Voltaire, Nouvelle-France, Canada, Québec : Anéantir l’Acadie, et autres citations.

«Les sots admirent tout dans un auteur estimé.» – Voltaire.

Portrait de François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694–1778). Le tableau a été peint par Catherine Lusurier (vers 1753-1781), d’après le tableau de Nicolas de Largillière (1656-1746).

Cet article présente plusieurs exemples commentés de ce que Voltaire a dit sur le Canada, la Nouvelle-France, l’Acadie, l’Amérique du Nord (l’Amérindie).

Voltaire lui-même nous ouvre la porte en nous mettant en garde dans Candide«Les sots admirent tout dans un auteur estimé.»

Voltaire fait dire ça à un sénateur vénitien riche, hautain, blasé, dédaigneux, d’un égocentrisme infréquentable et pinçant, et pourtant plutôt lucide et peut-être pas aussi prétentieux qu’il y semble: Pococurante au chapitre XXV.

En passant, je recommande aux auteurs «estimés» de pas citer ce passage de Candide (en fait, je serais étonné qu’ils l’aient souvent cité …) :  c’est une citation du genre boomerang, pas bon pour le marketing, le marché du livre, les rentrées de droits d’auteur, ça risque de vous gruger des pans d’oeuvres et ça vous égratigne une vanité, ça vous empigeonne un monument, ça vous sape un prestige…


 

J’aime beaucoup le Voltaire de certaines oeuvres de fiction, surtout le Voltaire de Candide, et on trouve Candide au complet sur le blog, c’est pas pour rien, ça fait partie de mes «talismans».  On trouve aussi sa Prière à DieuCandide est un chef-d’oeuvre.  La Prière à Dieu de Voltaire est très belle, les premières phrases (la première, entre autres) en sont, à mon expérience, mantriques.  Cette très belle prière prouve qu’un individu pingre et  mesquin (et probablement pire que ça) peut écrire une très belle prière (en plus d’une novella qui traverse les siècles).  L’esprit souffle où il veut, quand il veut.  C’est pas tout le monde qui comprend ça.  On pourrait paraphraser Voltaire lui-même, et le vieux sénateur:  Les sots détestent tout dans un auteur détesté. Malheureusement.

Je connais moins les essais de Voltaire, ses traités, tout ce qu’on appelle ordinairement la «non-fiction» – mais suffisamment pour savoir que, sur le Canada, notamment dans sa correspondance, Voltaire était très souvent, trop souvent, dans le champ (trop souvent, ça en devient presque suspect, the lady doth protest too much, methinks),  —  et certains de ses propos sont littéralement, voire compulsivement, haineux, comme lorsqu’il souhaite l’anéantissement des Acadiens – en tout cas de l’Acadie.

Buste de Voltaire par Jean-François Houdon, marbre blanc,1778. Image: National Gallery of Art, Washington, D.C.

Parfois, les propos de François-Marie sont ceux d’un poussiéreux comptable petit-bourgeois – ou d’un marchand, ou d’un homme de pouvoir : «Le Canada coûtait beaucoup, et rapportait très peu.» Tout parent peut dire exactement la même chose de ses enfants, c’est pas une raison pour vouloir les vendre à William Pitt (comme on peut le lire plus bas).

Chose certaine, ce qui va suivre, de Voltaire, est certainement pas toujours «estimable» et souvent d’une frappante, étonnante mesquinerie.

Le texte [entre crochets], qu’on trouve parfois intercalé dans le texte des extraits de Voltaire, sont des commentaires personnels (de moi, Loup K.).

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Le territoire «franco-indien» d’Amérique du Nord est en bleu. Carte de la Nouvelle-France et du Canada avant 1763, l’année du Traité de Paris qui cédait le Canada à l’Angleterre. Source: Wikipedia, article «Nouvelle-France».

Voltaire sur le Canada – 1 :

L’Acadie semble être une obsession chez Voltaire. Ici, Voltaire exprime haine et cruauté à l’endroit de l’Acadie. Ce qu’il écrit (cité plus bas) daterait du 29 janvier 1756. C’est dans une lettre à François Tronchin, propriétaire du château des Délices, près de Genève, où Voltaire habita entre 1755 et 1758.

Voltaire se réfère, dans sa lettre, au tremblement de terre qui détruisit Lisbonne, la capitale portuguaise, le premier novembre 1755. En lisant l’extrait de la lettre de Voltaire, il faut retenir que 1755 (juillet 1755), c’est aussi l’année même de la déportation massive des Acadiens par les Britanniques, ce que Voltaire ne pouvait ignorer en janvier 1756.

Source de la lettre: The Voltaire Foundation, The complete works of Voltaire, vol. 101, Correspondance XVII, 1968, lettre D6708.

