Le pacifisme béat, le bellicisme hurlant, le cynisme bonhomme des leaderships

«  Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-même peut s’accorder. L’harmonie du monde est par tensions opposées, comme pour la lyre et pour l’arc. » —  Héraclite, Fragment 51 (pdf). Source : Philoctetes

Le pacifisme béat entre toujours, un jour ou l’autre, en collision mortelle avec le bellicisme hurlant. Les deux s’attirent inexorablement.

Les leaders politiques qui l’ignorent – ou qui se complaisent criminellement à l’ignorer – le font aux dépens des populations qu’ils maintiennent psychologiquement et matériellement dans une vulnérabilité totale, et ils le font souvent cyniquement, sciemment, avec des belles chansons, un beau sourire, des discours fort émouvants, des stratégies électorales en circuit fermé, des campagnes infantilisantes contre les armes à feu.


 

Il m’arrive parfois de penser que si la masse des Québécois connaissait suffisamment l’anglais pour savoir à quoi s’en tenir sur l’opinion générale qui la concerne intimement, vitalement, existentiellement, non seulement l’indépendance du Québec serait-elle réalisée depuis longtemps, mais le Québec serait une véritable République de citoyens pacifiques, solidaires, armés, responsables, et respectés. Une société libre, multi-ethnique, multi-religieuse. Un véritable Québec libre. Pas d’obsession ou de campagnes idéologiques de “métissage”, mais pas d’obsession idéologique de “race pure” ou “d’ethnie pure” non plus.  Maturité.  Liberté.  Ce ne serait pas une société belliciste, mais ce serait une société à laquelle on n’oserait pas, on n’oserait plus jamais, toucher.

Autoroute A1 Paris-Lille. Source : cliquer sur l'illustration. Photo Pascal Lando.

Autoroute A1 Paris-Lille. Source : cliquer sur l’illustration. Photo Pascal Lando.

Les Québécois sont collectivement vulnérables comme des tomates mûres sur une autoroute par un beau dimanche d’avril ensoleillé.  (Et ce n’est pas la seule société comme ça.)

C’est culturel et cultivé par les élites, ça doit changer, mais les autorités médiatiques et politiques ne font rien pour le suggérer, et encore moins pour y parvenir.

C’est sans doute la raison profonde pour laquelle, je n’ai jamais, de ma vie, voté souverainiste à des élections québécoises. Je le réalise aujourd’hui en y pensant. Et ce sont surtout les circonstances “qui ont fait que”, comme si “on” me traçait, à mon insu, un chemin conforme à des “dispositions” profondes mais pas très consciemment formulées. Une dissidence de fond. Ou plutôt : je n’ai jamais voté Parti Québécois, même si pendant un temps j’ai possédé une carte de membre – que je n’ai jamais renouvelée (je n’ai jamais, non plus, voté pour le Parti Libéral).  J’ai commencé à très sérieusement décrocher de cette sorte de faux “fédéralisme” à l’européenne (mais en pire: à rebours —  le Québec est une province, pas un État indépendant), et qu’on appelle la “souveraineté-association”, quand le fondateur du Parti Québécois et père de la S.A., René Lévesque, a chassé des rangs du P.Q. ce grand tribun parfois génial, ce grand tribun de l’indépendance tout-court, qu’était Pierre Bourgault.

René Lévesque et Le Parti Québécois ont étouffé le mouvement indépendantiste québécois.

Je n’ai jamais voté pour la S.A. du P.Q.  (D’ailleurs, “voter” ne me dit plus grand’chose depuis maintenant des années.)

Curieux.  C’est arrivé “comme ça”.  Pas très consciemment au début.  Avec conscientisation au fur des années.

Je réalise que j’ai toujours voté “marginal”, disons, (les fois où j’ai voté..), comme voter pour un tiers parti auquel seul un système électoral proportionnel pouvait, ou pourrait rendre justice en donnant députation et représentation à des préoccupations légitimes que la culture “classique” massemédiatique et politique étouffe en levant le nez, en rêvassant, en persifflant, en faisant parfois du hi! hi!, parfois du hon! hon!, en agitant ses grandes baguettes morales, en faisant semblant que..

