Le danger d’être canadien, le danger d’être québécois – 4

Partie précédente : Le danger d’être canadien, le danger d’être québécois – 3

La Colline du Parlement canadien à Ottawa (Ontario). Vue à partir du côté québécois de la rivière des Outaouais (Ottawa River). Cette photo montre l’arrière du Parlement. Le contenant est superbe, non? Une sorte de bijou gothique dans un écrin de verdure. C’est ce qui circule à l’intérieur qui est inquiétant – voire sinistre.

Comme on l’a vu, si on peut soustraire à la vie un enfant à naître, on peut très bien soustraire à la vie un adulte à mourir : «Il va mourir un jour, non?»

La cabale totalitaire adore les affirmations de ce genre. Elle contribue certainement à les induire. Elle y fait ajouter des p’tits segments au fil du temps.

Trop de gens ne réfléchissent pas beaucoup, et trop ne réfléchissent pas du tout et gobent tout, dopés par les masse-médias. La cabale totalitaire fournit des catch-phrases, elles peuvent être de toutes sortes: «De toutes façons, il, elle va mourir un jour, non?» Dans le studio du talk-show, l’affiche «Applaudissez» s’allume et les moutons obéissent, ravis, et font clap-clap très fort avec leurs mains. Ce genre de phrases s’applique évidemment à tous: oui, nous allons tous mourir un jour. Alors, ajout d’un p’tit segment: «Pourquoi pas plus tôt?» Applaudissez. Clap-clap! Ajout d’un p’tit segment: «Pourquoi pas tout de suiteApplaudissez. Clap-clap! Et puis, ajout d’un autre p’tit segment, on l’entend parfois: «Pourquoi pas moi?» Oui, pour être gentil. «Ils disent que ça pourrait rendre service à tout le monde…. Pourquoi pas moi tout de suite?… Ça ferait économiser d’l’argint.» C’est généreux. Applaudissez. Clap-clap!

«Oui, c’est une bonne idée», répond la cabale en écho à travers la voix de ses organes informels de transmission, masse-médiatiques ou pas, on va t’aider, on va vraiment t’aider

Quoiqu’on puisse en penser, c’est un fait indiscutable que la banalisation de l’avortement a ouvert la porte à une banalisation plus poussée de la mise à mort arbitraire sur la base de l’âge, sur une base d’âge qu’il suffit simplement de légaliser, et cette base d’âge peut être n’importe quel âgeApplaudissez. Clap-clap!

*

Dans ce contexte social et psychologique, le pouvoir dérogatoire de la Charte canadienne (l’article 33) – qui témoigne toujours d’une influence active à caractère totalitaire en haut lieu – et le fait qu’on ait donné à ce pouvoir la puissance inamovible d’un pouvoir constitutionnel, prend un sens inquiétant.

Je fournis, quelques lignes plus bas, un exemple de scénario dérogatoire extrême que la constitution canadienne actuelle permet de réaliser. On peut en formuler d’autres, il suffit de lire attentivement l’article 33 de la fausse «charte des droits» canadienne de 1982 (documents de référence), ou encore l’article 52 de la fausse «charte des droits» québécoise de 1975 (documents de référence), et d’en tirer les conclusions logiques. Un enfant de douze ans peut comprendre ces textes et en exposer toute la portée. Il suffit de lire l’article 33 (charte canadienne), ou l’article 52 (charte québécoise), et de suivre les petits numéros qu’on y trouve. C’est comme la peinture à numéros. C’est comme les dessins à numéros. C’est très simple. Limpide. Des petits numéros. Des numéros de prestidigitation. Une prestidigitation sinistre.

Le pouvoir dérogatoire de la constitution canadienne de 1982 (article 33 de la «charte des droits»), permet à un gouvernement de promulguer des lois:

a) obligeant certains citoyens à travailler sans rémunération (suspension du droit à la liberté de la personne et rétablissement du servage);

b) dans des conditions inhumaines (suspension du droit à la sécurité de la personne);

c) des lois interdisant à ces personnes d’en parler (suspension de la liberté d’expression),

d) et interdisant aux médias d’en parler (suspension de la liberté d’expression dans les médias de communication),

e) des lois permettant de soumettre ces gens à des traitements inhumains d’une nature ou d’une autre (suspension du droit à la protection contre les traitements cruels),

f) sans aucun recours possible (suspension des garanties juridiques),

g) jusqu’à ce que mort s’ensuive (suspension du droit à la vie).