Voici ce qu’écrit Voltaire à François Tronchin en janvier 1756 :

«La guerre est donc sérieuse. Je voudrais que le tremblement de terre eût englouti cette misérable Acadie plutôt que Lisbonne et Méquines.»

Voltaire ne pouvait vraisemblablement plus ignorer, en janvier 1756, la Déportation des Acadiens de juillet 1755. Voici un résumé et un aperçu de cette déportation:

« Charles Lawrence décréta la déportation des Acadiens au mois de juillet 1755. La Déportation des Acadiens, ou le Grand Dérangement comme l’appellent les Acadiens, est une expression utilisée pour désigner l’expropriation massive et la déportation des Acadiens, peuple francophone d’Amérique, lors de la prise de possession par les Britanniques d’une partie des anciennes colonies françaises en Amérique. La déportation des Acadiens constitue une opération de nettoyage ethnique de grande envergure, compte tenu de la démographie de l’époque, puisqu’elle a transformé la composition de la population de trois provinces canadiennes, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick.» (Source: Déportation des Acadiens, Wiki.)

Ce que nous dit Voltaire, c’est que le nettoyage ethnique du Grand Dérangement ne suffisait pas : pour combler cette étonnante et puissante ombre de haine et de sadisme chez Voltaire, il eut fallu que les Acadiens et les Amérindiens des territoires acadiens soient anéantis. Réécrire le Traité sur la Tolérance

Voltaire sur le Canada – 2 :

Il s’agit, cette fois, de l’extrait d’une lettre à François-Augustin de Paradis de Moncrif (1687-1770), datée du 27 mars 1757, et écrite à Monrion. Même source que la lettre précédente adressée à François Tronchin: The Voltaire Foundation, The complete works of Voltaire, vol. 101, Correspondance XVII, 1968, lettre D7215.

La lettre, à mes yeux, est très révélatrice du tempéramment de Voltaire. On sent le persifflage en filigrane, un certain infantilisme, le ton de supériorité – mais un ton affecté, donc une douleur sous-jacente – le p’tit doigt en l’air, un mépris à peine retenu pour son correspondant, un peu comme s’il disait : «Mon cher François-Augustin, c’est avec plaisir que j’vous écris une lettre pour vous faire chier, ça m’tente; sachez que je suis plus heureux qu’vous, na! vous allez voir »

Voici l’extrait de la lettre de Voltaire (je n’ai pu m’empêcher d’intercaller mes commentaires entre [crochets], sur le même ton que Voltaire … ) :

« … Je suis histrion l’hiver à Lausanne et je réussis dans les rôles de vieillard, je suis jardinier au printemps, à Mes Délices près de Genève, dans un climat plus méridional que le vôtre [Ça vous frustre, hein? J’aime ça.]. Je vois de mon lit le lac, le Rhône et une autre rivière [Je mange ma banane tout nu, et pas vous, na!]. Avez-vous mon cher confrère un plus bel aspect ? [Non, hein? Je suis privilégié, et pas vous, je suis plus heureux que vous, re-na!] Avez-vous des tulipes au mois de mars ? [Non, hein? J’adore me comparer en vous crachettant galamment quelques gouttelettes d’encre au visage, je me sens vivre quand j’fais ça, ha!] Avec cela on barbouille de la philosophie et de l’histoire, on se moque des sottises du genre humain [je n’ai pas le temps de me moquer des miennes], et de la charlatanerie de nos physiciens qui croient avoir mesuré la Terre, et de ceux qui passent pour des hommes profonds parce qu’ils ont dit qu’on fait des anguilles avec de la pâte aigre. On plaint ce pauvre genre humain qui s’égorge dans notre continent à propos de quelques arpents de glace en Canada. On est libre comme l’air depuis le matin jusqu’au soir. Mes vergers, mes vignes et moi nous ne devons rien à personne … [La propriété privée est établie sur un vol originel dont je profite sereinement, et ne venez pas me dire que mon ton chiant camoufle une amertume insurmontable dont je ne vous dirai pas la source, et une invraisemblable impuissance à l’insight, ta ta ta]. »

Voltaire sur le Canada – 3 :

Maintenant, l’extrait de Candide sur les fameux arpents froids. («Candide», du latin candidus : «blanc».)

On en a fait un plat. Un plat qui s’mange froid, etc. … Pas vraiment de quoi faire un plat, à mes yeux, il y a pire chez Voltaire, mais la citation exprime la récurente obsession de Voltaire. On dit de la novella Candide qu’elle fut écrite en 1758. Elle fut publiée en 1759. L’année 1759 est aussi celle de la chute de la Ville de Québec (synchronicité?), ce qui a dû remplir de bile dorée le foie de Voltaire.

Voltaire place l’allusion aux fameux «arpents de neige» dans la bouche du personnage de Martin au chapitre XXIII (23), intitulé «Candide et Martin vont sur les côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voient».

