Lettre d’ Eau. J’ai assez vécu pour savoir combien j’ai voulu être ici.

L'Orénoque au coucher du soleil.

Le fleuve Orénoque au coucher du soleil (photo provenant de dharix sur Webshots.com).


 

Orénoque est le fleuve
où coule l’infernal.

Le reflet bleu
dans l’eau du ciel
est le chiffre de lumière
qui explose et qui coule,
jaillissant dans le courant fluvial.

Je contemple, d’en-bas, l’eau pure du ciel.
Elle viendra bien me rejoindre.
Et j’irai bien la rejoindre.
Pluie qui tombe. Vapeurs qui montent. Je m’appelle Eau.

En attendant, je ris dans la vase accumulée du lit.
Prisonnière. J’en ris. Vaut toujours mieux en rire.
Et même si je voulais ne pas en rire, le rire est inhérent à l’eau.
Les galets s’usent sous la caresse aqueuse de moi.
On n’échappe pas à son dharma: on l’accomplit.

On ne peut consoler des galets qui n’en sont plus.
On ne peut consoler des galets réduits en poudre.
On ne peut pas consoler la poussière – ni les cités réduites en boue.
Je vis dans de l’inconsolable
qu’attouche pourtant mon rire inhérent.
On n’échappe pas à l’inhérente
complémentarité des destins.

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Chiffre secret enfoui dans la galène

Galène.

Petit bloc de galène qui fait penser à un crapaud; y a même un p’tit oeil triangulaire si vous r’gardez comme faut – lien Wiki sur l’image.

 


 

Chiffre secret
enfoui dans la galène.

Chiffre secret enfoui à la racine du grès vert.

Pour sa beauté, rien que pour sa beauté,
ouïr et rouïr le mot secret.

Sa transcription complète
orne les murs de batailles.

Ce sont les grandes légendes littérales
gravées en bas-reliefs
au fond du gouffre des mémoires
qu’on a voulu sceller dans la pierre
mais qui nous poursuivent
jusqu’au bout de nos doigts.

Tu lis toute sa caverne pendant qu’il bavarde.

Sa transcription complète tisse en silence
un univers de rires et de batailles.

 


Note : incidemment le mot «galène» est 44 en calcul s.o. et 98 en calcul c.c. Jeter un coup d’oeil à Réception à la table des nombres .  «Galène» flirte avec «équilibre», avec le symbole intuitif de «justice», la stabilité du 4, la «guidance» aussi, la source, les sources, l’arcane 17, avec ce que dit le fond de “silence” de la forêt la nuit, etc. Les cailloux sont vivants.

 


© Copyright 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


 

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –    Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.   –   Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble. Poème. « Toujours, tu rencontreras Rimbaud dans les rues vermillonnes et safranées de Marrakech … »


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

La Fable de Crassus le Gigueur, ou comment ouvrir la terre sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


 

Les oeuvres de fiction de Jacques Renaud qu’on trouve sur ce blog : 

  Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.

La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   —   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle  –  Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle

La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur   —

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


 

Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages. Plus de 500 espèces de plantes en danger au Québec.     –    Terrorisme domestique et destruction de potagers par les municipalités : Aux profits de quel lobby ?   –    Invasions de domiciles : Tout se passe comme si on voulait abolir la légitime défense.


 

Carlo Suarès :   Description des Lettres-Nombres selon Carlo Suarès (ce document pdf comprend aussi des tableaux simples des alphabets-nombres français, anglais, grec, hébreu), “suivi d’une courte esquisse d’une quaternité à explorer, ou :  J’aime les bardanes, ça parait, et c’est pas pour rien”.

Réception à la table des nombres  —  Edith Piaf censurée au Québec : l’origine védique de «Dieu»  –  Le Règne de la quantité et les signes des temps de René Guénon  –   Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est autre.  –    Gurdjieff, Ouspensky, Jung : On comprend vraiment ce qu’on lit? Ce qu’on écrit? Ce qu’on dit?..  – Gurdjieff, Ouspensky, Jung : Do we know how to read? Understand what we write? What we say?


 

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Un Gars d’Notes ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 9/9 )


 

À la fin, j’ai tout de suite sorti mon p’tit carnet d’notes pour prendre des notes : dans famille, on a pas peur de t’ça, la garnotte.

C’est là qu’mon père m’a dit :

« Depuis quand est-ce que tu travailles pour les journaux du mardi? Depuis quand que t’écris comme Plantu pis Girerd? On t’avait défendu d’sortir le souèr?»

J’étais terrifié.  Après avoir tout noté, j’y ai répondu :

« J’sais pas c’qui m’attend mais en tout cas, souèr ou pas souèr, la vie c’est un encan pour les bébés nés, pis j’vas l’noter. »

Je l’ai éberlué.  Y m’a pus jamais rien dit.  Mais j’ai continué à prendre des notes.  Toute ma vie.  Comme on ramasse d’la garnotte pour le slignechotte.

