Le Cassé de Jacques Renaud, des extraits de critiques. Et la version originale du Cassé.

Tableau de Kwame Monroe, artiste américain décédé en 1984. On surnommait l’artiste “Bear” (Ours). Le tableau s’intitule “Poverty” (Pauvreté). Il aurait pu s’intituler “L’Oeil”. C’est un tableau visuel et sonore, riche d’impact.  Don de Carroll Janis et Conrad Janis au Brooklyn Museum. © Brooklyn Museum.

Jacques Renaud, quelques mois après la publication de Le Cassé en 1964. Fragment d’une photo du cinéaste Jean Beaudin.

Le Cassé de Jacques Renaud, version originale et intégrale du roman (cliquer). Cette version, l’originale, est la seule autorisée par l’auteur.

Voici ce que certains ont dit sur Le Cassé au fil des années. Manquent souvent les dates, surtout. Ça s’échelonne au fil du temps à partir de 1964.

« Relire Le Cassé et les autre nouvelles de Jacques Renaud … c’est redécouvrir … le lyrisme même de la révolte, l’incantation née du désespoir, le rythme de ces phrases hachées … d’une poésie visuelle et concrète. “Et que la postérité m’éternue”, disait Renaud en guise de préface. À cause de lui et malgré lui, la postérité ne pourra oublier ce livre vengeur qui, avec Bonheur d’Occasion de Gabrielle Roy et L’Hiver de Force de Réjean Ducharme, forme une trilogie “dépareillée”. » Lise Gauvin, professeur émérite, Littératures de langue française, Université de Montréal; Le Devoir, 18 mars 1978.

« Le mal du monde mis en procès de la plus hallucinante façon. » Gilles Marcotte, écrivain et critique, La Presse, 1964.

Le Cassé de Jacques Renaud, novella – avec les nouvelles. La version originale  —  And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)   —  Jacques Renaud – ouvrages de fiction en ligne, des notes biographiques  —

« Un des premiers textes de la modernité littéraire québécoise… » Réginald Martel, La Presse, 1983.

« Plus dur, plus noir que les pièces de Michel Tremblay .. » [qu’il précède de quatre ans]. Laurent Mailhot, historien.

« On ne peut qu’avoir pitié et se dire que cela est impossible. Et pourtant, les accents de M. Jacques Renaud sont trop vrais. Tout cela hurle qu’il en est ainsi. Il n’existe aucun document sociologique sur la condition du paria canadien-français qui arrive à la cheville du roman de M. Jacques Renaud. Le Cassé est plus qu’un cri: c’est un rugissement. » Jean Éthier-Blais, Le Devoir, 1964.

« Le Cassé fait aussi partie, à juste titre, des classiques de la littérature québécoise. Pour la première fois, avec tant de vigueur et de sincérité, un écrivain québécois s’attachait à donner, à la langue populaire et aux réalités qu’elle véhicule, leur expression littéraire… » Réginald Martel, La Presse, 1983.

« Les nouvelles de Renaud est un livre à l’extrême limite… le lecteur est pris jusqu’à la fin. » Laurent Girouard, écrivain, auteur de La Ville inhumaine.

« Récit percutant. Livre-choc. » Lise gauvin, Le Devoir.

« Bouleversant récit. » Michel Cloutier, Le Nouvelliste.

« Monsieur Jacques Renaud atteint le niveau de force brute qui fait tressaillir toutes les pages du Cassé. » Jean Éthier-Blais, auteur, critique, professeur de littérature (entre autres, université McGill).

« Un mélange curieux de Dickens et de Céline… Ces pages-là vous émeuvent en vous irritant. Elles vous brutalisent comme des directs à la mâchoire et au bas-ventre. » Clément Lockwell, historien; Le Soleil, 26 décembre 1964.

« La nuit est son royaume; dès que la ville s’éteint, que ses habitants fuient dans le noir, le dépossédé revit, ressuscite; la ville lui appartient. » André Major, écrivain, poète et critique.