La constitution canadienne, la plus haute autorité légale, la base même de la légitimité de ce pays, le texte fondamental qui constitue notre vie collective (une constitution, ça constitue, et ça le fait beaucoup plus qu’on pense, et à des niveaux dont on a pas toujours conscience) autorise théoriquement ces aberrations en vertu du pouvoir dérogatoire. « C’est le corps de l’État, dit Vaslav, … c’est la forme de nos vies. » – Clive Barker, Livre de Sang – Dans les collines, les Cités.

Lisez attentivement la constitution canadienne, surtout l’article 33, suivez sa logique, elle est simple à suivre, vous allez voir. Je n’invente rien.

En fait, à cause du pouvoir dérogatoire, ce n’est plus le texte constitutionnel d’un État de droit que nous lisons quand nous lisons la Constitution canadienne et sa Charte «des droits et libertés», c’est un Traité de la Barbarie Potentielle, ou un Traité de la Cruauté sans Limites, ou une Charte de l’élimination des droits et libertés – et on pourrait trouver bien d’autres titres qui conviendraient à cette Constitution et à la fausse «Chartes des Droits et Libertés» qui y fut enchassée en 1982. Mais un titre comme «Chartes des droits et libertés», c’est certainement de la fausse représentation: cette soit-disant «Charte des droits et libertés» est, de toute évidence, une fraude tragique.

*

Depuis bientôt trente ans, depuis 1982, cette constitution fait signe, discrètement, comme un aimant, à la limaille des maniaques potentiels et des nains éthiques susceptibles d’être tentés par un tel pouvoir. Ils ne manquent pas.

Depuis bientôt trente ans, la Constitution canadienne et sa fausse Charte des droits et libertés nous indiquent aussi, de manière éloquente, incontournable, que les coulisses du pouvoir politique canadien – y compris au niveau des provinces et des territoires – recèlent des intentions sordides, innommables, sinistres, infectes. Présentement, d’un point de vue pratique, c’est ce qu’il faut retenir par dessus tout: cette présence indiscutable, active et efficace d’une puissante cabale aux visées brutales, dominatrices, inhumaines, totalitaires.

Ce n’est peut-être pas maintenant [Note: L’essentiel de tous les textes sur le pouvoir dérogatoire canadien publiés sur ce blog ont été conçus et écrits vers la fin de la décennie 1980 et publiés sous le nom de Jacques Renaud en 1992-1993 dans La Constellation du Bouc Émissaire] que les scénarios sinistres autorisés par la Constitution canadienne se produiront. Mais ces scénarios pourraient se réaliser graduellement, même sans un recours explicite et majeur au pouvoir dérogatoire puisque l’intention est bel et bien présente, démontrée, jamais dénoncée, et donc active.

Des scénarios pourraient aussi se réaliser soudainement: peut-on vraiment jurer de rien pour demain ou après-demain? Peut-on jamais jurer de l’avenir? Rien qu’une fraction du scénario décrit juste un peu plus haut constituerait une catastrophe.

Le simple fait que des hommes et des femmes de pouvoir aient voulu et surtout aient réussi à introduire dans la Constitution d’un pays un pouvoir incontournable qui permet légalement de telles choses est en soi un fait profondément significatif et inquiétant.

Tout aussi inquiétant est le fait que ces possibilités existent depuis près de trente ans dans la charte canadienne (en fait, l’article 2 de la Déclaration canadienne des droits, The Canadian Bill of Rights de 1960 affirmait déjà ce pouvoir dérogatoire) et qu’aucun mouvement sérieux n’a jamais vu le jour pour exiger l’abolition du pouvoir dérogatoire absolu de la Charte. On pense aux paroles du Grand Inquisiteur dans Les Frères Karamazov II, V,  V, de Fedor Dostoievsky : «Sache que jamais les hommes ne se sont crus aussi libres qu’à présent, et pourtant, leur liberté, ils l’ont humblement déposée à nos pieds.»

*

Ce n’est pas demain qu’une conférence des premiers ministres nous débarrassera du pouvoir dérogatoire: la plupart des leaders politiques canadiens et québécois y tiennent.

Un Québec souverain n’abolirait certainement pas ce pouvoir puisqu’il est déjà présent à l’article 52 de la soi-disant Charte des droits et libertés de la personne du Québec de 1975 et que je n’ai jamais entendu, malheureusement, un leader souverainiste québécois dénoncer ce pouvoir introduit dans la Charte québécoise par les nationalistes fédéralistes du Parti Libéral du Québec (Sous Robert Bourassa). L’article 52 de la Charte québécoise contient exactement le même principe que le pouvoir dérogatoire de l’article 33 de la Charte canadienne de 1982, un copycat de l’article 2 de la Loi d’Habilitation nazie du 23 mars 1933. Soulignons que la Charte des droits québécoise – incluant le pouvoir dérogatoire de l’article 52 – a été adoptée en 1975 par la législature québécoise, sept ans avant (pas après) la proclamation de la Constitution de canadienne de 1982.