Ce déni semble leur procurer du confort.

Moi, il m’a toujours rendu inconfortable.

*

Le “racisme” anti-amérindien, anti-franco-indien, anti-canadien-français, anti-franco-québécois, bref, anti-French, (“Métis” a longtemps été synonyme de “French” en Amérique anglo) se perpétue au Canada, bon an mal an, depuis plus de deux siècles. Parfois, les massemédias québécois laissent chichement transparaître ce phénomène infect.  Il faut lire le fait divers suivant en ayant à l’esprit que c’est ainsi depuis, encore une fois, plus de deux siècles :

[ début ]

Canada, Colombie Britannique (Côte Ouest, sur le Pacifique) : La Ville d’Oliver embauche une francophone pour apaiser les tensions

Mis à jour sur le site de Radio-Canada vendredi 10 mai 2013 à 13 h 45 HAE

Cerises__Cherries__01La Ville d’Oliver, en Colombie-Britannique, a embauché une agente francophone chargée d’appliquer les règlements municipaux, afin d’apaiser les tensions entre ses citoyens et les cueilleurs de fruits québécois.

Marie Roberge qui a grandi au Québec, mais vit à Oliver depuis 10 ans, est en poste depuis cette semaine. « Je crois que les résidents locaux n’arrivent pas à comprendre la vie des cueilleurs. Ils les jugent donc », note-t-elle.

Dans une lettre publiée par un journal local, une personne a écrit que les cueilleurs québécois « polluaient les plages avec du tabac, de la marijuana et du bruit ».

Près de 1000 résidents du Québec se rendent dans l’Okanagan chaque printemps et été  pour y travailler, et certains d’entre eux affirment avoir été victimes de discrimination. « Les gens nous regardent comme si nous n’étions pas propres, parce que nous n’avons pas de douches. Ils nous disent : “trouvez-vous du boulot!” », témoigne Juan Cuevias.

Mme Roberge espère que son nouveau rôle aidera à changer les mentalités. « Je veux juste donner une meilleure image des Québécois à tout le monde dans la ville », dit-elle.

[ fin ]

Je disais, plus haut, « depuis plus de deux siècles » ;  extrait de La Constellation du Bouc Émissaire  publié en 1993 :

[ début de l’extrait ]

Bouc_emissaire_scapegoat_arrowsL’idée d’un “fait français pernicieux” fait ou refait surface depuis quelques années [publié en 1993]. Un “fait français pernicieux” pour le Canada. Un “fait français pernicieux” qui le serait par essence. Un exemple parmi d’autres : The Trouble with Canada de William Gairdner.

William Gairdner, l’un des orateurs et inspirateurs du Reform Party et ami personnel du leader de ce parti, Preston Manning, dit de la clause dérogatoire, dans son best-seller The Trouble with Canada : «Cette clause… illustre l’action corrosive exercée par le style français (French style) de gouvernement sur le style anglais de gouvernement, car cette clause permet au gouvernement de suspendre les droits des gens.» (The Trouble with Canada, William D. Gairdner, Stoddart, Toronto, Canada, 1990; Looking for a word to describe Québec?  “Separate” might work, Frank Howard, The Ottawa Citizen, 8 septembre 1991.)

[ L’affirmation de Gairdner est non seulement énorme, elle est factuellement et historiquement fausse. Il est évident que l’establishment anglo-canadien, entre autres à partir de 1960 sous les Conservateurs de John Diefenbaker, a été l’initiateur de l’introduction du pouvoir dérogatoire au Canada. Voici un extrait de Canada, Québec, Ontario : un proto-totalitarisme souterrain persistant :

« Le pouvoir dérogatoire canadien est constitutionnalisé depuis 1982 mais, en fait, ce principe totalitaire du pouvoir dérogatoire a été systématiquement intro­duit au Canada, dans la plupart des codes de droits, depuis une cinquantaine d’an­nées. Ce qui signifie que l’intention et la planification existaient bien avant l’introduction ou l’adoption de ce pouvoir dans les codes de «droits», c’est-à-dire bien avant 1960.

