Un enfant naît, le pouce aux lèvres, les yeux conscients

Planet Blue, par Arcalan. Source : cliquer.

Planet Blue, par Arcalan. Source : cliquer.


 

Les corbeaux veillent et les dragons de la nature.
Un enfant naît, le pouce aux lèvres, les yeux conscients.
Dans sa main douce, le saphir bat.

Médite sur la roue qui engrène les heures,
médite sur l’amour,
médite,
médite sur la roue,
médite sur l’engreneuse,
médite sur les coeurs,
médite sur le fil infini qui coud tout,
médite sur l’azur et son fil qui coud tout.

L’enfant. L’enfant qui venge les oiseaux s’en vient.
L’enfant qui n’entend pas le néant. L’enfant.
Ne sous-estimez pas l’enfant qui vient: il est puissant.

C’est la substance dont ta peau vibre,
c’est l’azur encré d’or qui propage l’azur,
l’azur couvert de hardes,
l’azur maussade et gras
rempli de palmes
et de tabac,
l’azur plein de saphir,
de rôdeurs, d’entrelacs tailladants,
rempli de cris, rempli de fanatisme et de mépris,
de hauts-parleurs déments
qui crient, qui tuent les grands oiseaux,
qui tuent les hirondelles
en leur cassant le dos
avec leurs pelles.

L’enfant. L’enfant qui venge les oiseaux s’en vient.
L’enfant qui n’entend pas le néant. L’enfant.

L’émissaire est écartelé,
sensible aux souffles forts.

Sa belle tête de bouc comme une pastèque éclatée,
couronnée d’ail et de poils d’or pendouille, ensanglantée.

L’émissaire va mourir. Le roi est cloué.
C’est l’Ogre et l’Ogresse qui le torturent, ils tuent.
Demain vous marcherez, muets
sous la pluie homicide qui couvre l’horizon.

Les bardes sont morts.
Les bardes ont tué la liberté
puis ils sont morts,
avant les autres,
en tricotant des slogans.

L’exil est un soleil hors du temps.

C’est la fin.
Dans un instant, vous n’aurez plus la parole
et nul n’entendra plus
votre douleur
votre pardon
votre haine
ou votre gratitude.

L’azur attend
celui qui n’entend pas les hauts-parleurs,
celui qui n’entend pas
les fabriquants d’ordres collectifs et de malheurs.

L’enfant. L’enfant qui venge les oiseaux s’en vient.
L’enfant qui n’entend pas le néant. L’enfant.

L’aiguille rejetée
brille de tout son or,
c’est l’aiguille-tourmente,
celle qui tient en vie
mais il est interdit d’y toucher :
l’Ogre en mourrait, l’Ogresse aussi,
le tyran souffrirait, le tyran serait insulté.
Les tyrans sont toujours insultés,
ils n’arrêtent pas de le dire.
Ils crient: Taisez-vous! Ils crient: Marchez!
Ils crient : Suicidez-vous!  Ils crient: Avortez!   On a tué la Vie!    Viva la muerte!

L’azur attend
celui qui n’entend pas les hauts-parleurs
celui qui n’entend pas les hauts-parleurs
celui qui n’entendra jamais les hauts-parleurs
celui qui ne pourra jamais entendre les hauts-parleurs
parce que les hauts-parleurs ne disent rien.

L’enfant. L’enfant qui venge les oiseaux s’en vient.
L’enfant qui n’entend pas le néant. L’enfant.
Ne sous-estimez pas l’enfant qui vient: il est puissant.

Minuit.
Bruit d’écho.
Soyez très attentif.
L’enfant vient.

Les corbeaux veillent et les dragons de la nature.
Un enfant naît, le pouce aux lèvres, les yeux conscients.
Dans sa main douce, le saphir bat.

Paris, Pondycherry,  Montréal, Ottawa
1970 – 1992  —  2008


© Copyright 1970 2008 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


 

Saphir, par Arcalan. Source : cliquer.

Saphir, par Arcalan. Source : cliquer.


 

Comme une pincée d’or au milieu des ténèbres, la vie croissait

Dans son silence de soie brune, le loup-cervier     –     La branche qui parle et le loup-cervier

La Toupie, la Ballerine et le Miel     —    La pluie, de ses dents rondes et bleues   –     Le miracle de l’écrivain dans l’donjon (comptine miraculeuse à saveur médiévale)

La Colombe et la Brisure Éternité

La Toupie, la Ballerine et le Miel.    —    Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble.

Monologue de l’âme-soeur    —    Lettre d’eau ou J’ai assez vécu pour savoir combien j’ai voulu être ici    —      Vague de mémoire. Petit tableau d’été.      —   La Licorne, poème venu d’une blancheur médiévale

Du commencement à la fin ou L’Oupanishad de l’ Ignorance    —   From Beginning to End or The Ignorance Upanishad


 

Beaucoup de poèmes de Jacques Renaud ( Loup Kibiloki )


 

Jacques Renaud ( Loup Kibiloki ), ouvrages de fiction en ligne, novellas, nouvelles, des notes biographiques.


 

Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :    Plusieurs suites poétiques de Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )   –   Des poèmes à Shiva –   Des histoires, des comptines, des contes.  En prose ou en versets libres.  Parfois bizarres, parfois pas.


 

Suites poétiques, Loup Kibiloki ( Jacques Renaud )  :   Les Enchantements de Mémoire  – Sentiers d’Étoiles  –  Rasez les Cités  –  Électrodes  –  Vénus et la Mélancolie  –  Le Cycle du Scorpion  –  Le Cycle du Bélier  –  La Nuit des temps  –  La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide


 

Carlo Suarès :   Description des Lettres-Nombres selon Carlo Suarès (ce document pdf comprend aussi des tableaux simples des alphabets-nombres français, anglais, grec, hébreu), “suivi d’une courte esquisse d’une quaternité à explorer, ou :  J’aime les bardanes, ça parait, et c’est pas pour rien”.

Réception à la table des nombres

Edith Piaf censurée au Québec : l’origine védique du mot et du concept de «Dieu»

Le Règne de la quantité et les signes des temps de René Guénon  –   Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est autre.  –    Gurdjieff, Ouspensky, Jung : On comprend vraiment ce qu’on lit? Ce qu’on écrit? Ce qu’on dit?..  – Gurdjieff, Ouspensky, Jung : Do we know how to read? Understand what we write? What we say?  –


 

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