Ce principe totalitaire de la clause dérogatoire a été systématiquement intro­duit au Canada au fil des décennies, d’abord dans la Déclaration cana­dienne des droits (Canadian Bill of Rights), 1960, article 2; puis dans le Alberta Bill of Rights, 1972, article 2; dans la Charte des droits et li­bertés de la personne du Québec, 1975, article 52; dans le Saskatchewan Human Rights Code, article 44; dans la Charte des droits et libertés du Canada, 1982, article 33; dans le Ontario Human Rights Code, article 47, alinéa 2; dans le Human Rights Code du Manitoba, dans le Human Rights Act du Yukon…

La légitimité du principe de la violation des libertés et des droits est ancrée – ou passivement admise chez les sous-fifres – dans les milieux politiques. De manière générale, les populations québécoise et canadienne ignorent jusqu’à l’existence même de ce pouvoir – ou ne se rendent pas compte de l’ampleur totalitaire et cruelle de ce pouvoir quand il est fugitivement mentionné dans les masse-médias.

*

«L’insertion d’une clause dérogatoire dans un texte constitutionnel semble être particulière au Canada et n’a apparemment d’équivalent dans aucun instrument international visant à protéger les droits de la personne ni dans aucune déclaration sur les droits de la personne faite par une démocratie occidentale.» – La clause dérogatoire de la Charte; rédaction : David Johansen, Philip Rosen; Division du droit et du gouvernement [canadien], Février 1989, révisé en septembre 1997.

En 1984, à Winnipeg, l’Association du Barreau canadien (environ 35,000 membres vers la fin des années 1980s) adoptait une résolution en assemblée générale annuelle recommandant que soit tenue une conférence constitutionnelle pour abolir la clause du pouvoir dérogatoire canadien (l’article 33), la clause ne pouvant être abolie qu’à l’unanimité des dix provinces canadiennes. En 1982, le criminaliste canadien Edward Greenspan déclarait à propos de cette clause:

«Nous avons fait un pas en avant en adoptant la Charte des droits et libertés mais deux pas en arrière en y incluant une clause dérogatoire… La raison d’être d’une charte [c’est de garantir] que nul ne peut y passer outre, qu’elle protège des droits inaliénables. Quand on croit à la liberté, quand on croit au respect des droits, les droits ne sont pas aliénables.» – We feel betrayed on Charter: Greenspan, National, C.B.A., février 1982, p. 26.

Un ancien président de l’Association du Barreau canadien, Robert McKercher, devait déclarer en 1984 que la clause du pouvoir dérogatoire étripait (gutted) la Charte des droits et libertés et, faisant sans doute, en partie, allusion à la Magna Carta, ce document marquant de l’histoire de la démocratie et des droits promulgué en 1215 en Angleterre, déclarait que l’inclusion du pouvoir dérogatoire dans la Constitution canadienne «nous faisait reculer de 700 ans dans notre histoire légale». – Rights set back 700 years, lawyer says, Globe and Mail, 30 août 1984. En 1984, la Magna Carta, la «Grande Charte», avait 769 ans; elle a 796 ans en 2011. Bientôt 800 ans.

Le constitutionnaliste canadien Morris Manning écrivait en 1983:

«Si notre liberté d’opinion ou de religion peuvent être supprimées par l’effet d’une loi qui s’applique indépendamment de la Charte, si notre droit à la vie ou notre liberté peuvent être supprimés sans égard aux principes de justice fondamentale, quelle liberté nous reste-t-il?»  –  Rights, Freedoms and the Court: A Practical Analysis of the Constitution Act, 1982, par Morris Manning, Toronto, 1983, p. 55.

Feu Eugene Forsey, l’un des constitutionnalistes canadiens les plus réputés, et ex-sénateur, a dénoncé aussi le pouvoir dérogatoire en 1989:

«La clause dérogatoire est un poignard planté en plein coeur de nos libertés fondamentales et il faut l’abolir. » La clause dérogatoire permet aux politiciens, écrivait encore Forsey, « de faire ce que bon leur semble pour limiter ou nier les droits et libertés. La Charte n’aurait pas protégé les Canadiens d’origine japonaise qui ont été internés de force pendant la seconde guerre mondiale. Elle ne protégerait pas non plus aujourd’hui celui qui défendrait une cause impopulaire.» – La clause dérogatoire de la Charte, David Johansen et Philip Rosen, Bibliothèque du Parlement, Ottawa, février-novembre 1989, p. 19.