Chus un gars d’notes.

Le premier conte :  Le Ticane de Babilème   ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus  1/9 )  Ou comment le Ticane m’a mis dans tête d’en écrire neuf de suite, aussi insensés que possibles.

 


© Copyright 1979, 1989, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Reanaud, Le Scribe), cliquer


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


 

Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


 

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


 

Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


 

Sorel : En 2012, on y censure Dieu et Edith Piaf. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud…

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


 

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La Saga des Ose-Un-Peu, conte peuïste (Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 8/9 )

 

Le peuïsme ?!  C’est quoi ça  ?!?

Le conte absurde qui suit, un peu plus bas, en plus d’être la huitième des histoires un peu chaotiques et plates que le Ticane m’a recommandé d’écrire pour pas devenir fou, est aussi un peu une sorte de parodie du peuïsme – en tout cas, j’ai un peu tenté d’être le plus possible un peu absurde.

Vous l’avez un peu entendu, un peu remarqué autour de vous, c’est un peu sûr, non?, le peuïsme fait un peu rage. Aux nouvelles.  Radio.  Télé.  Dans rue.  À peu près peurtout.

Non? …  Pas remarqué ?

On est un peu entré depuis plusieurs années dans une ère de surabondante utilisation de l’expeursion «un peu» tout le temps, un peu partout sur les ondes, un peu dans la rue. Les agents massemédiatiques sont devenus un peu de fidèles répeuteurs peuïstes.

Chus un peu sûr que vous l’avez un peu remarqué.  C’est un peu certain.  Comme dans «la torture, c’est un peu violent» (ce qui signifie que «la torture, c’est très doux») …

Entouécas.  V’la un peu l’huitième conte, La Saga des Ose-Un-Peu :


 

Dans La Presse du Samedi, un gros journal à sensation, j’ai lu mardi dernier que les Ose-un-peu du propriétaire des Sunlights de Toronto avaient un peu mis la ville en rogne.

Je me suis immédiatement précipité pour voir qui faisait ça et j’ai tout de suite vu que le trouble venait d’une échappatoire un peu mal embouchée qui ternissait sur le coin de la rue Bonneseurs.

Tout de suite, je suis allé appeler le chef des Ose-un-peu et je lui ai demandé des explications un peu simples, pour mes lecteurs, et voici ce qu’il m’a un peu dit :

« D’pus à peu près janvier 2009, ou un peu exactement d’pus à peu près le 3 janvier 1982, y a un carrefour un peu tonnant sur le ring.

« On a jamais fini avec, y nous donne un peu des frimes, on sait un peu plus quoi dire, on fait un peu not’ possible, on s’escrime un peu, on s’grise un peu d’belles pattes, on s’démène un peu, on s’tait un peu, on s’fâche un peu, on s’mouche un peu, on est un peu en joyeux calvaire, un peu crossé, rien à faire: ça tonne un peu tout le temps sur le ring, un vrai tonnerre de marde un peu.

« Comme le propriétaire des Sunlights est un peu fou, pis un peu monstrueux, pis un peu extrême, mais qu’il a un peu peur des mouches, on a eu un peu pas le choix, on a un peu coupé l’eau aux Ose-un-peu.

« D’pus c’temps-là, y fait un peu très chaud, mais ça empêche pas qu’y fasse un peu très froid, on a un peu l’doigt pris entr’la glace pis l’iceberg, on l’a un peu admis publiquement en montrant un peu l’doigt, ça faque y a eu un peu une émeute .. »

J’ai un peu compris, mais un peu pas tout.

L’dernier conte d’la série d’neuf s’en vient.  Était temps.  Ces contes-là, c’est vraiment une terre à pies  :    Un Gars d’Notes  ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus  9/9 )

 


© Copyright Hamilton-Lucas Sinclair 1979, 1989, 2009 (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


 

Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


 

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


 

Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


 

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


 

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Parabole ambiguë pour voteurs à clochettes ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 7/9 )


Ils toussaient tous, las.

Ça faisait quelques siècles qu’ils attendaient.  Ça sentait la catastrophe molle. C’était la Toussaint des tousseux .

Certains étaient morts.  Les vers de l’oubli venaient les ronger.  Souvenir après souvenir.

Des tuberculeux illettrés (ça se corserait?), par solidarité, s’étaient joints à eux (comment résister!).  Ça toussait.  Pire qu’au concert.  Pire qu’à messe.  Toussent timbrés.  Toussent posthées.  Toussent insultés.  Toussent collés stiff.

Ils se dérhumaient, dérhumaient, dérhumaient.

Une tête forte était déjà partie en crachant la porte et en lançant cette parole qui, par la suite, devint célèbre dans tout le pays: «Maudite gagne de caves!» Selon une scripette-assistante, il aurait ajouté : «Vous vous userez la guelotte en d’inutiles logomachies»(j’essaie d’y myther).