« D’abord dans la Déclaration canadienne des droits, Canadian Bill of Rights (1960; lire l’article 2) ; puis dans le Ontario Human Rights Code (1962; read article 47)  – Code des droits de la personne de l’Ontario (1962; lire l’article 47) ; dans le  Alberta Bill of Rights (bill introduit en 1972, lire l’article 2 ; ici, dans le  Alberta Human Rights Act , c’est l’article 1(1), tel qu’en vigueur en 2010 et tel que diffusé par le gouvernement albertain en 2013 ) ; dans la  Charte des droits et libertés de la personne, Québec (1975; lire l’article 52)Charter of Human Rights and Freedoms, Québec (1975; read article 52) ; dans  The Saskatchewan Human Rights Code (1979; lire l’article 44) ;  dans la Charte des droits et libertés du Canada (1982; lire l’article 33 en allant à la page 48)  (English text : Canadian Constitution Act, 1867-1982 (1982; go to page 47, read article 33) ) ; dans le Manitoba Human Rights Code, English et français (1987; lire l’article 58) ; dans le  Yukon Human Rights Act, Loi sur les droits de la personne (1987 ; lire l’article 39) ;  etc. ..  À retenir: quinze ans seulement s’écoulent entre la fin du régime nazi en 1945 et la première apparition du pouvoir dérogatoire à l’hitlérienne, en 1960, dans la Déclaration cana­dienne des droits (Canadian Bill of Rights)

« Il va de soi « que c’est bien avant 1960 que le projet d’introduire le pouvoir dérogatoire au Canada a été conçu, ce qui nous rapproche encore plus de 1945 – en fait, et très vraisemblablement, les racines du “projet” dateraient d’avant 1945 … » ]

L’équation de Gairdner suggère clairement l’assimilation de “French” à “anti-liberté”, à “faciste”, à “proto-totalitaire”, etc.

L’anthropologue René Girard écrit que le bouc émissaire est perçu comme «tellement consubstantiel à sa faute qu’on ne peut pas dissocier celle-ci de celui-là. Cette faute apparaît comme une espèce d’essence fantastique, un attribut ontologique». (Le bouc émissaire, René Girard, Grasset, Paris, 1982.)

Pour Gairdner, la clause dérogatoire est française. La faute est française. Aux yeux de cet auteur, il y a identité causale entre l’influence du fait français et la suspension des droits des gens.

C’est une affirmation tellement énorme qu’on se demande s’il vaut vraiment la peine de la relever.

Et pourtant si : c’est le genre d’affirmation qui, par la force de son énormité même, possède des vertus paralysantes, hypnotiques.

L’affirmation est évidemment énorme puisque, selon cette logique, c’est à une “influence pernicieuse du French style”, dont tout Acadien, Franco-Canadien ou Franco-Québécois est forcément porteur, qu’il faudrait attribuer des évènements comme la déportation des Acadiens en 1755; la concentration et la ségrégation des autochtones dans les réserves; la mise hors-la-loi des citoyens d’origine ukrainienne durant la Première Guerre mondiale; la répression des francophones en Ontario au début du siècle; l’incendie du collège franco-manitobain de Saint-Boniface par le Ku Klux Klan en 1922, entraînant la mort d’une dizaine d’enfants; l’abolition des droits constitutionnels des Franco-Manitobains au XIXe siècle; la destruction de la Nation Métis et la pendaison de son leader, Louis Riel, en 1885; l’imposition de la conscription au Québec durant les deux dernières guerres mondiales au mépris de la volonté démocratique, exprimée par plébicite, de la population du Québec; l’emprisonnement ou le harcèlement des Italo-Canadiens ou le pillage des biens de 22 000 citoyens canadiens d’origine japonaise et leur internement forcé durant la Deuxième Guerre mondiale; à la même époque, le refus brutal du gouvernement canadien, sous Mackenzie King, d’accueillir les réfugiés juifs en sol canadien, sachant que ce refus condamnait ces réfugiés à une mort certaine; l’imposition de quotas d’étudiants d’origine juive jusqu’à la fin des années 1950s par l’Université McGill, à Montréal, une université exclusivement anglaise à l’époque; etc.

