La métaphore du chalet au bord du lac (3). Le passé n’est pas “derrière” nous. William Faulkner.

2020-2030.   L’immanence semble vouloir accoucher d’un volcan. L’explosion est à fleur de conscience. Ça sent l’horreur, la folie, la guerre.

Alors, cette méditation.. (suite de La métaphore du chalet au bord du lac (2) )

 

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« Le pacifisme béat entre toujours, un jour ou l’autre, en collision mortelle avec le bellicisme hurlant. Les deux s’attirent inexorablement. » — Le pacifisme béat, le bellicisme hurlant, le cynisme bonhomme des leaderships.

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Le passé n’est pas “derrière” nous, disait le romancier américain William Faulkner. Il le disait en ajoutant que le passé n’est même pas passé.

Faulkner, né dans le Sud des États-Unis, n’avait pas besoin de posséder un chalet au bord d’un lac pour le comprendre. Il n’avait qu’à être né dans le Sud des États-Unis, une contrée jadis dévastée par le fanatisme unitaire et industriel du Nord.

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En passant, l’Histoire de la guerre civile américaine nous enseigne que le thème de l’abolition de l’esclavage, développé tardivement par le président Lincoln, n’était qu’une variante de l’ethno-stratégie au profit du Nord : s’allier une minorité nombreuse, susceptible d’être hostile à l’ensemble des habitants du territoire convoité et qu’on veut soumettre, protéger cette minorité qu’on s’allie et l’armer pour que cette minorité s’attaque à la population majoritaire de ce territoire — ou encore, simultanément ou non, pousser une importante partie de la population à quitter massivement ce territoire, sabotant ainsi l’économie de l’ennemi (le Sud était essentiellement agricole).

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La dévastation de la guerre civile américaine n’est pas “passée”, elle n’est pas morte, puisqu’il n’existerait pas d’États-Unis au moment présent sans cette dévastation cruelle du Sud par le Nord, pas plus qu’il n’existe présentement de Canada tel qu’il est sans la mainmise des Britanniques sur ce dernier, sans le coup de grâce infligé à la rébellion canado-irlandaise de 1837-1838, sans le génocide des Métis par le fondateur de la Confédération canadienne, l’immigré britanno-écossais John A. McDonald, sans la pendaison du leader de la nation Métis, Louis Riel, etc., etc.

Autant de panthères somnolentes, indolentes, susceptibles de s’éveiller, sous une forme ou sous une autre, et de bondir soudain sans qu’on s’y attende.

Alors, la lyre se mue en arc et le chalet au bord du lac se transforme en lieu de violence et de bataille.

À suivre

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[ Les notes qui précèdent, profondément révisées, ont été d’abord écrites dans les années 1990s quand j’habitais Ottawa.

On trouve parfois une copie de ces notes originales, divisées en trois parties, sur certains sites web, sous le pseudonyme de Jocelyn Waller.

Un long extrait des notes originales a été publié en 1999 dans le No 83 de la revue littéraire montréalaise Moebius, toujours sous le pseudonyme de Jocelyn Waller.]

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About Jacques Renaud

Écrivain.
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1 Response to La métaphore du chalet au bord du lac (3). Le passé n’est pas “derrière” nous. William Faulkner.

  1. Anonymous says:

    Tes derniers articles sont vraiment très bons ; et moi qui se demandait ce que devenait le vieux. haha, Heureux de voir qu’il n’a pas perdu de son mordant.

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