En 1985, Herbert Marx, porte-parole en matière de Justice dans l’opposition officielle libérale à la législature québécoise, déclarait, en évoquant les suspensions des libertés par le gouvernement fédéral lors de la crise d’octobre 1970 au Québec, que «le danger que représente la clause dérogatoire ressortira au moment où nous aurons le plus besoin de protection – et nous n’en aurons pas».  –  An Interview with Herbert Marx, Martin Hershorn, Viewpoints, vol. 13, no 8, hiver 1985, p. 1; cité dans La clause dérogatoire de la Charte, David Johansen, Philip Rosen, Bibliothèque du Parlement, Ottawa, février-novembre 1989, p. 18.

Les représentants du Barreau canadien demandaient encore, en 1989, l’abolition de la clause dans le quotidien montréalais La Presse; des représentants du Barreau du Québec dénoncèrent dans le même journal la déclaration du Barreau canadien et se portèrent à la défense de la clause du pouvoir dérogatoire. Les représentants du Barreau du Québec exprimaient un attachement inquiétant au pouvoir dérogatoire, un attachement qu’a toujours partagé, d’ailleurs, l’ancien ministre de la Justice du Canada, Jean Chrétien, qui devait devenir chef du Parti libéral fédéral en 1990. «Je suis le seul (sic: [classique et bouffonnesque egotrip de Chrétien]) au Canada… à défendre la clause nonobstant qui est si chère aux Québécois», déclarait-il en mai 1990 à la télévision de Radio-Canada à Montréal dans une entrevue destinée à un auditoire francophone. (Citation traduite d’un reportage paru dans le quotidien ontarien de langue anglaise Toronto Star, 30 mai 1990, rapportant une entrevue donnée en mai 1990 sur le réseau français de Radio-Canada.)

Chrétien n’était pas le seul à défendre le pouvoir dérogatoire mais il était vraisemblablement l’un des plus serviles larbins de la cabale totalitaire et tentait simplement de faire la cour à un courant très fort au sein de l’establishment nationaliste québécois attaché au même pouvoir de dérogation. Cheap. Il est d’ailleurs frappant de noter qu’un courant nationaliste majoritaire au Québec manifeste autant d’attachement au pouvoir dérogatoire absolu, autant que peuvent en manifester des nationalistes canadiens comme Jean Chrétien.

Même si les nationalistes québécois sont devenus au cours des dernières années des adversaires du fédéralisme canadien et que les fédéralistes canadiens, surtout les héritiers de la pensée de Pierre Elliot Trudeau, sont toujours des adversaires de la souveraineté du Québec, les establishments des deux tendances valorisent le même pouvoir dérogatoire absolu et totalitaire. Un Québec indépendant ne serait pas forcément un Québec libre, à moins de s’ouvrir les yeux tout de suite et d’y voir avant.

À un certain niveau de la “spirale” ou de la “pyramide” des pouvoirs, il semble n’exister qu’un seul et unique «establishment» au sein duquel les factions qui peuvent s’affronter tiennent cependant toutes aux mêmes pouvoirs abusifs et arbitraires. Les pouvoirs canadien et québécois, d’une part – quelle que soit leur façade idéologique – et les libertés et les droits fondamentaux de tous, d’autre part, seraient-ils aussi fondamentalement incompatibles?

*

Plus on se penche sur ces chartes des droits et libertés, plus il est évident que ceux et celles qui les ont conçues et promulguées n’avaient pas d’abord le souci de préciser et de garantir ces droits afin de les protéger, comme on pourrait le croire, mais étaient animés par l’intention inverse: celle de préciser mieux ces libertés et ces droits selon des listes claires (ces libertés et ces droits ne l’avaient jamais été formellement dans la Constitution canadienne proprement dite avant 1982) afin de pouvoir plus efficacement les identifier, les cibler clairement, et ainsi mieux commodément les suspendre – tout en faisant croire à leur garantie.

Le fait est là: les «chartes» et «codes» des droits et libertés canadiens constituent d’invraisemblables instruments d’abus.