La Banque Centrale disait rien.  La Banque Centrale est polie.  La Banque Centrale parle pas la poche pleine.

L’incident datait d’au moins cent ans. «Tête forte», avaient pensé les tousseux. «Chercheur de trésors, dragon rouge», avaient pensé les autres. Astheure, y voulaient à tout prix dire queuq’chose, point virgule. Il le fallait. Queuq’chose. C’était de mise. De mise comme le port du smoking, la soupe ovaires-missels, la voiture pile-patate, le transistor à zipper.

Le temps passa. On toussait par tradition. Sans s’en rendre compte.  Petits toussottements. Petits toussotements. Ils attendaient maintenant le conférencier de la secte Kilmankarkanne-Holy qui devait venir leur dire comment pouvait se dénouer les millions de doigts tordus à même le drame à défaire.

Le conférencier est pas venu. Bête de même. Ça vous coupe une histoire.

La secte n’apprendrait jamais pourquoi le conférencier de la secte Kilmankarkanne-Holy, qui était, à ses heures et à celles de tout le monde, écrivain, avait décidé de ne plus écrire. Il avait manqué l’avion. Ou la marche. Le bateau, le radeau ou l’autobus. Ou bien s’était-il aperçu, à la dernière minute, que son zèbre était bipède et qu’il ne pouvait le chevaucher sans le faire ployer vers le devant? Dangereusement? Vers le fond du monde?

Ou peut-être s’était-il, par inadvertance, tranché les veines du poignet sur l’arête trop vive d’une angoisse métaphysique?

Ou bien s’était-il coïncé le doigt entre les piquets rapprochés d’un deux points qui, désespérément, lascivement, ne s’ouvrait sur rien? Où donc ce nomade était-il allé planter sa tante? Avait-il sauté avec les deux bombes puantes qu’il était allé déposer, l’une au siège de la revue Conserves, la moitié d’une autre dans les studios radiotélés d’Hypnose-Canada, et l’autre moitié au comptoir des éditions Mensonge? Avait-on oublié de le convoquer?

On commençait à le croire, les nouvelles vont vite, et on est crédule quand on est fatigué.

Mais nul ne sut jamais.

Oncques ne vîmes le sieur écrivain. Oncques ne sûmes ce qu’il en advint. De lui ou de la secte Kilmankarkanne-Holy. On se moucha du doigt, des doigts devrait-on dire, du bras, des bras, des genoux, des orteils, de la plante des pieds.

Un coup bien huilé, chacun rentra chez soi. Qui, au cimetière, qui, au sanatorium, qui, au parlement, qui, à Hypnose-Canada, qui, n’importe où, qui, à qui qui.

De l’écrivain à ses heures et à celles des autres?

Oncques ne sûmes ce qu’il en advint.

Épilogue :

Y est mort et enterré! La la!
Y est mort et enterré! La la!
Latrouille s’en va-t’en gueeeerrrre,
ris mon thon, c’est comique en baptêêêêêême!
(Sur l’air de «Y avait un jambon jaune pendu au clou
rouge d’la patente à Charles» – cf La Baronne Chanson.)

Le huitième conte approche …  Un contaproche, c’est une sorte de contabroche, ça tient bien quand c’est tordu solide.  Le huitième conte :   La Saga des Ose-un-Peu   (Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 8/9 )

Ce huitième conte, c’est une introduction au peuïsme.  Un conte peuïste.  Il était un peu temps.   C’est un conte un peu extrême, c’est-à-dire très modéré.  Les agents massemédiatiques aiment beaucoup un peu.

Vous l’avez remarqué, c’est sûr:  les agents massemédiatiques utilisent abondamment «un peu», comme dans :  «C’est un peu extrême» (équivalent de «C’est très modéré»).

Ou comme dans :  «Les gens sont un peu fâchés de se faire frauder» (c’est-à-dire qu’ils sont «très satisfaits» de se faire frauder).

Nous sommes entrés, depuis plusieurs années, dans une ère d’abondance d’ «un peu» partout sur les ondes.  Les agents massemédiatiques sont devenus de fidèles et constants répeuteurs peuïstes.

Vous l’avez remarqué?  Non?  Vous l’avez un peu remarqué, non?… Juste un peu ?   Un tout, tout petit petit peu ?  Non?!   Ben ouèyons?!…   )

 


© Copyright Hamilton-Lucas Sinclair 1964, 1979, 1989, 2009 (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


 

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Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


 

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


 

Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

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Sorel : En 2012, on y censure Dieu et Edith Piaf. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud…

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La Fille Qui Faisait Des Grimaces ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 6/9 )


La nuit du quatorze juillet fut, pour la fille du propriétaire, une nuit peu commune.

Le pire, c’était la cage mouillée.

Mais Louise, elle, la fille du propriétaire, n’avait jamais eu peur de rouiller. Elle était en fer inoxydable et sortait tout droit d’une cage en papier. Ainsi, elle n’avait que faire de cuire des poublettes et des bébés. Elle aimait bien trop sa mère.