En vertu de la logique “gairdnerienne”, toutes ces violations ou ces dénis de libertés et de droits fondamentaux, ces répressions calculées, intéressées, souvent brutales ou cruelles sous maints aspects, seraient attribuables à l’influence d’un pernicieux “style français” de gouvernement puisque ce style «permet de suspendre les droits des gens».

Il va sans dire que Gairdner ne cite aucun des faits que je viens d’énumérer comme exemples de l’influence du pernicieux “French style”… Ce que Gairdner affirme implique pourtant bel et bien que la présence des “French” au Canada en est responsable.

[ fin de l’extrait; extrait de La Constellation du Bouc Émissaire, publié en 1993. ]

Autoroute A1 Paris-Lille. Source : cliquer sur l'illustration. Photo Pascal Lando.

Autoroute A1 Paris-Lille. Source : cliquer sur l’illustration. Photo Pascal Lando.

© Copyright 2012 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe),  cliquer

Canada: Un totalitarisme souterrain persistant  –  Milgram, la torture, l’abîme de l’obéissance : les candidats sont légion  –  Le Règne de la quantité et les signes des temps de René Guénon  –   Edith Piaf censurée au Québec : les racines védiques du mot et du concept de «Dieu».  –   Gurdjieff, Ouspensky, Jung : On comprend vraiment ce qu’on lit? Ce qu’on écrit? Ce qu’on dit?..  –  Gurdjieff, Ouspensky, Jung : Do we know how to read? Understand what we write? What we say?  –  Ants, Fire, and the Lawnmower  –

2012 : On censure Edith Piaf et Dieu à Sorel. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud…  –  Édith Piaf et Dieu censurés au Québec : Bientôt Villon? Cendrars? …   –  Michel Onfray, Ollivier Dyens. Enfanter l’inhumain, l’idéal totalitaire de la ruche et de la termitière.  –

Canada : Pouvoir dérogatoire canadien et pouvoir dérogatoire hitlérien sont identiques  –   Montréal est une poudrière  –  Nos démocraties : Liberté ou soumission volontaire ?   –  Le petit x du vote : Acte de liberté ou Pacte de soumission ?  –  Avons-nous jamais vécu en démocratie? Pétitionne, trace ton x, cause toujours  –  Arrêtez de raser les parterres et de massacrer les plantes sauvages! Laissez la Vie Vivre!   –   Non à la pollution! Non à la Formule 1 à Montréal ou ailleurs dans le monde!   –  La terre tremble pendant des mois en 1663 au Canada. Des montagnes, des rivières, disparaissent   –

Was there an earthly paradise?  What was it?  Where was it? (Satprem and Mira Alfassa – the Mother)  – Sri Aurobindo : The Intermediate Zone  –  Invisible Person with Enormous Power: it starts with a “C”, as in “Corporation”, but it doesn’t end there…   –   Do you remember Chernobyl? Nuclear disaster contamination: apparently worse than previously thought  –  Waging Total Nuclear War against Humanity and Human Genes: Nuclear Radiation and Uranium 238 (DU)  –   Western leaders, western populations : awareness, massmedia control and censorship  –  –  Astounding 2009 Nobel Prize for Literature Joan de Blow never wrote a book!  She talks about Obama. (Satire.)  –   Safe-Haven US Currency – surfing on strangeness and naught – a bizarre, satori sort of poem


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