Canada, Pierre Trudeau, la lecture à l’envers : les ravages de Pangloss et l’éveil de Candide.

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Source : cliquer.

C’est arrivé en roulant sur la 417 mais c’est pas une histoire d’accident d’automobile.

C’est pas une histoire d’accident d’automobile mais c’est une histoire vraie.

C’est une histoire de « perception inversée ». Mais de taille.

Une perception inversée est plus qu’une fausse perception (dite misperception en anglais, “méperception”, « méprise », etc.).

L’exemple classique de la fausse perception : sur un sentier de forêt, apercevoir un serpent, pour bientôt se rendre compte que ce n’est qu’une branche cassée.

Mais la perception inversée est très différente.

Un exemple hypothétique : quelqu’un qui croirait toujours, en 2013, et qui aurait toujours cru, que l’invasion américaine en Irak avait pour but de maintenir Saddam Hussein au pouvoir.

La perception inversée est souvent, et étrangement, persistante, beaucoup plus qu’une fausse perception simple comme celle de la branche d’arbre qu’on prend momentanément pour un serpent. Et la perception inversée persistante peut être le fait, non seulement d’une personne considérée comme tout-à-fait “normale”, mais peut même être le fait d’un expert dans le champ considéré.

Bref, voici l’histoire. C’est un souvenir personnel.


 

C’était un soir de septembre 1991, je voyageais en voiture entre Montréal et Ottawa sur la 417 en compagnie d’un militant du Parti Libéral du Canada (Plc). Ce militant était avocat, expert en droit. C’était un individu sympathique. Je l’appellerai René (un pseudonyme). Toute l’histoire est authentique.

Ce soir-là, j’avais prononcé une causerie à Montréal à l’invitation du sénateur canadien Jacques Hébert et du groupe des Amis de la revue Cité Libre. Une causerie à laquelle René, l’avocat, avait assisté.

J’avais annoncé le sujet précis de ma causerie au sénateur Hébert, un ami de toujours de Pierre Trudeau, après que Jacques Hébert m’eut dit que Pierre Trudeau serait présent, et c’était peu de temps avant la causerie elle-même : la causerie avait été annoncée, les invitations envoyées, mon nom y figurait, elle ne pouvait plus être contremandée ou annulée.

Et cette causerie avait essentiellement porté sur  le pouvoir dérogatoire de la constitution canadienne (« clause dérogatoire par déclaration expresse», décrite plus bas ), et mon intention – Hébert connaissait bien mon opinion là-dessus – était d’en décrire le potentiel sinistre.

Rappelons que c’est sous Trudeau que le pouvoir de la clause dérogatoire fut enchâssé, en 1982, dans la Charte des Droits et dans la Constitution canadienne.

Pierre Trudeau, ex-premier ministre du Canada, était donc présent. Son fils, Justin Trudeau, aussi, je crois me souvenir. Très discret.  Littéralement collé sur son père.  Gérard Pelletier, ex-ministre, était présent. L’épouse de Gérard Pelletier aussi, Alec.  Le journaliste et chroniqueur Marcel Adam était là.

Un petit détail qui m’a toujours fait sourire après coup : Jacques Hébert avait “oublié” d’installer un micro, vraisemblablement un “oubli tactique” pour permettre à Trudeau d’intervenir avec efficacité durant la causerie (Hébert connaissant maintenant le sujet précis de ma causerie). Mais à l’époque, ma voix portait bien. Pas problème. Jusqu’à ce que Pierre Trudeau réagisse.

Pierre Trudeau avait réagi violemment au bout d’une quinzaine de minutes, après avoir montré de plus en plus de signes d’agacement au fur et à mesure que j’exposais le potentiel inquiétant, sinistre, dont la clause dérogatoire était – est toujours – porteuse, au point où Trudeau s’était levé et avait lancé : «C’est morbide! ..».

Chaos dans la salle.