Bref, elle était mauditement mêlée.

Elle tordit donc sa manche de chemise sur le tiroir et alla voir dans le couloir si le raisin dans le boudoir roulait en dehors dans le noir – juste pour voir. Elle ne vit que des paperasses coïncées dans des passoires.

C’est alors qu’elle prit le chemin dégueulasse et fit des grimaces à tous ceux qui riaient. Il y en avait.

Elle fit des grimaces à tous les beaux gars forts et elle n’en vit plus jamais. Elle était très héroïque. Elle n’avait pas peur des balais. Ni des briques.

Mais, maudit qu’ale aimait la chicane! Mais pas l’fric. Rien qu’les bananes. Elle avait un plan diabolique. Elle fit caricaturer toutes les sornettes et tout l’monde les prit au sérieux.

Le rire se tut, elle se mit à hurler, et on coupa le son juste au moment où Jétu Maprippe faisait une déclaration.


 

Le septième conte est arrivé !  :  Parabole Ambiguë Pour Voteurs à Clochettes  (Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus  7/9 )  (le titre aurait rien à voir avec le texte, qu’y disent  –,  mais là y a des limites à dire n’importe quoi ! .. )

 


© Copyright 1979, 1989, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


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Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


 

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


 

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Barnabé Encore ! (pauv’ lui) ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 5/9 )


Une poche de tire sainte-catherine, ça coûte pas cher. Quand Barnabé a vu que son père mangeait trop d’aspirines, il est allé voir sa tante Alphonsine pour lui expliquer la situation.

Sa tante Alphonsine lui a immédiatement dit: «Mon cher Barnabé», (elle parle comme ça), «si tu t’imagines que le prix des néons a augmenté depuis que tu te rases sans savon, tu te trompes. Regarde dehors, il fait beau et les chevaux se portent bien, ils n’ont pas peur de l’eau : hier j’en ai vendu vingt-cinq à Gendron. Alors?»

Prétentieuse! J’étais déçu par ma tante Alphonsine (alle a pas rapport).

Mais j’en ai une autre: ma tante Jeanne.

Je suis allé voir ma tante Jeanne avec mon seau plein d’eau, au cas, et elle m’a reçu avec son sourire habituel (description du sourire: taratatam fendu jusqu’aux orteils boumboum).

Alors, en me mouchant, je lui ai demandé si «titique titique». J’voulais la mêler.  Comme elle n’avait pas compris parce que je parlais en me mouchant, je lui ai répété presque mot pour mot ce que ma tante Alphonsine m’avait dit vert batime : «La valise de mon père a quitté la chaise du lord hier et depuis je n’ai plus de radis ni de calorifères, ni rien, même pas un conifère. Voulez-vous m’dire, ma tante Jeanne?»

Ma tante Jeanne a mis la main sur mon épaule et sans se fâcher le moins du monde elle a dit : «Tu te prends pour Barnabé, maintenant!? Les plantations regorgent de jeunes gens comme toi qui rêvent de grands espaces», (elle parle comme ça). «Ne fuis donc pas ton destin, ami des rois et des belles qui cheminent. Tu n’auras qu’à rire doucement au fond d’un bois en lisant ta copie du journal Les Hoses et les coroniques des ose-un-peu. Et nul ne saura que tu es là. N’est-ce pas la réponse qu’il faut faire à ceux qui s’insurgent contre les lois?»

Je lui ai dit : «Vous êtes une bien belle vieille prétentieuse, ma tante Jeanne, merci, bonjour, merci, vous avez vraiment des matières à réflexions intellectuelles qui portent à penser à des idées avec le mental conceptuel qui font vraiment réfléchir à ce qu’on induit cosmiquement quand on s’arrête à y penser, une chance qu’une poche de tire sainte-catherine ça coûte pas cher.»

Là j’ai arrêté, j’ai failli devenir fou, j’ai pus rien dit d’plusse.

Ouala le sixième conte  :   La Fille qui Faisait des Grimaces  ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus  6/9 )

 


© Copyright 1979, 1989, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


 

And on Earth Peace, Le Cassé, le joual, Jacques Renaud  (Sur Jacques Renaud, l’époque du Cassé, le “joual”.)


 

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Barnabé dans la Naine Bedaine ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 4/9 )


 

Barnabé entra le matin dans la soute à charbon et tisonna à froid l’amoncellement noir.

La houille lui murmura: «Reviens demain à cinq heures.»

La terre trembla.  La brèche s’ouvrait.

Barnabé repartit en titubant et passa la nuit sur le sofa des vivants et des morts que la gardienne de nuit avait disposé dans la chambre.

Il la prit au petit matin par surprise et ne fut pas étonné d’y reconnaître sa cousine.  Il s’en fit une bonne amie qui l’accompagna dans ses méandres.