« Le Cassé demeure la plus grande réussite romanesque écrite en joual. » Pierre-Louis Vaillancourt, Simon Fraser University, années 1980s.

« Une force, une vérité. » Monique Bosco, magazine MacLean.

« Le livre le plus important de la littérature “joual”… précurseur des poèmes de Paul Chamberland, … Pleure pas Germaine de Claude Jasmin, … Michel Tremblay au théâtre, Yvon Deschamps dans ses monologues, Robert Charlebois dans la chanson… » Micheline Lachance, directrice du magazine L’Actualité, dans Québec Presse, 5 décembre 1971.

« C’est le premier roman canadien-français qui sonde avec vérité et art la sous-culture des bas-fonds de Montréal… » Ben Z. Shek, Université de Toronto.

« Jacques Renaud était le plus audacieux de tous… » Gérald Godin, préface à Broke City – l’une des traductions anglaises de Le Cassé, celle-ci par David Homel.

« Les détracteurs de ce langage s’inclineront, eux aussi, devant la force du texte et le talent de l’auteur… » Pierre-Louis Vaillancourt, Simon Fraser University.

« Ses dons littéraires sont, de toute évidence, considérables. » Gilles Marcotte, écrivain et critique, La Presse, 1964.

« Un classique de la littérature québécoise. » Réginald Martel, La Presse.

« Style direct, nerveux, chargé de vie. » Gilles Marcotte, écrivain et critique, La Presse, 1964.

« Ces pages-là vous émeuvent en vous irritant. Elles vous brutalisent comme des “directs” à la mâchoire et au bas-ventre. » Clément Lockwell, historien, 1964.

« Cette ambiance de violence habituelle à Montréal, bien observée par Renaud … » Ben Z. Shek, Université de Toronto.

« Le roman joualisant le plus “pur”. » Ben Z. Shek, Université de Toronto.

« Des tripes qui ont faim, faim de pain, faim d’amour, faim de liberté. » Léandre Bergeron, historien.

Etc.

Le Cassé de Jacques Renaud, novella – avec les nouvelles. La version originale  —  And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)   —  Jacques Renaud – ouvrages de fiction en ligne, des notes biographiques  —


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38 Responses to Le Cassé de Jacques Renaud, des extraits de critiques. Et la version originale du Cassé.

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  31. David-Ndawa says:

    Bonjour Loup.
    Je viens seulement de découvrir ta réponse. J’avais oublié que le le système ne prévenait pas quand une réponse était postée. Ou alors j’ai oublié de cocher… Je ne sais plus.
    Un tout grand merci pour ta réponse.

    Voici l’étymologie possible :
    Waignier = gainier
    Le nom ” waignier ” viendrait du picard ” wainier “, qui en français signifie ” gainier ” (1). Un gainier est un fabricant d’étui, de fourreau, de gaine.
    Le mot ” gaine ” vient du latin : un objet de ce type se disait ” uagina “. Avec une majuscule ” Vagina “. Cela se prononçait ” Ouaguina “.

    Le mot ” waingnier ”
    – waingner = meunier
    Le sens du verbe ” waingner ” serait ” moudre ” et le ” waingnier ” serait le meunier.
    -waingnier = gagner
    Le verbe ” waingner ” se retrouve dans de nombreux écrits, et pas uniquement dans la région de Valenciennes mais en France et en Belgique. D’après ces textes, il faudrait plutôt comprendre ” waingner ” par ” gagner “. Le ” waingne ” signifie le gain.

    – waingnier = travailler, faire fructifier
    Le verbe ” waingner ” a visiblement aussi une autre signification, que l’on retrouve d’ailleurs majoritairement : elle se retrouve dans de nombreux écrits, et pas uniquement dans la région de Valenciennes mais en France et en Belgique.
    D’après ces textes, il faudrait plutôt comprendre ” waingner ” par ” travailler ” ou ” fonctionner “, ” faire fructifier “. Le ” waingne ” signifie le gain.