Voici l’extrait:

— Vous connaissez l’Angleterre; y est-on aussi fou qu’en France?
— C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut. De vous dire précisément s’il y a plus de gens à lier dans un pays que dans un autre, c’est ce que mes faibles lumières ne me permettent pas; je sais seulement qu’en général les gens que nous allons voir sont fort atrabilaires.

[ Note de Loup K. : «atrabilaire», c’est synonyme d’irascible, d’inquiet, de taciturne, maussade, misanthrope, de bilieux, coléreux, acariâtre, éteignoir – et, par extension: puritain, gâcheux d’party, face de beu, etc.; je sais, j’ai l’air d’en mettre et de pousser, mais «atrabilaire», c’est «atrabilaire» (c’est comme ça depuis le XVIe siècle, parait), et c’est pas moi qui le dit, c’est Voltaire, et je suis, dans l’ensemble, plutôt d’accord avec lui là-dessus, quoique j’en ai connu, dans ma vie, au Canada, un bon nombre qui s’était tout de même fortement désatrabilairisé, ce qui est admirable, il faut en convenir, ça nous a permis, à nous les French, d’souffler un peu pour un moment, en attendant qu’ils se franco-indianisent pour de bon, on peut rêver …]

L’extrait qui précède est l’un des plus connus de Voltaire, sinon le plus connu, au Canada, au Québec, en Acadie, etc., à cause de la notoriété et de la popularité de cette extraordinaire novella qu’est Candide. Quand on cite le «passage des arpents», qu’on trouve dans Candide, on ne cite pas le passage qui suit immédiatement (reproduit plus bas), le passage où un amiral britannique est exécuté de quatre fois trois balles dans la tête (douze balles! pour une tête, typiquement «candidien») par les Britanniques eux-mêmes. Autre explication typiquement «candidienne» de Martin : « … dans ce pays-ci il est bon de tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres.» Voilà.

En fait, Voltaire, par la bouche de Candide, pose, dans l’extrait mentionné, et qui suit, une question fondamentale: «…quel démon exerce partout son empire?» C’est la question. Élément de réponse (de moi) à Candide – ou plutôt à Voltaire: ce démon, c’est le même démon qui t’inspire la haine anéantissante de l’Acadie.  Évidemment.  Le royaume de ce démon, ce dernier l’a établi dans nos systèmes nerveux (ou nos âmes humaines), le problème est là, et son influence traverse le coeur de l’être humain, et la solution réside au même endroit, dans le coeur, mais plus profond encore. (Tout Candide est une sorte de cri. On y revient plus bas, Voltaire sur le Canada – 7, à propos du nom «Pangloss», le nom du précepteur de Candide.)  On poursuit l’extrait :

En causant ainsi ils abordèrent à Portsmouth; une multitude de peuple couvrait le rivage, et regardait attentivement un assez gros homme qui était à genoux, les yeux bandés, sur le tillac d’un des vaisseaux de la flotte; quatre soldats, postés vis-à-vis de cet homme, lui tirèrent chacun trois balles dans le crâne, le plus paisiblement du monde; et toute l’assemblée s’en retourna extrêmement satisfaite.

«Qu’est-ce donc que tout ceci? dit Candide; et quel démon exerce partout son empire?»

Il demanda qui était ce gros homme qu’on venait de tuer en cérémonie.

«C’est un amiral, lui répondit-on.
— Et pourquoi tuer cet amiral?
— C’est, lui dit-on, parce qu’il n’a pas fait tuer assez de monde; il a livré un combat à un amiral français, et on a trouvé qu’il n’était pas assez près de lui.
— Mais, dit Candide, l’amiral français était aussi loin de l’amiral anglais que celui-ci l’était de l’autre!
— Cela est incontestable, lui répliqua-t-on; mais dans ce pays-ci il est bon de tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres

Candide fut si étourdi et si choqué de ce qu’il voyait et de ce qu’il entendait, qu’il ne voulut pas seulement mettre pied à terre, et qu’il fit son marché avec le patron hollandais (dût-il le voler comme celui de Surinam), pour le conduire sans délai à Venise.

Fin de l’extrait.

Voltaire sur le Canada – 4 :

On avise Voltaire, dans une lettre datée de Versailles le 12 octobre 1760, que dorénavant il devra se procurer ses fourrures chez les Anglais. Montréal est occupée le 8 septembre 1760, près d’un an après la capitulation de Québec le 18 septembre 1759. Notez qu’il aurait suffit d’environ un mois (ça me semble court) entre la chute de Montréal et l’arrivée de cette nouvelle en Europe et à Versailles : la lettre de Choiseul est datée du 12 octobre 1760 – Montréal est occupée le 8 septembre précédent.