Évidemment, Trudeau faisait allusion à mon exposé (en tirant sur le messager), mais il avait raison par projection psychologique : la clause dérogatoire est littéralement morbide en ses conséquences, ce que la plupart des gens ignorent, et rien ne me faisait plus plaisir que d’entendre Pierre Trudeau le confirmer ainsi publiquement – même s’il sabotait ainsi le reste de la causerie -, lui qui avait inclus ce pouvoir dérogatoire dans la Constitution canadienne en 1982.

Le journaliste Marcel Adam, qui était présent, avait mentionné cet incident dans la chronique qu’il tenait régulièrement dans le quotidien montréalais La Presse, peu après la causerie, et avec beaucoup d’à-propos. Marcel Adam devait prendre sa retraite peu de temps après ..

La causerie était maintenant terminée.

Elle s’était terminée dans le chaos provoqué par l’intervention de Pierre Trudeau, un chaos et un brouhaha dont je me tenais à distance tranquille.

J’avais dit à Pierre Trudeau ce que je voulais lui dire depuis longtemps, devant ses admirateurs, et je l’avais fait grimper dans les rideaux.

Je retournais maintenant à Ottawa. René, un militant libéral, conduisait. Nous roulions dans la nuit sur la 417. Le militant libéral me ramenait à Ottawa, c’était prévu.

Conversation à bâton rompu, bonne humeur. On était tous deux en pleine forme.

On mentionna la clause dérogatoire, lui ou moi, plutôt lui que moi.

Mon compagnon me fit remarquer, répétant ce que Trudeau avait dit durant la causerie, que la clause dérogatoire ne permettait pas de suspendre tous les articles de la Constitution, ce que je savais pertinemment, et ce que j’avais évidemment mentionné dans la causerie en précisant que la Loi d’Habilitation nazie (Enabling Act) de mars 1933 ne permettait pas, non plus, de tout suspendre dans la Constitution de Weimar : lire ici  et ici   – mais qu’elle n’avait pas moins constitué la pierre angulaire du régime nazi et avait permis, entre autres, de suspendre les éléments de la charte des droits et devoirs allemande, soit le chapitre II de la Constitution de Weimar.

J’en fis la remarque à René.

Tout ça avait déjà été dit durant la causerie.

Mais René semblait, étrangement, comprendre le contraire.

Il répéta, en renchérissant sur le ton de celui qui est entièrement en accord avec vous, que les clauses les plus importantes de la Constitution canadienne ne pouvaient pas être touchées par la clause dérogatoire…  Dans le contexte de la conversation qui se déroulait, par l’expression “les clauses les plus importantes”, René voulait précisément dire les libertés et les droits fondamentaux, l’essentiel de la Charte des droits, ie : la protection contre la torture, par exemple, le droit à la vie, ou les libertés fondamentales, comme la liberté d’expression, etc.  Étrange.

Ce que disait René était l’inverse des faits, l’inverse de la réalité factuelle.

René percevait inversement, et ça semblait ancré.

Je lui répétai que non, c’était le contraire, les libertés et les droits fondamentaux pouvaient être suspendus arbitrairement par le pouvoir dérogatoire, indéfiniment, suspension renouvelable de cinq ans en cinq ans …

René resta un moment silencieux.

Puis reprit, en renchérissant et en disant «oui oui», que les libertés fondamentales étaient protégées, qu’elles étaient parmi les plus importantes, qu’elles étaient le fondement même du droit à la dissension, une des pierres angulaires des démocraties; par exemple, tout le principe de l’opposition prend racine dans ces libertés, comme la liberté d’expression, de pensée, d’association, la liberté de conscience, etc.

C’était sans doute l’une des conversations les plus étranges que j’aie jamais eue.

