peut plus dire le contour en paroles
et nul appel à l’horizon n’a le temps de secourir
sa forme mesurable uniquement à sa disparition

et ainsi d’un éclair à l’autre
l’animal tend toujours sa croupe amère
le long des siècles ennemis
à travers des champs certains de parade d’autres d’avarice
et dans sa rupture se profile le souvenir
comme le bois qui craque en signe de présence

et de disparate nécessité

il y a aussi les fruits et je n’oublie pas les blés
et la sueur qui les a fait pousser monte à la gorge
nous savons pourtant le prix de la douleur
les ailes de l’oubli et les forages infinis
à fleur de vie
les paroles qui n’arrivent à se saisir des faits
à peine pour s’en servir pour rire

le cheval de la nuit a galopé des arbres à la mer
et réuni les rênes de mille obscurités charitables
il a traîné le long des haies
où des poitrines d’hommes retenaient l’assaut
avec tous les murmures accrochés à ses flancs
parmi les immenses rugissements qui se rattrapaient
tout en fuyant la puissance de l’eau
incommensurables ils se succédaient tandis que de tout petits murmures

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Les loups et la naissance de ton armée

Photo Wladimir Bologov for Russia Today.

Photo Wladimir Bologov pour Russia Today.


« Alors, souris, petit.  Souris et salue ton armée.
Elle est née, ta meute en multiples habits d’audace et d’argent,
libre, magique et puissante comme le vent,
et rien, plus rien ne l’arrêtera. »


 

Le ressac
me rend muet
comme une carpe.

Je suis un point dans l’eau.
Je suis comme un point dans l’eau.
Je suis une goutte, et l’océan, et tout autour, et dedans.

Une vaguelette me coiffe
là-haut
comme un lumineux croissant de lune
comme un lumineux croissant de dune
comme un numineux chemin lacté,
scintillant
sur un autre plan.    Continue reading

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Le Vaisseau d’Or, a new English translation by Jacques Renaud of Émile Nelligan’s masterpiece

Émile Nelligan à l'âge de 19 ans. Copyright © Archives nationales du Canada. L'auteur de la photo est inconnu. Le numéro de référence à l'Anc: ANC C-88566

Émile Nelligan à l’âge de 19 ans, c’est-à-dire peu de temps avant d’être interné au refuge Saint-Benoit le 9 août 1899. Copyright: Archives nationales du Canada. L’auteur de la photo est inconnu. Le numéro de référence à l’Anc: ANC C-88566

Posted here, a recent English translation I made of Québec poet Émile Nelligan’s masterpiece, Le Vaisseau d’Or ( 1899 ).  I kept the original title in French. It feels right that way.  I took notes on the poem and the translation while working on it.  I posted some of them — and the original poem in French.


Translation by Jacques Renaud (aka Loup Kibiloki) :

Le Vaisseau d’Or

It was a massive Ship carved out of solid Gold,
Its masts reaching azure, she sailed on unknown seas
With Aphrodite of love spreading out at the prow,
Hair dishevelled and naked under excessive sun.

But it came that the ship one night struck the great reef
On treacherous Ocean where the Siren was singing.
The horrible shipwreck tilted the hull aslant
Deep down the abyss depth, immutable coffin.

It was a Gold Vessel. Her diaphanous sides
Were revealing treasures that the secular crew,
Disgust and Neurosis, and Hatred, fought over.

What’s left of it after the brief abating storm?
What became of my heart, empty deserted ship?
Alas, it has sunk down in the abyss of Dream.


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe); click


Émile Nelligan au refuge Saint-Benoît. Nelligan y fut interné en 1899 (à l’âge de 19 ans: Nelligan était né le 24 décembre 1879). Nelligan est resté vingt-cinq ans à Saint-Benoît, puis a été transféré à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu à Montréal. Il est resté à Saint-Jean-de-Dieu jusqu’à son décès survenu le 18 novembre 1941. La photo est de Joseph-Octave Lagacé. Elle aurait été prise aux environs de 1920 à Saint-Benoit. Cette photo fait partie d’une collection, la Collection Wyczynski, du nom du biographe le plus connu de Nelligan, du moins l’un des plus prestigieux.


