Rien n’est plus doux qu’un grand écueil où la folie enfin repose

Amérocal. Libre, sauvage.

L’hémérocalle (“amérocalle”). Belle, libre, sauvage, sociable, contemplable. Lien sur l’image.  (Ah : et comestible..)

Bergers de l’infini,
attelez à vos coeurs
les puissances sauvages
qui avancent comme des chats
et qui dansent et qui frôlent
et qui guident nos pas.

Bergers de l’infini,
en cet instant de lynx
où l’errance amoncelle
les éclats d’étincelles
qui obstruent nos prunelles,
pénétrez plus avant
d’une coupe plus belle
dans la chair éternelle
qui revient nous vêtir.

Pâtres des prés sauvages,
des plantes archaïques,
amants des vigneraies, des sources et des bardanes
des rosiers, des forêts, des pierres et des campagnes,
voluptueux de coeur,
embraseurs des offrandes,
nous dévasterons
les jardins d’artifices
et nous verrons revenir
les plantes par milliers
dans des jardins sauvages
caressés de soleil et battus par le vent,
des jardins qui frissonnent comme des flots d’enfants.

Tu viendras boire à l’eau parlante aux bords des grands ruisseaux.

Ce sont ces eaux parlantes où parle le Bon Dieu.

D’une terreur aux prunelles des morts
vous reconnaîtrez mon absence,
lions des berges, loups des hauteurs,
châtoyants d’or et de lune et filant
dans l’éblouissant battement du coeur fidèle.

Dans les crinières ignées des princesses
tourne un cerceau qui s’ouvre et siffle
comme une spirale.

Je vous ferai porter la rivière et le feu
jusqu’aux confins de mon domaine
et vous incendierez dans les jungles urbaines.

Par la crue foraine
qui tremble sous la lune,
bondis, roi des espaces
et protecteur du temps.

Ta beauté roussie d’or
lie les muscles
aux rivières
et les fait déborder
dans les temples mangés
par la plaine et les plantes,
les insectes et les blés,
les souris, le temps vert, les couleuvres rayées,
les marmottes, les mulots, l’assaut des loups-cerviers
le pas noir et profond des racines qui marchent
et enlacent lentement les lots et les cités.

De ces temples du temps,
tu brûles de rugir
comme un son de clairon
dans l’ozone du rêve.

L’amour en toi fonde la puissance.

Immobile près des eaux limoneuses du Nil,
tu regardes
et rien ne vient troubler l’immanence des palmes.

Tu épouseras la transparence
du vent très doux des délivrances.

Tu veilleras dans ton sommeil
jusqu’aux printemps déraisonnables
et tu broieras d’un coup de patte
la tête morte des bestiaux.

Vive est la veine des préaux,
le coeur gonflé de tes présages.

Ne laisse échapper au naufrage
que la sagesse des grands coeurs.

Il n’est jamais trop tard
au bord du temps dans les roseaux.

Le courbe espace que tu fends
ravive des prunelles et ranime du temps.

Lion des jungles du milieu,
monstre marqué de rousseurs fauves,
monte d’un pied leste et pesant
les hauts degrés des fins de temps.

Tu reposeras, lumineux, musical et conscient
dans le sommeil éveillé du déploiement des luxuriances,
dans la puissance du chiendent, la féminité crue des hémérocalles,
dans les pissenlits chauds, l’oseille, l’aster et les étoiles.

Rien n’est plus doux qu’un grand écueil
où la folie enfin repose.

1975 – 2009

© Copyright 1975, 2009 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe ), cliquer

Les Enchantements de Mémoire   —   Sentiers d’Étoiles   —   Rasez les Cités  —   Électrodes   —   Vénus et la Mélancolie   —   Le Cycle du Scorpion   —   Le Cycle du Bélier   —   La Nuit des temps   —   La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide     –

Poèmes divers      —

La Toupie, la ballerine et le miel    —    La Fable du poème au fil de l’eau     –    La Colombe et la Brisure Éternité    –   Toutes les terrasses du monde s’ouvrent sur l’infini. On va prendre un café ensemble.     –    All café-terrasses are vistas on infinity. Let’s have coffee together.      —      Monologue de l’âme-soeur     –     Lettre d’eau ou J’ai assez vécu pour savoir combien j’ai voulu être ici      –     Le Miracle de l’Écrivain dans l’Donjon, comptine     —      Elle a trop bu de jus d’tortue, comptine       —      L’Origine en l’origine ressaque      —     Une barque pleurer, barque triste, papillon à voile. Koan      —      La Licorne, poème venu d’une blancheur médiévale       –      Les Oiseaux qui fascinent. Crépuscule et fin d’été        —        Celle qui garde la rhubarbe sauvage     –     Le long d’une rivière nommée Sauvage     –     Rien n’est plus doux qu’un grand écueil où la folie enfin repose     –   Trois poèmes à Shiva and one poem to Shiva     —

Histoires, comptines et contes. En prose ou en versets libres. Parfois bizarres, parfois pas.

L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux      –       Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose     –     La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis.     —     La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

La Licorne et le Scribe. Nouvelle du temps d’avril.

Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.  –  La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   –   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   –   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.   —   Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   –    Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac.  —   Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Jacques Renaud, ouvrages de fiction en ligne, des notes biographiques.     —

Un coup bavant du Grand Avide ou Kafka aurait pu l’dire (inclassable et passablement outrancier).    –    Histoire de Loup-Garou, fragments décousus d’une chronique ancienne charcutée    —  Le scorpion à bicyclette, une histoire qui file, bigarre et loufoque.   —   Le Cliquetis de la Croquignole.     —     Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées. Une variante du Pied Piper de Grimm.    —   La soeur d’Absalon  ou Le ciel et l’enfer interdits aux comiques   –   L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison.  —    Lien vers des poèmes inclassables, conclassables, sans catégorille.

Rimbaud, le Bateau ivre, et un « lapsus-coquille » : Je est autre.    —    Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages. Plus de 500 espèces de plantes en danger au Québec. Laissez la Vie Vivre!    –       Le vrai portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Le Ber : un chef-d’oeuvre d’art naïf.    —    Saint André : Dans notre coeur et notre esprit, le frère André l’a toujours été  –        Libérez Omar Kadhr    –      C’est le Train qui les a pas manqués    —     Un jour, la prison de verre et de fer volera d’elle-même en éclats    —

Amérocale - lien sur l'image

Hémérocalle – lien sur l’image

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