René poursuivait toujours, comme s’il était d’accord avec moi, ce qui n’était évidemment pas le cas – on était en plein échange absurde – et en renchérissant encore, en disant que les garanties juridiques les plus fondamentales héritées du droit coutumier britannique (common law) étaient ainsi à l’abri dans la Charte des Droits canadienne : le droit aux services d’un avocat, la présomption d’innocence, l’habéas corpus, le droit à un procès juste et équitable, la protection contre la torture, la protection contre les fouilles et les saisies abusives, le droit à la vie ..

La 417 vers Ottawa ; 1961.

La 417 vers Ottawa. Photo Ontario Ministry of Transportation, 1961.

Contrairement à ce qu’il disait, et contrairement à ce que j’avais évidemment dit durant la causerie, ces garanties fondamentales, énumérées par René, pouvaient (et peuvent toujours, encore, en 2013), être suspendues arbitrairement par le pouvoir dérogatoire (l’article 33 de la Charte canadienne de 1982).

Cependant, mon compagnon était avocat.

Je ne suis pas avocat.

Petit doute, donc, dans mon esprit.

Je me demandai un moment s’il se pouvait que, pendant des années, j‘aie mal lu le texte constitutionnel.

J’avais pourtant ratissé l’article 33 (la clause dérogatoire) avec soin, ligne après ligne. Souvent, évidemment.

Je fis remarquer encore à René que la clause dérogatoire, contrairement à ce qu’il croyait et disait, autorisait la suspension arbitraire des garanties juridiques fondamentales qu’il énumérait.

Cette fois ( pourquoi “cette fois”-là ?  — je ne sais pas :), René sembla commencer à saisir que l’on était pas d’accord, lui et moi, que l’on ne disait pas du tout la même chose.

Un silence.

Puis : « Tu veux dire que.. Mais c’est impossible.. Pas Trudeau .. Une telle suspension provoquerait une guerre civile en Grande-Bretagne.. »

– On est pas en Grande-Bretagne, dis-je.

– La clause dérogatoire protège nos libertés, dit René, nos droits.. Non? ..

La référence à la Grande-Bretagne en tant que modèle mythique du respect des droits fondamentaux et des libertés fondamentales faisait partie des clichés ridicules, irrationnels, mous-non-sens et bombants, propres à la mouvance libérale fédérale, souvent évoqués par cette mouvance, particulièrement au sein d’un certain nationalisme fédéraliste canadien provenant du Québec.

Je dis à René : « La Constitution canadienne permet de suspendre les garanties juridiques héritées du droit coutumier anglais … »

René rétorqua : « Tu veux dire que .. »

Il commençait à “accrocher”.

« Ç’a pas de sens!! », dit René. « Ça veut dire que nous étions mieux protégés avant la Charte qu’après?! …  Jamais un gouvernement canadien aurait osé permettre qu’on puisse suspendre ces garanties-là. Pas Trudeau. Tu t’es trompé, mon vieux, t’as mal lu, jamais le parti libéral fédéral aurait permis ça…  Voyons! … »

«Je suis sûr de pas m’être trompé», murmurai-je.

«Je vais relire le texte de la Constitution en rentrant chez moi», dit mon compagnon, poli.

«Je l’ai avec moi», lui dis-je.

«Lis-le moi», dit René en allumant la loupiote du plafond.

Son intérêt semblait soudain surgir. Un véritable intérêt.

Croyez-le ou non, tout ça est authentique.

J’ouvris ma serviette de cuir, j’en retirai le texte de la Constitution canadienne, je lus à haute voix la clause dérogatoire de la Charte de 1982, l’article 33.

J’insistai sur le passage qui dit «indépendamment»…

René écoutait attentivement tout en conduisant.

Puis il me demanda de lire l’article 2.

Puis l’article 7.

Puis 8. Jusqu’à 15.

En somme, tous les articles où sont inscrits les droits et les libertés que le pouvoir dérogatoire permet de suspendre arbitrairement, en tout temps, en n’importe quel temps, peu importe les circonstances.