La terre tremblait.  On entendait des cris partout.  La folie de tous contre tous.

Le soir même, Barnabé revint à la soute à charbon qui rougissait de plus en plus, non sans avoir remis sa clé à sa mère. Elle s’empressa de la glisser dans la poche de son tablier au cas où Barnabé en aurait besoin pendant la veillée.

Puis elle trempa un bout de pain dans la soupe qui s’agitait de plus en plus et chanta  : «Trempèèèèttttteeee dernièèèèreee! trempèèèèttttteeee dernièèèèreee!»

Le soir même, donc, Barnabé cuisait quand son amie Louisine vint retirer le capuchon de la marmite.

Barnabé compta les hameçons qui pendaient aux murs de la soute à charbon et s’engagea à tout payer dès qu’il en trouverait l’occasion. Personne ne lui fit ici de remarques désobligeantes, ce qui le consola des marques du destin.

La terre tremblait comme une catin. Le bouillon grossissait et commençait à faire craquer la marmite.  Ça chauffait.

Le soir même Barnabé revint à la soute à charbon pour y meurtrir le riz broyé qu’on y avait jeté la veille. Mais il ne rencontra que l’oeil de son père et il eût peur du noir. La terre tremblait en projetant Barnabé dans la boue et les étoiles.  Barnabé vit la brèche se briser, un regard d’or et de fer fendre le boulier, et la suie gicler sur les charbons rouges.  Il s’écroula dans des constellations de fraises.

La terre tremblait en s’émiettant dans les pleurs et devenait liquide.

Barnabé prit la poudre d’escampette, non sans salir le tablier de sa mère en y puisant la clé et en se sauvant de sa mère qui hurlait : «Trompèèèèttttes! Trompèèèèttttes!»

Barnabé abandonna sa bette, grogna gravement et murmura en attouchant subtilement les modulations de ses accents avec ses doigts pleins de jus de fraises et de suie  : «C’est bein  verrat, mais c’est comme ça.  C’est-tu la fin ou le commencement du monde? »

Et Barnabé entendit sa mère crier :  « C’est son milieu de Naine Bedaine, ti-mâle ! C’est la Naine Bedaine au milieu !  Haa haaa !  Ha ! Ha! Haaaaa !  C’est la Naine Bedaine au milieu,  miaam miaam !!  C’est la Naine Bedaine qui mène les ti-mâles !  C’est la Naine Bedaine qui les mène au milieu !!   C’est la Naine Bedaine qui les craque et les croque !! »

Le cinquième  conte :    Barnabé encore !  ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 5/9 )

 


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Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud ) :  La Petite Magicienne, nouvelle;  La Licorne et le Scribe, nouvelle.


 

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Jétu Magrippe II ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 3/9 )


1

Qu’est-ce qu’une tragédie ?

Voici.

Il y a une grosse tempête dans l’Atlantique.

Rappelez-vous le Titanic, même si y avait pas de tempête la fois du Titanic.

Le bateau a soif.  Il coule dans l’eau glacée.

Le prophète, ou le poète, coule aussi au nom de tous les siens et crie ( il s’est allumé une cigarette et s’est brûlé le doigt)  :  «Je reviendrai!»

Et il va à la toilette.

Tire la chaîne.

Et l’Atlantique, dégoûtée, se rue sur lui par la bol en rugissant.

Donc, une tragédie, c’est comme genre tempête dans l’Atlantique avec des mélanges de liquides qui provoquent des rugissements d’abysses dans les vécés.

Auparavant, on s’énerve.  On se brûle un doigt avec une allumette.  On veut crier «ayoye!».  On a honte de montrer que ça fait mal.  On s’énerve encore plus.  On a envie pas possible!   On court à la toilette en se tenant.

Et c’est là qu’on crève vécéralement noyé au lieu d’aller faire ça tranquille au large en partageant avec les autres.

C’est une tragédie.

2

«Je me mouille» signifie que l’eau me touche (ça, c’est du littéral). Ça signifie aussi parfois que j’ose m’engager dans quelque chose (ça, c’est du métaphorique).  M’engager dans quelquechose comme dans l’eau, par exemple (ça, ça pourrait être du littoral).  Tout spécialement si je suis tout nu au bord de l’océan arctique (oui, c’était du littoral). En hiver (du littoral frète).  Si vous la frottez assez fort, la glace, ça mouille.

Et ça regèle aussitôt.

C’est idiot d’faire ça !

3

Les bébés vous le diront pas mais ils ont pas besoin de courage pour se mouiller.

4

Un naufragé du Titanic qui s’écrierait,  –  en tombant dans l’Atlantique au large de Terre-Neuve et en se mettant à nager tout seul en refusant de sauver un enfant, une femme, ou la casquette du capitaine  :  «Moi, j’me mouille pas!!», serait un naufragé singulièrement doué.

5

Il existe d’autres acceptions de la célèbre expression.