*

Le Canada n’a jamais connu de révolution démocratique. Le Canada s’est fondé par défaut sur le refus de la Révolution américaine et sur l’attachement à sa dépendance coloniale à l’endroit de la Grande-Bretagne. Le Canada est un restant de mentalité coloniale et monarchique qui n’existe, en grande partie, que pour avoir dit non à cette révolution américaine de 1776.

La population canadienne dans son ensemble, incluant celle du Québec et celle, aujourd’hui, des réserves indiennes, n’a jamais choisi, désiré, conquis cette chose exaltante qu’on appelle la liberté: les populations en ont hérité par accident simplement parce que l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique qui fondait la Confédération canadienne en 1867, en plus de vouloir «favoriser les intérêts de l’Empire britannique» comme le voulait le préambule (qui n’a jamais été changé) stipulait que cette Constitution devait «reposer sur les mêmes principes que celle du Royaume-Uni».

En fait, les seules sociétés, sur le territoire du Canada, qui aient vraiment été des sociétés libres, démocratiques, sans État, sont les sociétés amérindiennes à l’époque de l’arrivée des Européens (je parle essentiellement des sociétés amérindiennes au nord du Rio Grande jusqu’au Grand Nord, de l’Atlantique aux Rocheuses – et vraisemblablement jusqu’au Pacifique; si je le fais ainsi, c’est que je connais mal, ou pas, les sociétés amérindiennes “au sud du Rio Grande”, je ne le fais pas par volonté d’exclusion).

Les Européens, eux, absolument incapables de vivre hors d’un système de contrôle étatique, ne connaissaient ni la liberté, ni la démocratie. À mon avis, ça n’a pas fondamentalement changé. Rien n’a été consciemment choisi par les populations canadiennes. Tout a été subi. Les Canadiens ont joui de libertés et de droits – ou de leurs apparences, surtout durant la guerre froide pour des raisons de propagande domestique par les faits – sans jamais avoir à en éprouver le prix, sans avoir eu à en éprouver l’importance et la valeur.

*

La dénonciation du danger d’un «gouvernement par les juges», que les promoteurs et les défenseurs du pouvoir dérogatoire invoquent souvent pour justifier ce pouvoir démesuré, ressemble beaucoup à une inversion de la réalité; les politiciens, munis du pouvoir dérogatoire, peuvent, eux, se transformer en juges arbitraires. Avec ce pouvoir dérogatoire, les politiciens nous ont volé les libertés, les garanties juridiques, l’égalité de droits, en établissant sur eux une souveraineté totale, absolue, exclusive – une souveraineté qui exclut la nôtre. Depuis l’insertion de ce pouvoir dans la Constitution canadienne, les politiciens peuvent se placer au-dessus de la loi, abolir les tribunaux, juger sans loi – ou en se basant sur des lois iniques.

Le rôle international prestigieux, le rôle d’État de droit modèle que le Canada joue (quoique de moins en moins) dans le monde est une comédie jouée par un État bigot.

Au fond d’elle-même, la société canadienne est l’exact contraire de la surface gentille et téflon qu’elle cherche à projeter partout, ou qu’elle s’imagine être.

J’ai effleuré son ombre.

Première partie de cet article: Le danger d’être canadien, le danger d’être québécois – 1

© Copyright 1989, 1992, 2010 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki ), cliquer

Canada et pouvoir dérogatoire: un totalitarisme souterrain persistant.   –   Canada: Pouvoir dérogatoire canadien et pouvoir dérogatoire hitlérien sont identiques.   –   Milgram, la torture, l’abîme de l’obéissance. Les candidats sont légion.   –   Québec, la clause dérogatoire et le projet Labeaume-Maltais.   —   Documents de référence – La d’Habilitation nazie mars 1933, pouvoir dérogatoire québécois (1975), canadien de 1982. Essentiellement, les extraits pertinents de la Charte québécoise, de la Charte canadienne, et la Loi d’Habilitation allemande de mars 1933 au complet.   –   Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations-Unies.

Avons-nous jamais vécu en démocratie? Pétitionne, trace ton x, cause toujours.   –   Le Petit x du vote: Acte de liberté – ou Pacte de soumission?   –   Nos démocraties: Liberté ou Soumission volontaire?   –

La fable de la chambre à louer, du nerd entêté, et des quinze règlements aplatis.   –   La fable du beau p’tit Paul et du nerd entêté.   –   La fable de la mésange, de l’érudit, et du nerd entêté.

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu le l’dire – fable ou conte ou poème bizarre (non, absurde, absurde).   –   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer – nouvelle de Jacques Renaud.

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