La lettre est adressée à Voltaire par le duc Étienne François de Choiseul (1719-1785), secrétaire d’État aux Affaires étrangères de Louis XV. Voltaire entretenait une correspondance avec les responsables du gouvernement français. La lettre de Choiseul est une expression d’humour? Peut-être. Peut-être pas. Chose certaine, Voltaire pouvait se payer des fourrures (il était donc riche), même si, apparemment, si on l’en croit, il n’en avait pas besoin aux Délices (voir plus haut, sa lettre chiante à Moncrif et son allusion au climat plus méridional que le climat que Moncrif connait). Extrait de la lettre de Choiseul :

« … J’ai appris que nous avons perdu Montréal et par conséquent tout le Canada. Si vous comptiez sur nous pour les fourrures de cet hiver, je vous avertis que c’est aux Anglais qu’il faut vous adresser. »

C’est mineur. Mettons. Poursuivons.

Voltaire sur le Canada – 5 :

Ici, ça date de 1760. C’est une lettre adressée par Voltaire au marquis Bernard Louis de Chauvelin (1716-1773) et datée du 3 novembre 1760, écrite aux Délices, la propriété que Voltaire habitait près de Genève, en Suisse, et qui appartenait à François Tronchin (voir plus haut). Source : The Voltaire Foundation, The complete works of Voltaire, vol. 106, Correspondance XXII, 1968, lettre D9378. Voici ce qu’écrit Voltaire :

« Si j’osais, je vous conjurerais à genoux  [c’est vaiment compulsif, chez Voltaire, obsessif, ça tient de l’obséquieux, voire du rituelde débarrasser pour jamais du Canada le ministère de la France. Si vous le perdez, vous ne perdez presque rien ; si vous voulez qu’on vous le rende, on ne vous rend qu’une cause éternelle de guerre et d’humiliation [ce qui n’est évidemment pas le cas de l’Europe …]. Songez que les Anglais sont au moins cinquante contre un dans l’Amérique septentrionale. »

Le territoire «franco-indien» est en bleu. Carte de la Nouvelle-France et du Canada avant 1763, l’année du Traité de Paris qui cédait le Canada à l’Angleterre. Source: Wikipedia, article «Nouvelle-France».

Cette dernière phrase implique, dans la mesure où l’argument voltairien a un sens, qu’un Franco-Indien valait cinquante Anglais  —  en effet, depuis le temps que les franco-indiens tenaient le coup en Louisiane, en Nouvelle-France, au Canada, et ce en dépit des «voltairiens», de William Pitt, et de cycles de négligence, parfois d’impuissance, des autorités françaises de la métropole.  Mais ne nous abusons pas nous-mêmes: dans un sens ou dans l’autre, ce genre d’argument exprime des ordres de grandeur, — mettons, tonguinne tchîq, intuitifs…  —  Soyons modeste : on était meilleur

Il faut noter, en tout cas, que Voltaire ignorait tout de,  —  ou n’avait rien compris aux alliances franco-indiennes qui se tissaient à l’échelle de l’Amérindie nord-américaine depuis la fondation de l’Acadie en 1604 à l’Ile Sainte-Croix, puis à Port-Royal, et encore plus à partir de la fondation de Québec par Samuel de Champlain en 1608.  Ces alliances, cette sorte d’osmose franco-indienne, c’est ce qui nous ouvrait le continent (regardez la carte, le bleu qui s’étend) et tenait les Britanniques en échec, lesquels, pour le dire courtement mais sans courtoisie, je l’admets, ne pouvaient s’aventurer en forêt sans recevoir une flèche dans l’c… (demandez-vous pourquoi, trouvez la réponse, c’est facile).

En réalité, c’est peut-être de cette force et de cette réalité franco-indienne même, où le Canada, la Nouvelle-France, échappaient graduellement à l’emprise ou au contrôle de la métropole, que certaines autorités françaises, «voltairiennes» ou pas – ou à l’instar de Voltaire – ont voulu se débarrasser, ont voulu anéantir.  Une sorte de Choix de la Défaite (Annie Lacroix-Riz) avant la lettre?  Grosse tendance au sein des establishments de France, apparemment.

La fameuse bataille dite «des Plaines d’Abraham» n’était qu’un épisode dans la Guerre de Sept Ans – que les Britanniques appelaient très justement French & Indian War (1756-1763) (j’en parle plus longuement ici dans un article sur le concept de démocratie). En fait, la véritable French & Indian War, à mes yeux, aura duré au moins jusqu’en 1766, avec la résistance du chef outaouais Pontiac.