The original en français :

Le Vaisseau d’Or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif:
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues,
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, ont entre eux disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève?
Qu’est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve!


Notes I jotted down while translating :

Nelligan’s poem Le Vaisseau d’Or is a masterpiece. I’ve known it by heart for a long time.

Aphrodite is hair dishevelled, stark naked, spreadeagled, spreading out at the prow:

“La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues
“S’étalait à sa proue au soleil excessif.”

“La Cyprine” is another name for Aphrodite (or “Venus”, in latin). Aphrodite is said to      Continue reading

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La route crie dans mes oreilles ( han?! )

Tunnel routier californien transformé en glotte.

Tunnel routier californien transformé en glotte. (Source :   La Times,   “A tunnel collapse  ..” ,  cliquer sur l’illustration.)


 

Un autre poème bizarre (car il y en d’autres) (et il y en aura d’autres).

Certains de ces poèmes ( ahem ! ) sont écrits depuis des mois, certains depuis des années. Certains sont récents (comme celui-ci). Ils semblent parfois surgir comme des bouts de fils dans le sillage des milliards d’aiguilles qui glissent et coulent dans la trame de cet immense univers dont ils témoignent du mystère à chaque instant.

Fiou! – avec une phrase comme la dernière qui précède, j’ai qu’à en faire un discours et je suis mûr pour me présenter triomphalement, enfin, à la mairie de Sainte-Cutulle-Catin-de-la-Totoche-Tournante.  Comme concierge.  Ils seront forcés de me la montrer, la porte!).

Je les recueille (les poèmes absurdes qui me surviennent) tels qu’ils se présentent. Ils me suivent gentiment comme une sorte de petit troupeau de mutants. J’ai fini par les trouver attachants. Je leur fait faire un petit tour de blogosphère.

Ils ne mordent pas. Je veux dire, ils ne mordent pas souvent – de toutes façons, on peut mettre des gants –  y en a qui.

Bonne lecture :)!


 

La route crie dans mes oeilles

( Témoignage essoufflé de quelqu’un.
Indiscutablement, le témoignage porte sur quelquechose. )

 

La route crie dans mes oreilles monsieur l’juge!
Le fruit est tombé trop vite.
Le vieux s’est penché pour le ramasser.
J’avais une béquille à la place des yeux.
Il a quitté l’endroit en coup de vent …

… À l’ordre !

… La route crie.
Je n’ai plus d’oreilles.
Le fruit n’est jamais tombé.
Le vieux ne s’est jamais penché.
Je n’avais plus de béquille à la place des yeux.
Il n’a pas quitté l’endroit en coup de vent …

Faites évacuer la salle ! Faites-moi évacuer cette salle !!!

… Mes oreilles crient encore dans la déroute.
La tombe n’a jamais porté fruit.
On a ramassé le vieux sans se pencher …

Taisez-vous !!  Mais taisez-vous !!

… Je ne peux pas, j’ai la béquille à l’oeil.
L’endroit nous a quitté, emporté par le vent.
Le fruit crie sur la route.
Il coule dans mes oreilles …

… Mais faites quelquechose …  Gardes ! …

… Oui, je vous le dis, j’avais à l’oeil la béquille du vieux,
il a quitté l’endroit sans se pencher
et quand j’ai voulu raconter
ce qui ne s’était pas passé
le vent avait tout emporté …

Bon, d’accord, laissez-le finir …

… C’était pas mon jour,
c’était pas le vôtre,
c’était pas le sien,
oui monsieur le juge
on a cherché
le propriétaire
mais quand on l’a trouvé,
c’était pas lui,
j’ai gardé la béquille …

Oui oui, et la route …

… Oui, la route crie dans mes oreilles, monsieur le juge.