Il est certain qu’un chat qui dit, calmement en le faisant, «je me mioulle», est un chat qui parle.

Si c’est la coque d’un bateau qui dit la même chose, elle connaît son dharma.

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Jétu Magrippe I ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 2/9 )


Je marche sur la rue Sparti jonchée de morues mortes et de bicyclettes tordues.  Le Titanic est par le fond à tout jamais.  Le feu est pris au premier étage d’une maison.

Je cours vers la maison.  Je grimpe quatre à quatre l’escalier extérieur qui conduit au deuxième étage pour prévenir les gens qui habitent là que le feu est pris au premier.

J’enfonce la porte d’un logement.  Je me retrouve en présence de John Steinbeck (toujours vivant)!   Et de Jétu Magrippe, l’illustre écrivain de la modernité.  Jétu Magrippe est l’auteur, entre autres, de : L’appât foutu du petit empoté rugit-il par implosion du citro/citron ?  Phoques et Morues !

Sa théorie littéraire veut que les mots ne renvoient qu’à eux-mêmes.  Ce sont des objets comme d’autres.  Des fourchettes, des roches, des pinottes.  Avec des petites barres comme ça /// ///

Coup au plexus ! Une vedette ! Le goût de lui demander un autographe.  Et/ou de lui crier: «Au feu!»

Je crie : «Au feu!»

J’ai à peine le temps de me tasser dans le corridor : Steinbeck sort, d’une frippe, entre mes pattes.  Il a compris.

Jétu Magrippe bouge pas.

Vous pouvez terminer l’histoire comme vous l’entendez.

Je ne suis pas responsable du reste.

J’ai non seulement crié «au feu!» très fort, énergiquement, j’ai même pris le temps d’écrire les mots sur une feuille de mon carnet à autographes que j’ai placé bien en vue devant Jétu.

Jétu l’a vu, a penché la tête, il a lu, il a hoché du front en murmurant de sa voix donjuanesque : «C’est un/une text/texte, pas d’erreur/erreure, il renvoit/voile sur lui-même.»

Irrémédiablement dégonflant.

Il y a plusieurs fins possibles à l’histoire.  En voici quelques-unes.  Vous pouvez choisir.  Ou en ajouter d’autres :


1 – Jétu Magrippe sort d’un coup en courant, comme Steinbeck, et admet implicitement que les mots «au feu!» n’ont pas renvoyé sur eux-mêmes.


2 –  Les sirènes de pompier et l’eau des boyaux qui jaillit en trombes sur sa bolle mettent Jétu Magrippe en transe terminale.  Perplexité dans l’âme, index et pouce sur les narines, il hurle :  « Ma pensée me brûle! »  C’est un héros tragique.


3 – Rien. Il ne se passe rien du tout. Ça s’arrête là.  À un moment donné, t’es là pis y a rien.

 Quand y a rien pis qu’t’es là, on appelle ça le nirvâna.


4 –  Jétu, en partie carbonisé, appelle rapidement sa secrétaire, Elle Même.

Il dit à Elle Même d’appeler son confrère Oujlé Tupas.

Puis Jétu va s’asseoir sur le toit de l’édifice en flammes avec crayon et papier d’amiante.

Oujlé Tupas rapplique.  Monte l’escalier.  Parvient sur le toit à demi carbonisé (lui et le toit).

Jétu lui dit d’une voix fondante qu’il faut écrire fusionnellement leur oeuvre majeure: L’amiant/amiante a sauvé l’monde.

Cette oeuvre sera signée Jétu Magrippe, Oujlé Tupas.

Quand la maison s’écroule, Jétu Magrippe et Oujlé Tupas restent suspendus en l’air.

Ils y sont encore.  Sur la photo qu’Elle Même a croqué sur le vif.  Juste au moment où.


5 –  Jétu sort, éperdu, l’oeil coulant, en flippant sa bette fondue.

Il renvoie sa secrétaire Elle Même.  Il est foutu.


6 – Jétu Magrippe s’écrie : «Sida-Sida!», en fait une comptine populaire, se coiffe d’une capine et gobe des suces.  Allez comprendre.


7 – Les pompiers sauvent Jétu avant qu’il ne meure en flambant en haut.

Jétu alors se renvoie lui-même, honteux, chez lui-même, par lui-même, de lui-même, en se trouvant méchant.  On sait pas pourquoi.

Il écrit «au feu!» en cachette et se fait un renvoi postal de texte à lui-même, se relit et éclate en sanglots.

C’est alors qu’il écrit son plus célèbre ouvrage, Le Désert m’a lu.

Puis il raye le titre et publie J’ai Honte.

Puis il raye le titre et publie la rayure.


8 – Jétu sort, porté par un torrent de lave.

Il se réfugie dans l’enseignement sans mots et ouvre une clinique d’amortissement.