J’ai toujours eu l’impression que certain groupes, certaines des autorités de Québec – avaient tout fait pour perdre la bataille des fameuses plaines d’Abraham et pour finalement livrer Québec aux Anglais (on sait que l’intendant Bigot alla pourrir à la Bastille après son retour en France), ce qui n’était certainement pas le cas des autorités de Montréal : Lévis, entre autres, avec Vaudreuil, a poursuivi la lutte et est venu défaire les Anglais à Sainte-Foy, en face de Québec, le 28 avril 1760, avec 2600 troupes régulières, 2400 milices canadiennes et 1000 Amérindiens, et ce plusieurs mois après la bataille des Plaines (13 septembre 1759).

Voltaire sur le Canada – 6 :

Une autre lettre de Voltaire (un peu plus bas), celle-là datée du 6 septembre 1762. Elle est rédigée aux Délices, comme la précédente et comme d’autres, et adressée au comte César Gabriel de Choiseul (1712-1785), qui a remplacé, en 1761, son cousin Étienne François de Choiseul (voir plus haut) au poste de secrétaire d’État des Affaires étrangères. Cette lettre est conservée dans la collection des Archives publiques du gouvernement du Canada (la pièce R6220-0-5-F). Il en existe aussi une transcription dans The Voltaire Foundation, The complete works of Voltaire, vol. 109, Correspondance XXV, 1973, lettre D10693. On cite cette lettre dans certains manuels d’Histoire du cours secondaire au Québec.

« Si je ne voulais que faire entendre ma voix, monseigneur, je me tairais dans la crise des affaires où vous êtes. Mais j’entends les voix de beaucoup d’étrangers, toutes disant qu’on doit vous bénir si vous faites la paix à quelque prix que ce soit. Permettez-moi donc monseigneur, de vous en faire mon compliment. Je suis comme le public, j’aime mieux la paix que le Canada, et je crois que la France peut être heureuse sans Québec [une sous-lapalissade]. Vous nous donnez précisément ce dont nous avons besoin. Nous vous devons des actions de grâces. Recevez en attendant avec votre bonté ordinaire le profond respect de Voltaire. »

Voltaire sur le Canada – 7 :

Circa 1763. Voici des extraits du Précis du siècle de Louis XV  de Voltaire (publié en 1768). Wikipedia signale que les extraits qui vont suivre ont probablement été écrits en 1763 ou plus tard (la rédaction du Précis s’étendant sur une période de quelques années – j’ai pas vérifié la durée de cette période).

« Chapitre 31 – État de l’Europe en 1756 – … Guerres funestes pour quelques territoires vers le Canada

« Les révolutions que ce même roi de Prusse et ses ennemis préparaient dès lors étaient un feu qui couvait sous la cendre : ce feu embrasa bientôt l’Europe, mais les premières étincelles vinrent d’Amérique. Une légère querelle entre la France et l’Angleterre, pour quelques terrains sauvages vers l’Acadie, inspira une nouvelle politique à tous les souverains d’Europe. »

« Chapitre 35 – Pertes des Français

« On a perdu ainsi en un seul jour quinze cents lieues de pays. Ces quinze cents lieues, dont les trois quarts sont des déserts glacés, n’étaient pas peut-être une perte réelle. Le Canada coûtait beaucoup, et rapportait très peu. [Toujours le même argument sans vision, celui d’un pingre, comme pouvaient l’être Pierre-Elliott Trudeau. Ou Scrooge. Ou Séraphin Poudrier.]  Si la dixième partie de l’argent englouti dans cette colonie avait été employée à défricher nos terres incultes en France, on aurait fait un gain considérable ; mais on avait voulu soutenir le Canada, et on a perdu cent années de peine avec tout l’argent prodigué sans retour. … L’État perdit, dans le cours de cette funeste guerre, la plus florissante jeunesse, plus de la moitié de l’argent comptant qui circulait dans le royaume, sa marine, son commerce, son crédit. On a cru qu’il eût été très aisé de prévenir tant de malheurs en s’accommodant avec les Anglais pour un petit terrain litigieux vers le Canada ; mais quelques ambitieux, pour se faire valoir et se rendre nécessaires, précipitèrent la France dans cette guerre fatale. »

Vous l’avez peut-être remarqué, on en est maintenant au septième extrait (ou à peu près) : Voltaire ne mentionne pratiquement jamais les populations impliquées, les gens eux-mêmes, leur sort. On a envie de dire:  «jamais». Frappante carence d’empathie. Qu’est-ce à dire?

Ad lib. Le nom de «Pangloss», le mentor ou précepteur de Candide, serait formé de «pan», qui en grec signifie «tout», et «glossa», qui veut dire «langue». C’est ordinairement ce qu’on trouve, ici et là, dans des notes sur Candide de Voltaire, comme celle de Beuchot qui est reproduite dans l’édition de Candide qu’on trouve sur ce blog (la note 2 du chapitre I – cliquer et aller à la fin du fichier. Note de Beuchot: «2. De pan, tout; et glossa, langue.»).