    Voili voilou !

    Bonne continuation !

    David-Ndawa

    • Salut, Ndawa.
      Riche matière. J’en reviens pas :) Maintenant, je découvre une dimension cachée de c’qui s’est écrit.
      Waingne … L’inverse de « Cassé ».
      Ta réponse me rappelle aussi, incidemment, que du côté de ma mère, il y avait (a) beaucoup de « Meunier ».
      Je vais relire.
      Marci beaucoup.

  32. Bonjour Loup.

    Je suis revenu par hasard sur cette page et j’y ai vu ta réponse. Je pensais que le blog m’enverrait un mail quand il y aurait eu une réaction.. C’est pour cela que je n’ai plus répondu ! Mais me revoilà !

    J’ai été voir ta page… Au scribe donc de peut-être me répondre :-)

    Ma question est toute simple : je fais des recherches généalogiques et recherche l’origine de mon nom de famille, qui n’est pas des plus communs : waiengnier.

    Waiengnier vient de waingnier, un ancien verbe complètement inusité depuis 1850…

    Dans “le cassé”, pages 91, 94 et 101, tu utilises le mot “waingne”. J’aurais simplement voulu en connaître la signification et l’origine.

    Bien à toi,

    David – Ndawa

    • Effectivement … J’aurais jamais pensé à ça.

      « Waingne », c’est une affirmation en joual. Je pense que c’est un dérivé de « oui » , puis de « ouais », avec ajout d’un son nasal à la fin, une sorte de « aïng », une sorte de son voyelle où le « g » est léger, mais d’une légèreté variable: ça peut être « waïy » ou « waíll » ou plus prononcé comme « waïgnn » ou « waingne » comme on le trouve dans Le Cassé. Ça veut dire «ouais», plus que «oui», c’est parfois une sorte de mix de constat, de doute, d’interrogation méditative. Parfois, c’est surtout le doute que ça exprime. Ou la méfiance. Parfois c’est pure interrogation méditative, ou self-interrogative.

      Mais tu as raison: les deux graphies, celle de ton nom de famille et celle de l’expression que tu relèves dans Le Cassé sont très frappantes.

      Par ailleurs, je te signale qu’on trouve dans certaines régions du Québec le son « ch » allemand doux, douicement «chifflant» ( comme dans «Ich», ein «bischen», etc.). Exactement le même son. On le retrouve, dans ces régions, dans pratiquement tous les mots contenant «ch», comme «chute» , «achigan», ou «chus» («je suis», en langue populaire: «Chus arrivé tard», «chus content», «chus pas là», etc. – en fait, c’est comme une sorte de «Ich» mais inversé en «ch», le «us», je présume, tenant lieu de verbe «être» à la première personne du singulier).

      «Waiengnier» : On pense à «Wagner», ou «Vanier», ou «vinier», «vin», «vigne», ou même, en étendant, à «vigneron» … Ça pourrait peut-être avoir quelque à voir avec «Agnier» («…engnier»)

      Tiens-moi au courant. Si t’as d’autres précisions à demander, pas de gêne. Loup.

  33. David Waiengnier says:

    Bonjour.

    Je souhaiterais entrer en contact avec Mr Jacques Renaud, au sujet de ce roman “Le cassé”, pour une question de linguistique concernant une expression citée dans son livre.

    Je suis tombé sur cette page grâce à une recherche google.

    Si j’en crois le copyright de la page, vous êtes en contact avec Mr Renaud.

    Pourriez-vous lui transmettre mon message et lui demander de me contacter ?

    Un tout grand merci et belle journée à vous,

    David W

  34. On va aller voir ça…
    Bon Midi, Olivia :)

  35. Bonjour Loup,

    le tableau de Kwame Monroe me plait. Ca me rappèle les tableaux de mon amie américaine, Lydia McIntyre, qui peint aussi des yeux. Je devrais montrer une de ses toiles sur mon blog prochainement.

    Passe un bon lundi de Pentecote,
    Olivia

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