Oui, c’est ça, elle crie …

Je le jure.
C’est pas lui.
C’est pas elle non plus.
C’est le vent.
C’est la cadence de la décadence.

Faut que je vous parle du tirebouchon, monsieur l’juge …

… Ah non …

… Vous voulez pas que je parle du tirebouchon ?

Eh …

… La route crie dans mes oreilles, monsieur le juge!
Le fruit n’est pas tombé trop vite.
Le vieux s’est penché sans bouger.
J’avais pas de béquille à la paupière.
Tout ce qui s’est passé n’est jamais survenu.
Mais d’un coup, je sais pas comment, c’est arrivé,
le tirebouchon s’est enragé,
il s’est planté en crissant à côté d’la béquille,
il a tourné de l’oeil en s’enfonçant,
parlez plus fort monsieur l’juge!
la route crie dans mes oreilles, monsieur le juge! …

… Acquittez-moi ça tout de suite !  Acquitté ! Acquitté !!  Acquitté j’ai dit !!!  Foutez tous le camp  !!!  Fermez la Cour  !!!   FERMEZ-LA !!!   Ça crie dans mes oreilles  !!!!  La maudite route elle crie dans mes oreilles !!!!!   Ça crie !!!  Ça crie !!!!  C’est la décadence  !!!!  Au secours  !!!!!!  Faites-le sortir !  Mon coeur fait ploupe peloupe peloupe ploupe ploupe ..  Appelez Urgence Santé  !!!


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Des comptine, des excessifs, des normaux (ouais, mais là..) :

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


 

Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


 

Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Sur Le Cassé de Jacques Renaud, des extraits de critiques

Jadis, la liberté d’expression régnait dans ma ruelle, ou La ruelle invisible

Le Cassé de Jacques Renaud : le vrai, le faussé, le faux  (A-t-on voulu détruire la carrière de l’auteur ?)

Sorel : En 2012, on y censure Dieu et Edith Piaf. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud…

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


 

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Épisode 3 – Les Cosmiques amours d’Anode et de Cathode

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Les Cosmiques amours d’Anode et de Cathode: Les épisodes sont courts (mais le seront-ils toujours?). Ils sont numérotés… On peut les retrouver par la fonction “recherche”, ou sous la “catégorie” (en descendant un peu, à droite) “Anode et Cathode”, où les épisodes sont archivés “à reculons”, en écrevisse, le plus ancien apparaissant en premier – parce que le programme du blog fonctionne comme ça. [Apparemment, c’est contournable, mais je ne maîtrise pas parfaitement le truc, il me faudra faire des tests – et je suis de tendance “if it ain’t broke, don’t fix it” (“si c’est pas cassé, répare pas”) – surtout en matières d’informatique].


 

Épisode 3

Toute la troupe de cavaliers traversa la rivière et aborda la rive où se tenaient Cathode et Saint-Gilles.

Le cavalier de tête se détacha de la petite troupe, mit pied-à-terre et marcha, suivi de sa monture, vers Cathode et son chien.

Une écharpe de soie rouge-orange flottait à son cou. Il portait une sorte de longue robe fendue en quelques endroits, du bassin jusqu’en bas, devant, sur les côtés, vraisemblablement derrière. Il portait un long pantalon foncé. Le cuir de la robe était d’un brun rouge très foncé. Le cavalier portait une sorte de chapeau dont les pans se rejoignaient au-dessus de la tête, un peu comme des mains jointes du bout des doigts – ou comme une sorte de crête. Ou comme une sorte d’aileron de requin.

Le cavalier s’arrêta juste devant Cathode. Son teint était basané, ses joues proéminentes, ses yeux bridés. Il souriait finement. Son visage rayonnait doucement et il semblait très, très heureux, calmement, sereinement, mais profondément, heureux. Ému. Cathode pouvait lire une sorte d’étonnement émerveillé dans son regard. Les yeux du cavalier étaient bruns. Il venait tout juste de parler. Doucement. Cathode l’avait entendu, le cavalier s’adressait à elle. Cathode comprenait la langue. Le cavalier avait légèrement incliné la tête et avait dit, dans sa langue: “Merci…” “Pourquoi?”, demanda Cathode dans la langue du cavalier.

