La Nuit des temps, une autre suite poétique, et comment elle s’est écrite

La Nuit des temps est un texte qui s’est « imposé » d’une traite, mot par mot, en état de transe consciente.

Le texte a été tapé à la machine à écrire dans les années 1970s, une machine à écrire mécanique portative verte, une petite Olivetti que je n’ai plus depuis longtemps.

À l’époque, je pratiquais intensivement le ha-tha yoga, de deux à cinq heures par jour – j’ai fait ça pendant un peu plus de cinq ans à partir de l’automne 1971 jusqu’à la fin de l’année 1976. Je n’ai jamais repris la pratique, mais je peux encore me tenir facilement sur la tête… Il y a peut-être un rapport entre la pratique du ha-tha yoga et la manière dont La Nuit des temps s’est rédigée.

Chaque mot que mes doigts tapaient sur la machine était une surprise, une invraisemblable surprise – souvent un choc – qui me tirait devant, et immédiatement le mot suivant surgissait, et je tapais, et c’était bientôt une phrase complète qui s’alignait, puis le point final, et un autre mot surgissait, une autre phrase commençait, etc., non-stop, rapidement, ça flânait pas – tout ça dans un état d’étonnement constant.

L’expérience a duré je ne pourrais dire combien de temps (à une heure avancée de l’après-midi) sinon le temps d’écrire la suite poétique que je vous présente.

Ceux ou celles qui connaissent ou ont connu ce genre d’expérience comprennent ce que je veux dire. À ceux ou celles qui ne connaissent pas ou n’ont pas connu une expérience du genre, c’est simple, je vous la souhaite.

Après la rédaction, je me sentais extrêmement bien, j’ai été silencieux pendant quelques heures, paisible et transparent. L’expérience est restée présente en ma mémoire depuis.

*

C’était en 1973 ou en 1974. Probablement en 1974, mais je ne retrouve pas de document pouvant m’indiquer la date exacte. Le manuscrit original est probablement dans les archives de la bibliothèque nationale du Québec à laquelle j’ai confié beaucoup de manuscrits dans le passé, ils y sont archivés sous un pseudonyme; mais j’habite maintenant dans le nord [pas le Grand, mais quand même], loin de la bibliothèque, je n’aime pas tellement la ville, etc.

*

La phrase centrale, la phrase-clé de la suite poétique, est: «C’était la nuit des temps».

J’ai placé cette phrase en exergue, quatrième verset, sous le titre du poème. On ne retrouve pas, littéralement, mot pour mot, cette phrase dans le poème. Elle contient, cependant, toute la substance du poème, à la manière d’une semence ou d’un potentiel, comme une sorte de mantra.

Tout le «message» du poème réside dans le fait qu’on y tente de me donner la clé émotive d’une réalité, celle du «c’était-la-nuit-des-temps». Essentiellement, c’est à-peu-près tout ce que je peux vraiment en dire.

*

Un poème, en soi, ne suffit pas, je veux dire qu’il ne faut pas se contenter de lire, ou d’avoir lu, un poème, ni même de l’avoir écrit: un poème est aussi un outil.

Un poème est un instrument d’exploration de la conscience (je vais poster quelque chose, éventuellement, sur ce que Juan Matus, entre autres, disait de la poésie – et il y a aussi tous les commentaires de Sri Aurobindo sur la poésie).

Il faut prendre le ou les passages qui nous touchent le plus, se concentrer, laisser le passage se promener en nous, le laisser aller chercher et agglomérer ce qu’il aimante, un peu comme on fait avec l’appât quand on va à la pêche.

Un poème est un support de connaissance, de découvertes, de croissance, d’ouverture de conscience. Il faut savoir s’en servir avec un certain respect, une sorte de gratitude, c’est un don – aussi biscornu, étrange, «incompréhensible» ou même outrancier, surprenant ou bizarre qu’il puisse sembler – mais il ne faut pas, il ne faut jamais hésiter à s’en servir – et garder à l’esprit que la pêche est beaucoup plus qu’un sport, c’est un art, et dans certains cas, un art de survie.