J’ai ajouté ceci à cette note 2, une note 2.1 sur «Pangloss» :

Candide. Ou Pangloss? À vous de choisir. (Photo de Franco Nuovo, animateur-radio à la Société Radio-Canada.)

«  D’après cette note (la note 2 déjà citée), «Pangloss», le nom du précepteur de Candide, serait synonyme de Polyglotte. Maître Polyglotte. Le docteur Polyglotte.

« On sait aussi que Voltaire connaissait l’anglais et était anglophile et que «Pangloss» peut non seulement se lire «Pan-gloss» (tout-lustre, tout-brillant, évoquant l’idée d’un omniprésent lustre de surface, d’un brillant superficiel), mais peut aussi se lire, en anglais: pang-loss.

«  «Pang» peut se traduire par «pincement au coeur», «douleur», «angoisse».  «Loss» se traduit par «perte». Si on lit ainsi «Pangloss» (pan gloss – et pang loss), le docteur Pangloss est le superficiellement brillant docteur Sansangoisse, le brillant docteur Sansdouleur, ou le tout-lustré docteur Têteheureuse. Le docteur Pangloss est une sorte de docteur Hystérique, ou de docteur Paranoïa.

«  Para-noïa = «à côté de la connaissance», «à côté de l’esprit», «à côté de la perception juste» ou «normale»,  ou «à côté d’la traque»; un «paranoïaque» peut tout aussi bien être, mais en tout temps ou presque, c’est ça le problème, totalement confiant ou totalement méfiant, mais l’essentiel à retenir est qu’il est à côté d’la traque presque tout le temps, en état de perception fausse, et qu’il agit en conséquence … Brrr.

«  Pangloss est un type qui ne sent plus grand’chose, voire rien (il est, au fond, aliéné d’une partie de lui-même) et qui pontifie béatement en fuyant (inconsciemment) la douleur, l’angoisse, le pang, le pincement au coeur; Pang-loss a «lossé tout pang», il ne se contente pas de fuir le pang, il nie la douleur, et il la glosse.

«  On pourrait appeler Pangloss, le docteur Névrosebrillante, une sorte de «mentor-mère», abusivement protecteur pour se protéger lui-même – délirant, tête-heureuse et béat, en perpétuel état de fuite et de déni. »

Voltaire ne mentionne pratiquement jamais les populations impliquées, les gens eux-mêmes, leur sort. Qu’est-ce à dire? Il semble y avoir du Pan-Gloss et du Pang-Loss, du lustrage et du lossage de pang, dans la personnalité, la psychologie de Voltaire, c’est très intrigant, une sorte d’hystérie, une sorte de décrochage perpétuellement déniant face à la réalité.

Cette sorte de décrochage semble caractériser souvent les «gens de pouvoir».

Et en même temps, ça donne Candide. C’est loin d’être contradictoire. La souffrance, dans Candide, est panglossée. Glossée partout, tout du long. La souffrance humaine, la mort même (ces personnages qui meurent d’une mort horrible et définitive mais qui ne sont jamais morts et qui rebondissent, vivants, invraisemblablement vivants, quelques passages plus loin) y sont pan-glossées et pang-lossées, mais à un degré et d’une façon telle que ça en devient drôle, «chaplinesque» avant la lettre, génial, et sous de multiples facettes. On a souvent dit de Pangloss qu’il était une caricature de Leibnitz. Je pense qu’il n’en est rien, sinon d’une manière superficielle et qui tient du decoying inconscient, du leurrage: Pangloss semble plutôt être une personnification, génialement animée à travers les dons créateurs de Voltaire, d’une profonde carence affective chez Voltaire lui-même, peut-être propre à une époque, peut-être par réaction, ou pour d’autres raisons. Ce qui ne veut pas dire que Pangloss soit Voltaire, ou que Voltaire soit Pangloss. Il demeure toujours, à mes yeux, qu’en réalité, «je est un autre» (Rimbaud) (j’vous simplifie les choses, hein?…)

Si vous pensez encore que la nature humaine est une chose simpliste ou simple, vous êtes encore bien candide … Et si vous demeurez candide, lisez ou relisez Candide. En attendant que. Ça peut pas vous faire du tort, le fait d’écrire Candide a probablement sauvé Voltaire … D’ailleurs, je le lis encore moi-même …

Assez glos(s)é.

Voltaire sur le Canada – 8 :

Cette lettre de Voltaire daterait de 1763. Elle est adressée à Charles Augustin Feriol (ou Ferriol), le comte d’Argental.

On peut voir, par l’extrait plus bas, que Voltaire entretenait vraisemblablement des relations sérieuses avec les autorités militaires Britanniques (rien de moins!) pendant la Guerre de Sept Ans (French & Indian War). Le «frère de M. Pitt» auquel fait allusion Voltaire dans sa lettre (plus bas), c’est le frère de William Pitt l’Ancien, lequel était ministre de la Guerre de Grande-Bretagne pendant la Guerre de Sept Ans (William Pitt fut plus tard premier ministre, de 1766 à 1768).