Saint-Gilles faisait aller sa queue en pointant son museau ici et là, autour de lui, et en haletant à côté de sa compagne.

“Vous les avez fait disparaître”, dit le cavalier en regardant autour de lui.

Il tourna la tête vers la rivière. “Et vous l’avez fait revenir”, ajouta-t-il. “Les pillards l’avaient asséchée… Il y a longtemps, très longtemps…” De toute évidence, le cavalier faisait allusion à la rivière. Le cavalier se tourna de nouveau vers Cathode: “Nous pouvons de nouveau habiter le territoire. Grâce à vous…” “Comment savez-vous que c’est grâce à moi?” demanda Cathode. “Nous le savons,” dit le cavalier d’une voix où l’on sentait une pointe d’étonnement, comme si le fait de le savoir allait de soi. “Nous le savons… Comme vous, comme vous quand vous savez…” “Vous devez connaître Anode,” murmura Cathode. “Oui,” répliqua le cavalier. “Où est-il?” demanda Cathode.

Juste à ce moment, Cathode sentit que les choses allaient se précipiter. Il lui faudrait un cheval dans quelques secondes. Elle en voulait un de taille moyenne, une longue crinière, une monture nerveuse et vigoureuse qui ferait vraiment partie d’elle, avec laquelle elle ferait corps. Elle l’aimait déjà. Brun. Terre, sol, couleur de terre, couleur de sol. La monture était là. Devant elle. Une jument. Sellée. Cathode caressa ses joues fortes. Elle caressa la crinière, grasse, fortement odorante. Saint-Gilles aboya. Cathode mit pied à l’étrier, grimpa en s’élançant et en s’emparant des guides. Le cheval recula un peu, hennit. Saint-Gilles aboyait.

“Suivez-nous,” lui dit le cavalier en remontant en selle. Cathode et le cavalier se mirent à galoper en direction de la troupe et de la rivière.

La troupe retraversa la rivière à gué, puis s’ébranla de concert, au trot, puis au galop, en direction de la montagne d’où la troupe avait surgi auparavant.

“Anode…,” murmura Cathode. Elle le sentait tout près. Intimement près. Et lointain. Comme toujours. Elle allait apprendre – réapprendre – des choses. Elle les réapprendrait. Elle les connaîtrait mieux. Elle allait réapprendre des choses sur la terre. Sur le destin de la terre.

Les chevaux filaient vers la montagne.

Le vent tira et écrasa quelques larmes sur les tempes et les joues de Cathode en humectant la commissure de ses lèvres d’une saveur de sel. Le rythme des galops parlait. Disait. Une histoire. En la rythmant. En la rythmant. En la rythmant. Une histoire. Une histoire qui semblait monter des entrailles du sol, une histoire qui résonnait dans la mémoire en la ranimant, une histoire que la fermeté des galops, leur cohérence rythmique, semblaient faire lever des entrailles du temps. Comme si le sol et le temps ne faisaient qu’un.

(À suivre. Il y a toujours une suite, il y a toujours une précédence, la chaîne s’étend sans fin :)

13:54 2009-02-27

Épisode 4 – À venir.

( Il n’y a pas eu de suite, pas d’Épisode 4 … )

Épisode 1 – Les Cosmiques amours d’Anode et de Cathode


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Les oeuvres de fiction de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog :  

Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.

La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   —   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.   —   Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.

L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle  –  Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis

La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


Sur Le Cassé de Jacques Renaud, des extraits de critiques

Jadis, la liberté d’expression régnait dans ma ruelle, ou La ruelle invisible

Le Cassé de Jacques Renaud : le vrai, le faussé, le faux  (A-t-on voulu détruire la carrière de l’auteur ?)