[ Aparte :  Les deux nerds avaient le temps de faire le tour de la question en roulant vers Ottawa sur la 417 (et vous pouvez vous-mêmes consulter les documents pertinents en cliquant ici) :

Article 33, alinéa 1,  de la Charte des droits et libertés, 1982 (cette Charte est constitutionnelle) :  « Le Parlement ou la législature d’une province peut adopter une loi où il est expressément déclaré que celle-ci ou une de ses dispositions a effet indépendamment d’une disposition donnée de l’article 2 ou des articles 7 à 15 de la présente charte. »

Dans quel contexte le Parlement ou une législature peuvent-ils le faire? Il n’y a pas de contexte. C’est comme la différence entre une loi qui dirait, tenant compte du contexte, qu’il est permis d’abattre quelqu’un qui vous attaque pour vous tuer, comparée à une loi qui dirait, excluant tout contexte, qu’il est permis d’abattre quelqu’un. Punto, point, period. Si vous ne voyez pas la différence …

Donc.

Peuvent être ainsi arbitrairement suspendus, dans n’importe quelle loi fédérale ou provinciale canadienne (la liste qui suit n’est pas rigoureusement exhaustive) :

le droit à la protection contre tous traitements ou peines cruels et inusités (protection, entres autres, contre la torture) ;

le droit à la vie ;

le principe de l’égalité de droits, et le principe des droits à l’égalité (la suspension des droits à l’égalité permet entre autres de favoriser encore plus, aux dépens des autres, des groupes déjà favorisés, comme les très riches, par exemple);

la liberté de conscience, de religion, de pensée, de croyance, d’opinion, d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication; la liberté de réunion pacifique, la  liberté d’association;

le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne, le droit à la protection contre les fouilles, les perquisitions ou les saisies abusives, le droit à la protection contre la détention ou l’emprisonnement arbitraires, le droit d’être informé dans les plus brefs délais des motifs de son arrestation ou de sa détention; le droit d’avoir recours sans délai à l’assistance d’un avocat et d’être informé de ce droit; le droit de faire contrôler, par habeas corpus, la légalité de sa détention et d’obtenir, le cas échéant, sa libération; d’être informé sans délai anormal de l’infraction précise qu’on nous reproche;

le droit d’être jugé dans un délai raisonnable et de ne pas être contraint de témoigner contre soi-même;

le droit à la présomption d’innocence; le droit, compte tenu du contexte, à un cautionnement raisonnable ..

En fait, quiconque examine attentivement les possibilités monstrueuses que peut autoriser le pouvoir dérogatoire canadien se rend vite compte, en combinant les suspensions possibles, que le Canada peut, constitutionnellement, mettre sur pied des camps de rééducation, de travail forcé, de torture, bref, des camps de la mort.

Fin de l’aparte. ]


 

René écouta ma lecture tout du long, attentivement, me demandant de lire chaque article, l’un après l’autre.

Quand j’eus terminé, il garda le silence un long moment.

On roulait.

J’ai toujours aimé la 417.

C’est personnel.

«Alors? », demandai-je.

«Ça tient pas debout…» dit René.

Il conduisait. Gardait le silence.

«Qu’est-ce t’en penses?» demandai-je au bout d’un assez long silence.

«J’en pense que tu me croiras pas, mon vieux, si j’te dis que …»

«Explique..», dis-je.

René riait discrètement, avec dérision, mi-amusé, mi-sonné.

«Ç’a pas d’allure», dit-il, «j’me rends compte .. J’me rends compte que j’ai toujours lu, j’ai toujours compris la Constitution, tout ça, la Charte des droits de Trudeau, je l’ai toujours comprise à l’envers…»


 

Ce genre de constat produit toujours une sorte d’effet de choc.