*

Après sa rédaction, le texte se présentait «pleine page», il n’était pas versifié. J’ai donné au texte (récemment) une forme versifiée qui convient bien au rythme du texte. J’ai apporté quelques corrections, pas beaucoup (avec ce genre de textes, on ose pas trop, à tort ou à raison).

Le sens du texte? Encore une fois, je ne saurais dire.

Le rythme de certains passages semble vouloir faire exploser la surface et imposer avec force une sorte de «sens» «pré-rationnel» (comment dire?).

La Nuit des temps est essentiellement l’expression d’une très, très puissante émotion, autonome, qui impose ses métaphores, ses images et tout le texte à la conscience.

Ce texte avait été publié en 1981, sous un pseudonyme, et sous le titre «La Nuit des temps». Cet ouvrage contenait d’autres textes entre lesquels le texte original de La Nuit des temps, divisé en tranches, était intercalé. J’ai rassemblé, réunifié ces tranches. Je considère aujourd’hui le livre publié en 1981, dont il me restait un exemplaire, comme étant mal, très mal organisé – il est probablement épuisé aujourd’hui, et c’est tant mieux. (Oui… C’est moi qui avait conçu l’organisation de l’ouvrage…)

La Nuit des temps est un poème puissamment induit par une force qui est venue s’imposer d’elle-même dans les métaphores, les rythmes, les images.

Bonne lecture.

Loup.

La Nuit des temps, version intégrale.

© Copyright 2009, 2010 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe ), cliquer

Les Enchantements de Mémoire   —   Sentiers d’Étoiles   —   Rasez les Cités  —   Électrodes   —   Vénus et la Mélancolie   —   Le Cycle du Scorpion   —   Le Cycle du Bélier   —   La Nuit des temps   —   La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide     –

Poèmes divers      —

La Toupie, la ballerine et le miel    —    La Fable du poème au fil de l’eau     –    La Colombe et la Brisure Éternité    –    La Licorne, poème venu d’une blancheur médiévale    –    Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble.    –    All café-terrasses are vistas on infinity. Let’s have coffee together.      —      Monologue de l’âme-soeur    –    Lettre d’eau ou J’ai assez vécu pour savoir combien j’ai voulu être ici      –     Le Miracle de l’Écrivain dans l’Donjon, comptine    —     Elle a trop bu de jus d’tortue, comptine      —      L’Origine en l’origine ressaque     —    Une barque pleurer, barque triste, papillon à voile. Koan      —      Le Sourcil de la Montagne     –     Shiva’s Gift to a Wolf       –      Shiva Bruisse       –      Dans mes cellules d’opale et de lune, Shiva Moon     –     Les Oiseaux qui fascinent. Crépuscule et fin d’été     —      Celle qui garde la rhubarbe sauvage     –     Le long d’une rivière nommée Sauvage     –     Rien n’est plus doux qu’un grand écueil où la folie enfin repose     –

Histoires, comptines et contes. En prose ou en versets libres. Parfois bizarres, parfois pas.

L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux  –   Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose   –  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis.   —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.  –  La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   –   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   –   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.   —   Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   –    Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac.  —   Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Jacques Renaud, ouvrages de fiction en ligne, des notes biographiques.

La Licorne et le Scribe. Nouvelle du temps d’avril.

Un coup bavant du Grand Avide ou Kafka aurait pu l’dire (inclassable et passablement outrancier).    –    Histoire de Loup-Garou, fragments décousus d’une chronique ancienne charcutée    —  Le scorpion à bicyclette, une histoire qui file, bigarre et loufoque.   —   Le Cliquetis de la Croquignole.     —     Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées. Une variante du Pied Piper de Grimm.    —   La soeur d’Absalon  ou Le ciel et l’enfer interdits aux comiques   –   L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison.  —    Lien vers des poèmes inclassables, conclassables, sans catégorille.

Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est autre.    —    Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages. Plus de 500 espèces de plantes en danger au Québec. Laissez la Vie Vivre!    –       Le vrai portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Le Ber : un chef-d’oeuvre d’art naïf.    —    Saint André : Dans notre coeur et notre esprit, le frère André l’a toujours été  –        Libérez Omar Kadhr    –      C’est le Train qui les a pas manqués    —     Un jour, la prison de verre et de fer volera d’elle-même en éclats    —

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