Sa pivotante, quand il s’asseoit dessus, lui envoie d’un cri/crie la peau du crâne au plafond de son bureau à cause de ses founes tôstées qui dorénavant chauffent en permanence par elles-mêmes sur le siège et le font djumper.  Il publie :  Titanesque Autodafé par Autofesses.

À la faculté, il se rue au-devant d’une gagne de non-lui-mêmes qui l’avaient absorbé jadis, absorbant tout, barbe, enseignement, rigodons et pantalons, et qui maintenant régurgitent à la ronde, à leur corps défendant, des floppées d’clones jétu-magrippants jaillissant de leurs bouches irrémédiablement bées-tues.

Ils protestent et réclament la démission de Jétu Magrippe.

Jétu exige immédiatement de passer à la guillotine en se livrant sur-le-champ à une brûlante ovation personnelle et en se récitant à tue-tête de longs passages de Donnez-moi du Chocolat !

Les étudiants tombent la pancarte, sortent un à un, les jambes molles, la face en guenille, hagards, démontés, et se mettent sérieusement à l’étude de Phoques et Morues!.


9 – Jétu se met à lire Nelligan de lui-même à lui-même, et étudie de lui-même, pour lui-même, l’informatique en elle-même.  ( Pas d’quoi écrire à maison sur. )


10 – Jétu Magrippe s’achète un modem pour lui-même, écrit des programmes pour lui-même, se les renvoie à lui-même, pour lui-même, en passant par les lignes du Bell même.  ( Il s’occupe. )

Elle Même le dénonce en l’accusant de.

Un tribunal condamne Jétu Magrippe à une peine de dix minutes.  Il pleure dix minutes, puis n’a plus d’peine.


11 – Il se texte lui-même, assis sur la tête du roi George en face de chez Simpson à Montréal.  Il le proclame au monde.

Mort de honte, sa réputation d’érudit brisée pour toujours, il se suicide sur le socle en granite en bas en s’y jetant tête première parce qu’il s’était trompé: c’était Edward VII et c’était en face de chez Morgan !  ( Ça lui apprendra. )


12 – Jétu hait les pompiers pour eux-mêmes et en eux-mêmes.  Il en fait une profession de foi et fonde le parti OFPONG  ( On A L’Feu Pis On l’Garde! )


13 – Jétu Magrippe rassemble les pompiers, qui l’ont arrosé, pour les remercier et leur réciter de longs passages des Versets Magrippants :

a) les boyaux sont les ennemis des théories littéraires;
b) les ennemis sont les boyaux des théories littéraires;
c) les théories sont les ennemis des boyaux littéraires;
d) les théories sont les boyaux des ennemis littéraires;
e) les boyaux sont les théories des ennemis littéraires;
f) les ennemis sont les théories des boyaux littéraires;

Les pompiers disent rien ..


14 – Jétu Magrippe lance une campagne pour qu’on trouve d’autres possibilités concernant le rapport des boyaux avec les lithéries théoraires :

« Trouvez-vous-les-les vous-mêmes», dit-il dans son communiqué.

« Écrivez-vous-les-vous à vous-mêmes.  Envoyez la copie des réponses par vous-mêmes au Ministère de l’Éducation même, qui, de lui-même, vous renverra par lui-même les résultats eux-mêmes de vous-mêmes que vous-mêmes pourrez foutre à la poubelle de vous-mêmes. Phoqiou!

«Une bonne possibilité», ajoute Jétu Magrippe, « vous permet de devenir professeur et de vous faire haïr, suspendu dans l’air de Montréal, en photo immortalisante grandeur nature, vous représentant en train de mesurer la température de vos founes ignifugeantes.

«  Vous serez aussi pognés à enseigner avec des mots qui renvoient sur eux-mêmes, et encore, rien que quand y veulent, les chiens!  Des mots qui, d’eux-mêmes, se téléphonent à eux-mêmes quand y veulent pas vous parler, et se parlent entre eux-mêmes avec des virgules coupantes et des parenthèses qui étranglent.

« Ne m’ovationnez pas tout de suite.

« Si la craque du miroir qui vous fend l’image semble vouloir se maintenir par elle-même, en elle-même, pour elle-même, souvenez-vous toujours de ce que je vous ai enseigné au cours de toutes ces années, et que Elle Même ne cesse de vous rappeler memo après memo :

« N’oubliez jamais, jamais, la garantie de dix jours. »


Ce conte est un texte de propagande.

Tout c’qu’y manque, c’est une cause.

Reste à savoir si, à la manière des bombes H, que certains confondent tragiquement avec la préparation anti-hémorroïdale du même nom, ce texte de propagande ne renvoie qu’à lui-même.