Ce que mon compagnon de voyage, diplômé en droit, bref, un expert en droit et militant libéral, avait lu et compris depuis 1982 (soit depuis huit ans, on était en 1990), c’était que les articles 2 et 7 à 15 de la Charte des Droits canadienne de 1982, non seulement ne pouvaient pas être suspendus par la clause dérogatoire (une perception complètement inversée), en fait, René poussait la chose bien plus loin dans l’inversion perceptuelle ou cognitive :  il avait toujours cru que la clause dérogatoire  protégeait les droits fondamentaux et les libertés fondamentales (!!).

Il avait toujours compris radicalement le contraire de ce qui était écrit dans la Constitution de 1982

Et cet amendement constitutionnel fondamental, c’était le parti pour lequel René militait depuis quelques années qui l’avait fait adopter..


 

Dans les faits, encore une fois, les libertés fondamentales peuvent être suspendues arbitrairement, les garanties juridiques héritées de la common law anglaise aussi, l’égalité de droits, le principe des programmes de promotion sociale pour aider les groupes défavorisés peuvent être suspendus, inversés, pervertis, etc., et peuvent l’être en tout temps par le Parlement fédéral ou n’importe quelle législature provinciale.

Mon compagnon avait vécu pendant des années dans une réalité inversée.  Cette anecdote est authentique.

À quoi attribuer cette perception inversée?

La psychologie de l’illusion heureuse, ou celle du déni, sont complexes.

On pense à Pangloss, le précepteur de Candide de Voltaire (version intégrale).

Dans l’esprit de René, il était inconcevable, littéralement, que le Parti libéral du Canada, le French Power, les premiers ministres provinciaux, les Communes canadiennes, et surtout Pierre Trudeau  –  apparemment champion des libertés fondamentales et de l’État de Droit, il était inimaginable que ces gens aient pu concevoir une Charte des droits constitutionnelle qui permettait de suspendre arbitrairement les libertés fondamentales, les garanties juridiques, l’égalité de droit, et l’essence de la common law britannique, etc. Impossible.

Pourtant les faits sont là.


 

Mon compagnon de voyage n’est certainement pas le seul Canadien, le seul Québécois – bref le seul être humain – à lire ou à percevoir certaines réalités à l’envers.

Si la perception d’un spécialiste du droit peut à ce point être submergée pendant des années par ce qu’il souhaite être vrai, et croit, pour cette raison, être vrai, que penser des millions de citoyens qui n’ont jamais seulement aperçu, même de loin, le texte de la Constitution canadienne – ou le texte de la Constitution de leur pays?


 

P.S.

Puisqu’on a mentionné Pangloss, voici une note que j’ai ajoutée à celle de Beuchot au Candide de Voltaire (chapitre I) qu’on trouve sur ce blog :

2. [ Pangloss : ] De pan, tout; et glossa, langue. [note de Beuchot; donc «Pangloss» signifie à peu près « polyglotte » – ou encore «panglotte», qui connait toutes les langues. Genre. ]

2.1 [Note de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ). ] D’après cette note de Beuchot (la note 2 ci-dessus), «Pangloss», le nom du précepteur de Candide, serait synonyme de Polyglotte. Maître Polyglotte. Le docteur Polyglotte.

On sait aussi que Voltaire connaissait l’anglais et était anglophile et que «Pangloss» peut non seulement se lire «Pan-gloss» (tout-lustre, tout-brillant, évoquant l’idée d’un omniprésent lustre de surface, d’un brillant superficiel), mais peut aussi se lire, en anglais :  pang-loss.

«Pang» peut se traduire par «pincement au coeur», «douleur», «angoisse».

«Loss» se traduit par «perte».

Si on lit ainsi «Pangloss» (pan gloss – et pang loss), le docteur Pangloss est le superficiellement brillant docteur Sansangoisse, le brillant docteur Sansdouleur, ou le tout-lustré docteur Têteheureuse.  Le docteur Pangloss est une sorte de docteur Hystérique, ou de docteur Paranoïa.

Para-noïa = «à côté de la connaissance», ou «à côté d’la track – ou d’la traque».