Ça s’appelle être drôlement proche du centre de décision des hostilités et des combats contre la Nouvelle-France et le Canada. Voltaire, «homme de paix»? «J’aime mieux la paix que le Canada», écrit-il plus haut. Touchant? À mes yeux, une phrase creuse, irrationnelle, qui tient du sophisme – mais surtout d’une transparente bigoterie. Qu’est-ce que recouvre, ici, le mot «paix», si «vertueusement» évoqué par Voltaire? C’est au scalpel qu’il faut examiner ce genre de phrase. En fait, en intégrant les implications de ce que Voltaire écrit, il faut lire: «J’aime mieux l’Angleterre que le Canada.» Ou encore: «J’aime mieux l’Angleterre que la France», ce qui serait son droit, à Voltaire – mais ce n’est pas dit. Mais la bigoterie de Voltaire ressort vraiment quand on explicite ainsi sa phrase, avec tout ce qu’implique, dans son contexte, le mot «paix» tel que Voltaire l’utilise: «J’aime mieux voir l’Angleterre écraser militairement les Français et nous donner ainsi la «paix», que de devoir la «paix» à n’importe quelle forme de prévalence militaire française …» Qui veut faire l’ange fait la bête, disait Pascal : Voltaire, belliciste masqué.

On peut trouver, sur internet, la source de l’extrait qui va suivre, en allant au Précis du siècle de Louis XV, puis en descendant au Chapitre XXXV (35) intitulé Suite des aventures du prince Charles-Édouard. Sa défaite, ses malheurs et ceux de son parti, et en cliquant sur la Note 44. Cette note 44 se lit comme suit:

Note 44 – Dans une lettre à d’Argental, qui voulait que Voltaire retranchât certaines choses de son histoire, le philosophe [Voltaire] dit: « Le gouvernement ne me pardonnera donc pas d’avoir dit que les Anglais ont pris le Canada que j’avais, par parenthèse, offert, il y a quatre ans, de vendre aux Anglais: ce qui aurait tout fini, et ce que le frère de M. Pitt m’avait proposé. »

C’est toujours une étrange impression que de constater que l’un des plus prestigieux auteurs français du dix-huitième siècle insistait compulsivement pour vendre et livrer mon arrière-arrière-grand-mère à Pitt. Crétin!

Voltaire sur le Canada – 9 :

Ce qui suit date de 1753 (publication). C’est extrait de l’Essai sur les moeurs et l’esprit des nations et sur les principaux faits de l’histoire, depuis Charlemagne jusqu’à Louis XIIIchapitre CLI (151) : Des possessions des Français en Amérique. [Pendant qu’on y est, pour ceux qui en cherchent un: Convertisseur de chiffres romains en chiffres décimaux et vice versa (cliquer); le site offre aussi une initiation aux chiffres romains. Je connais les chiffres romains, mais c’est pas tout le monde qui.]

Les extraits qui suivent offrent plusieurs points d’intérêt. On sent que Voltaire ne fait pas, ici (et très souvent), de l’historiographie, mais se livre à une sorte de propagande:

« Déjà les Anglais se mettaient en possession des meilleures terres et des plus avantageusement situées qu’on puisse posséder dans l’Amérique septentrionale au delà de la Floride, quand deux ou trois marchands de Normandie, sur la légère espérance d’un petit commerce de pelleterie, équipèrent quelques vaisseaux, et établirent une colonie dans le Canada, pays couvert de neiges et de glaces huit mois de l’année, habité par des barbares [des “barbares” libres, égalitaires et démocratiques, et c’est ce que Voltaire dit, justement, de ces «barbares», juste un peu plus loin, si vous lisez tout l’article; c’est à n’y rien comprendre …], des ours et des castors. Cette terre, découverte auparavant, dès l’an 1535, avait été abandonnée ; mais enfin, après plusieurs tentatives, mal appuyées par un gouvernement qui n’avait point de marine, une petite compagnie de marchands de Dieppe et Saint-Malo fonda Québec, en 1608, c’est-à-dire bâtit quelques cabanes; et ces cabanes ne sont devenues une ville que sous Louis XIV.