 

En attendant, je vous recommande le double expresso bien tassé avec un bout-de-pouce de sel et un p’tit copeau d’citron.  Avec de l’ail.  Avec des atacas tranchés.  Avec de la verge d’or séchée.  Des raisins secs sultana.  Un bout d’beurre d’ail.  Une ligne de gingembre séché.  Ou frais.  Pas d’sucre.  Mais une bonne goutte de mélasse blackstrap (aucune autre).  ( Oubliez pas d’mettre du café dans tasse. )

Le troisième conte :   Jétu Magrippe II  ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 3/9 )

 


© Copyright 1989, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Un chic chat dans l’coma   –  Un ballon dans un cochon    —   Elle a trop bu de jus d’ tortue

Le miracle de l’écrivain dans l’donjon   –  Petit Matou (paroles pour chanson de plage et d’été, tendre, kétaine et rythmée)    –   La pluie, de ses dents rondes et bleues  –  Filez, filez, ô mon navire – (poème qui se chante) (et bateau d’avril)

Un coup bavant du Grand Avide, ou Kafka aurait pu l’dire

Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées   –   Le Cliquetis de la croquignole   —   La logique est une muette qui ne cesse de nous faire signe   –   La soeur d’Absalon, ou le ciel et l’enfer interdits aux comiques


Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


Oeuvres de fiction de Jacques Renaud  ( Loup Kibiloki ) qu’on trouve sur ce blog : 

 Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.

L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.    –   La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.

C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   —   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.

Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   —   L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux, nouvelle

Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose, nouvelle  —  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis  —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac,  poème  —    L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison

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Le Ticane de Babilème ( Neuf contes “surréalistes”, délirants, biscornus 1/9 ).

Ça commence par une histoire de Ticanes.

Les Ticanes habitent le pays de Babilème.

Le pays de Babilème est peuplé d’êtres bizarres. On y trouve, entre autres, des Ticanes. Le “t” s’articule avec le bout de la langue sur la racine des dents d’en haut.

Les Ticanes sont des gnomes de Babilème. Ce sont des ricaneurs et des avertisseurs. Ils ont les jambes à la place des bras, les bras à la place des jambes – et la tête entre les jambes, ce qui veut dire qu’ils ont la tête à l’envers entre les pattes quand ils sont debouts.

Les Ticanes m’ont toujours dit que nous étions anormalement vice versa et qu’eux étaient normaux, versa vice.

Tout ça pour en venir à vous expliquer pourquoi j’ai écrit une série de neuf contes absurdes.


 

C'est un Ticane. Photo prise avec un appareil de fabrication babilémienne, vraisemblablement par Loup Kibiloki. Ici, le Ticane soutient le ciel en prenant appui dans l'air. Les Ticanes sont des sortes de bouilloires polyglottes indestructibles.

C’est un Ticane se tenant sur les mains. Ils ne sont pas tous aussi attrayants que celui-ci. Photo prise avec un appareil de fabrication babilémienne, vraisemblablement par Loup Kibiloki. Ici, le Ticane soutient le ciel en prenant appui dans l’air. Les Ticanes sont des sortes de bouilloires (visez la poignée à droite). Ils sont  polyglottes et indestructibles. Ce sont de passionnés bouilleurs d’eau, mais attention : ne jamais les saisir par la poignée avec de mauvaises intentions, sinon vous êtes immédiatement, spontanément, électrocutés.  Même si y a pas d’fil.  Y sentent tout.  C’est pas une blague.

 

Ç’a commencé une nuit, comme ça, d’un coup, quand un Ticane m’est apparu.

À cette époque, j’écrivais beaucoup de poésie, la tête me flottait dans une brume dense, très euphorisante. Trop.

Un demi-instruit bardé de diplômes m’avait dit que les poètes deviennent fou: Nelligan, Nietzsche, ils finissent tous par capoter pour un Christ, un cheval, un bateau ou une madone.

J’ai appris, depuis, à me méfier des ignares diplômés et prospères, mais à l’époque j’étais d’une naïveté sans borne, et je l’admets, j’avais peur de devenir fou.

Le Ticane le savait, les Ticanes devinent à distance, ils sont aussi des joueurs de tours, des challengers, des experts testeurs – mais parfois ils vous testent par une sorte d’instinct hyperprotecteur, ils ont une sorte de côté papa-maman. Les Ticanes s’avèrent être étonnamment complexes.

D’un coup, donc, le Ticane m’est apparu, en ricanant (son ricanement ressemble à une sorte de barrissement “nasal-caoutchouté” rapide, avec quelque chose de bébé-éléphant).  En gesticulant des pieds, il m’a lancé: “En poésie tu capotes raide si t’es pas capable, à un moment donné, d’écrire neuf histoires plates de suite!”

Il a tout de suite fait une pirouette en l’air et il a disparu en courant à l’envers sur ses pieds, la tête entre les jambes.

Je me suis levé, abasourdi: neuf de suite! Neuf! Et plates…

Un poète ne fait jamais de farces. Surtout des farces plates! Et encore moins neuf de suite.  Neuf!

C’était décourageant avant même de commencer.

Mais le Ticane avait fait pénétrer profondément la suggestion en moi, irrésistiblement,   Continue reading →

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