Un «paranoïaque» peut tout aussi bien être, mais en tout temps ou presque, c’est ça le problème, totalement confiant ou totalement méfiant, mais l’essentiel à retenir est qu’il est à côté d’la track presque tout le temps, en état de perception fausse, et qu’il agit en conséquence … Brrr.

Pangloss est un type qui ne sent plus grand’chose, voire rien (il est, au fond, aliéné d’une partie de lui-même) et qui pontifie béatement en fuyant (inconsciemment) la douleur, l’angoisse, le pang, le pincement au coeur.

Pang-loss a «lossé tout pang». 

Il ne se contente pas de fuir le pang, il nie la douleur, et il la glosse.

On pourrait appeler Pangloss, le docteur Névrosebrillante.

Une sorte de «mentor-mère», abusivement protecteur pour se protéger lui-même – délirant, tête-heureuse et béat, en perpétuel état de fuite et de déni.

 

En d’autres termes, René n’avait rien d’un Pangloss, il était plutôt du genre Candide.

Il était supérieur à beaucoup de gens en ce qu’il admettait les faits ignorés quand on les lui présentait, une qualité extrêmement précieuse.

René était plus du genre Candide, je le sais, j’ai été du genre Candide assez longtemps pour savoir de quoi je parle et pour savoir en reconnaître un.


© Copyright 2013 Hamilton-Lucas Sinclair (Jacques Renaud, Loup Kibiloki, Le Scribe), cliquer


 

Canada, Québec, Ontario …  un proto-totalitarisme souterrain persistant.   –   Canada : Pouvoir dérogatoire canadien et pouvoir dérogatoire hitlérien sont identiques.    —  Milgram, la torture, l’abîme de l’obéissance. Les candidats sont légion.   –   Le danger d’être canadien, le danger d’être québécois

Documents de référence – La d’Habilitation nazie mars 1933, pouvoir dérogatoire québécois (1975), canadien de 1982. Essentiellement, les extraits pertinents de la Charte québécoise, de la Charte canadienne, et la Loi d’Habilitation allemande de mars 1933 au complet.

Déclaration universelle des droits de l’Homme – Nations-Unies. Texte complet et intégral:   Depuis 1982, le Parlement canadien – tout comme chacune des législatures du pays – ont le pouvoir constitutionnel de violer, sans aucun recours légal possible, au moins 18 des 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations-Unies, soit les articles suivants1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 17, 18, 19, 20, 26, 29.   –   Ce pouvoir dérogatoire canadien, c’est l’article 33 de la Charte des droits et libertés canadienne de 1982, qui fait partie de la Constitution canadienne :  Charte des droits et libertés du Canada (1982; lire l’article 33 en allant à la page 48)  ;  English : Canadian Constitution Act, 1867-1982 (1982; go to page 47, read article 33)


Québec: la clause dérogatoire et la loi 204.    –     Collusion : Karl Péladeau à Hydro-Québec et la Loi Labeaume-Maltais (loi 204)    –   Unions de fait, jour odieux : La Cour Suprême du Canada trafique la Constitution en rejetant l’égalité de droits pour plus d’un million de Québécois   –


Avons-nous jamais vécu en démocratie? Pétitionne, trace ton x, cause toujours.    –     Le Petit x du vote: Acte de liberté – ou Pacte de soumission?    –    Nos démocraties: Liberté ou Soumission volontaire?


Canada : Avez-vous jamais remarqué la présence du pape sur la monnaie canadienne?  ( Le Canada est un État religieux et s’affiche comme tel sans qu’on le remarque, depuis toujours, dans un étonnant climat de déni ou d’hypnose. )


Les oeuvres de fiction de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ) – nouvelles, novellas – qu’on trouve sur ce blog ( et des notes bios ) :

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.

La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   —   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.   —   Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle  –  Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle

La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )    –  Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.   –   Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble. Poème. « Toujours, tu rencontreras Rimbaud dans les rues vermillonnes et safranées de Marrakech … »


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


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