Sur la plage immaculée du matin sauvage.

Étoile désintégrée par un trou noir - sa mémoire lui survit-elle? Je penses que oui...

Représentation, à partir d’une photo, de la désintégration d’une étoile par un trou noir et de l’évolution graduelle de cette désintégration de l’étoile. En se désintégrant, l’étoile se transforme élégamment en une sorte de main comme pour recueillir le fruit noir et rond qui veut lui-même l’absorber dans le vortex de sa gravité …   — Lien sur l’image.

D’où venons-nous? La masse des mémoires de l’étoile et de ses satellites leur survit-elle?

Je penses que oui. Comme celles de tous les évènements de notre système solaire. Comme celles de la Terre.

Les mémoires de la Terre, à certaines époques personnelles, ou collectives, ou galactiques, ou toutes ensembles, semblent faire pression en nous pour… Pourquoi? Pour examiner quelque chose, pour apprendre quelque chose, pour se rappeler quelque chose ? …

Ces mémoires glissent, filent, nous font rire ou pleurer ou nous plongent dans un silence d’une gravité sans fond, on ne comprend pas toujours, ces mémoires peuvent être massives, et il est bon d’écouter attentivement le vent qui parfois adoucit l’assaut, qui sait expliquer si on sait entendre – mais il n’y a pas que le vent qui raconte ou qui ouvre les écluses métaphoriques des mémoires …

Les temps peuvent glisser massivement devant nous, autour de nous, sous nos pieds…

On peut méditer sur l’aube.

On peut méditer sur le faon, immobile, dans l’aube, comme en un nirvâna, qui semble tout ré-écrire, sans bouger.  Le fawn, le faune, la faune …

Nike, tableau de Miki Mochizuka (

Nike, tableau de Miki Mochizuka (“Ito”) – 2007. Lien vers la source sur l’image.

Sur la plage immaculée du matin sauvage
des chants viennent à nous en hurlant
comme du fond de trous noirs surpeuplés.

Des chants du fond des temps,
profonds, mystérieux comme des bouches de cavernes,
vertigineux comme des gorges dont le fond fuit sans fin
dans du mystère, de la nuit, de la mémoire,
bouleversés,
bousculés
massivement
massivement déplacés
par d’invisibles et gigantesques torrents torturés d’espace-temps.

Ils viennent à nous comme des craquements d’ormes coupés
qui font éclater de force la douleur des larmes dans les prunelles
parce que leurs os pleins de sève crient quand ils tombent comme des éléphants,
des grands enfants,
en s’assommant dans le béton,
parce qu’ils crient comme des mémoires d’enfants
qui crient qui crient sous le béton comme des miroirs d’enfants
qui crient comme des enfants coupés qui crient dans la vitre, dans les miroirs éclatés, coupés, sillonnés de sang.

Des chants dont les formes et les sons fuient sans fin,
des chants qu’on poursuit, sans fin,
des chants qu’on poursuivra sans fin
et que le coeur longuement raffine
dans le silence de ses battements,
dans le silence de ses sources,
dans les tranquillités lumineuses des incontournables maturations.

Chants déchirants des coeurs et des corps déplacés
chants terrifiants des coeurs et des corps torturés
chants des étoiles et chants des comètes éclatées
chants des anges qui montent, chants des anges tombés

chants des coqs saignés, chants d’éveil et de pitié
chants de compassion naissante, chants de naissance à l’infini
chants d’amour, de déraison, de démence sans fond
chants des brutes armées, bardées de graisse, de stéroïdes et de kevlar
chants sanguinaires
chants cruels
chants de bonté
chants tendres des tranquillités
chants des famines, chants des espaces gorgés de blé
chants des prairies de seigle
chants des prairies mortes, asséchées
chants des grachias, de la molène, de la survie et des fées
chants des routines, des catastrophes et des naissances inattendues
chants des matins bombardés, chants des midis qui saignent
chants des routines, chants des vivants et des morts
chants des nuits d’épouvante
chants des enfants survivants
chants des pardons et des vengeances
chants des ruelles esseulées, brûlantes et bétonnées des cités
chants dans les chambres sales
chants des allées puantes
chants des grands vêtements rougissants des soleils qui tombent
chants qui s’enfoncent dans les angoisses noires
chants que parcourt en silence
la tendresse infinie de la douceur d’un faon
immobile comme un nirvâna dans l’aube,
et du museau duquel,
comme d’un point noir et vierge,
le destin de tout se ré-écrit d’un coup
sur la plage immaculée du matin sauvage.

© Copyright 1987, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer

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