« Cet établissement, [et] celui de Louisbourg, et tous les autres dans cette nouvelle France, ont été toujours très pauvres, tandis qu’il y a quinze mille carrosses dans la ville de Mexico, et davantage dans celle de Lima [typiquement, étroitement et minablement petit-bourgeois: plus y a d’vouètures, plus y a d’fric, plus c’est «civilisé» – cette sorte de snobisme «middle-class» revient constamment chez Voltaire]. Ces mauvais pays [comme on dit «mauvaises herbes» pour désigner des plantes sauvages qui, dans 90% des cas, sont nutritives, médicinales, ou d’une architecture raffinée, ou douées, surtout, d’une extraordinaire résilience – ou les quatre] n’en ont pas moins été un sujet de guerre presque continuel, soit avec les naturels, soit avec les Anglais, qui, possesseurs des meilleurs territoires, ont voulu ravir celui des Français [vraisemblablement parce que ces territoires convoités ne valaient rien, et parce que la Vallée du Saint-Laurent, entre autres, était stérile …], pour être les seuls maîtres du commerce de cette partie boréale du monde.»

Il y a de tout dans Voltaire, sur le Canada. Comme le passage, plus bas, qui succède immédiatement au passage précédent. Notez ce qu’il y dit maintenant des «barbares» mentionnés plus haut. Il faut comprendre, ici, que le Canada dont parle Voltaire est peuplé, apparemment sans qu’il le sache, de Francos et d’Amérindiens, il y a du métissage, il y a osmose à un degré ou à un autre – ce qui conduira à l’émergence d’une Nation Métis de langue franco-crie (métchif), détruite en tant que société organisée au dix-neuvième siècle par le Canada-anglais (il n’y a jamais eu de nation métisse «anglo-crie»). Cette osmose, toute imparfaite qu’elle ait pu être, Voltaire aurait dû l’apprécier, mais il y a une haine sourde chez Voltaire qui l’empêche de voir; j’essaie de saisir ses motifs, les racines de sa cruauté et de sa haine, son drive, mais j’ai de la difficulté (maint passages qu’on trouve ci-dessous, dans ces extraits des écrits de Voltaire, font probablement rager ou se bidonner nombre d’Historien(ne)s aujourd’hui) :

« Les peuples qu’on trouva dans le Canada n’étaient pas de la nature de ceux du Mexique, du Pérou et du Brésil. Ils leur ressemblaient en ce qu’ils sont privés de poil comme eux, et qu’ils n’en ont qu’aux sourcils et à la tête. Ils en diffèrent par la couleur, qui approche de la nôtre; ils en diffèrent encore plus par la fierté et le courage. Ils ne connurent jamais le gouvernement monarchique; l’esprit républicain a été le partage de tous les peuples du Nord dans l’ancien monde et dans le nouveau. Tous les habitants de l’Amérique septentrionale, des montagnes des Apalaches au détroit de Davis, sont des paysans et des chasseurs divisés en bourgades, institution naturelle de l’espèce humaine. »

Voltaire poursuit (autant citer tout le paragraphe) :

« Nous leur avons rarement donné le nom d’Indiens, dont nous avions très mal à propos désigné les peuples du Pérou et du Brésil. On n’appela ce pays les Indes, que parce qu’il en venait autant de trésors que de l’Inde véritable [Ah, Voltaire … Faudrait t’brancher. Ces territoires, ils en valaient la peine ou ils en valaient pas la peine? Même du simple et grossier point de vue de l’argint, de la convoitise, de l’avidité?] On se contenta de nommer les Américains du Nord sauvages; [drôles de barbares:] ils l’étaient moins [sauvages] à quelques égards que les paysans de nos côtes européanes, qui ont si longtemps pillé de droit les vaisseaux naufragés, et tué les navigateurs. La guerre, ce crime et ce fléau de tous les temps et de tous les hommes, n’avait pas chez eux, comme chez nous, l’intérêt pour motif; c’était d’ordinaire l’insulte et la vengeance qui en étaient le sujet [et la volonté de pas se faire piller ou massacrer, parmi d’autres motifs …], comme chez les Brasiliens et chez tous les sauvages. »

En espérant que les citations et les aperçus présentés dans cet article puissent être utiles.


© Copyright 2010, 2011 Hamilton-Lucas Sinclair (Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe), cliquer


«Un univers clandestin d’une ampleur insoupçonnée.» Rapport Duchesneau, la Corruption au Québec. Texte intégral.


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Canada, Québec, Ontario …  un proto-totalitarisme souterrain persistant.   –   Canada : Pouvoir dérogatoire canadien et pouvoir dérogatoire hitlérien sont identiques.   –   Documents de référence – La Loi d’Habilitation nazie de mars 1933, le pouvoir dérogatoire québécois (1975), canadien ( 1982 ) Essentiellement, les extraits pertinents de la Charte québécoise, de la Charte canadienne, et la Loi d’Habilitation allemande de mars 1933 au complet.

Québec: la clause dérogatoire et la loi 204.    –     Collusion : Karl Péladeau à Hydro-Québec et la Loi Labeaume-Maltais (loi 204)     —  Milgram, la torture, l’abîme de l’obéissance. Les candidats sont légion.   –   Le danger d’être canadien, le danger d’être québécois  –

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