Sorel : En 2012, on y censure Dieu et Edith Piaf. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud…

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )    –  Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.   –   Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble. Poème. « Toujours, tu rencontreras Rimbaud dans les rues vermillonnes et safranées de Marrakech … »


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages. Plus de 500 espèces de plantes en danger au Québec.

Terrorisme domestique et destruction de potagers par les municipalités : Aux profits de quel lobby ?

Invasions de domiciles : Tout se passe comme si on voulait abolir la légitime défense.


 

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Tribute to the White Wolf

From White Wolf Sanctuary Web Site.

From White Wolf Sanctuary Web Site.


Version originale : Hommage au Loup Blanc.


Each moment
is a white wolf
shedding tears of blood
in an unfathomable abyss of tenderness.

Red seas,
Undiscovered,
At the bottom of the immeasurable ravine.

Look.
Don’t think.
Look at the white wolf.

Each moment
is the white wolf
and his terrifying tenderness
calm and hosting the magnificent mother of heavens.


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Shiva’s Gift to a Wolf  —  All café-terrasses are vistas on infinity. Let’s have coffee together

Le Vaisseau d’Or. A new English translation of Nelligan’s masterpiece  (et l’original en français).   —   Winter Evening by Émile Nelligan. A new English translation of Soir d’Hiver. (Comme la neige a neigé!). English translation et poème original Soir d’Hiver en français.

The Damned Canuck. New English translation of Gaston Miron’s poem. With original French version.

Srî Aurobindo, la prison d’Alipore, et son poème « Invitation » : nouvelle traduction française. With original in English.

From Beginning to End or The Ignorance Upanishad


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –  Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )  –  Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes, deux trois limericks.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarre, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

La Fable de Crassus le Gigueur, ou comment ouvrir la terre sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est autre.

Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages. Plus de 500 espèces de plantes en danger au Québec.     –    Terrorisme domestique et destruction de potagers par les municipalités : Aux profits de quel lobby ?


 

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The Damned Canuck : a poem by Gaston Miron, English and French.

Gaston Miron, 1975.

Gaston Miron, 1975.

The way the images appear or burst in this poem: there’s something “rustic”, chaotic, unrefined about it; there is spontaneity, a strenght, an absence of pretention. There is emotion, sensitivity. It’s been written by a wounded bear.

The poem conveys a clear, universal, human class-conscious message. It’s a short and straightforward portrait of the underdog.

You feel the  resentment, the grief, the revolt, the denunciation. The poem means it.

Style and content are closely knitted.

It is a poem by Gaston Miron.

The original French title is “Le Damned Canuck”. I kept the English wording of the title for the translation’s: “The Damned Canuck”.

I stumbled across the French original some time ago on a blog and I apologize: I can’t find back where. For the moment. It was probably a wordpress blog.

The original poem in French appears at the bottom of this post.

The poem is certainly protected against any commercial use without permission from the copyright owners. I publish it here under fair use (for those interested, one can read the fair use notice at the bottom of this blog, on the right).

I enjoyed doing this translation :

Gaston Miron

The Damned Canuck

We are numerous, silent, rough, jagged and planed down
under the fog of raw sorrows
going to trouble to dive at the stump of woes,
a manger fire in the guts
and the head, good lord,
the head a little at loss at regaining both our hands,
we, by freeze and extreme lassitude caught

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Une araignée d’étoiles. Stars, and a spider

Qui tient ma main
et guide mes doigts
le long des traits fins des astres
comme une araignée
saisie par la magie d’un mouvement tranquille
doucement glisse sur les horizons d’un visage qui dort?

Au sommet de mon crâne
vit une tribu d’étoiles.


Who’s holding my hand
and guiding my fingers
along the delicate features of the stars
like a spider
caught by the magic of a tranquil motion
softly glides over the horizons of a sleeping face?

At the top of my head
lives a tribe of stars.


 

(  Crâne=skull.  Head=tête.  French word “crâne” doesn’t evoke same images and feelings as “skull” does in English.  For me. )

 


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