La métaphore du chalet au bord du lac (8). Sun Tzu. .. Mais encore faut-il avoir une armée pour se permettre de ne pas la lancer dans la bataille — et gagner.

2020-2030. L’immanence semble vouloir accoucher d’un volcan. L’explosion est à fleur de conscience. Ça sent l’horreur, la folie, la guerre.

Alors, cette méditation … (suite de La métaphore du chalet au bord du lac (7).)

 

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« Sun Tzu, comme Xénophon (L’Anabase ou La Retraite des 10 000), savait qu’une victoire militaire apporte la prospérité au vainqueur et l’asservissement au vaincu. C’est comme ça. C’est cru. C’est terrible.»  —  La métaphore du chalet au bord du lac (8).

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« Parfois, il faut prendre les armes. Parfois, il faut faire la guerre.  Parfois, il faut renverser un tyran ou une mafia politique.  Parfois, il faut faire la guerre, ou périr  —  ou pire : périr lentement.

« L’enfer de la défaite, au fil du temps, et la soumission au vainqueur ou au conquérant, nous formateront vers le bas, de génération en génération, toujours plus bas, jusqu’à en devenir sot et exangue, jusqu’à l’insignifiance.»  —  La métaphore du chalet au bord du lac (8).

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Pour ce maître de la stratégie militaire qu’était Sun Tzu, le plus grand des généraux est celui qui peut remporter une victoire sans livrer bataille. Ce serait le summum de l’art guerrier. Je partage cette idée. En très bonne partie.

Mais encore faut-il avoir une armée pour se permettre de ne pas la lancer dans la bataille — et gagner.

Pour Sun Tzu, la guerre demeurait une activité sérieuse, grave, d’une grande importance, aux conséquences incalculables, qu’il fallait gagner et non perdre. Une activité grave et sérieuse dans laquelle il ne fallait jamais s’engager à la légère.

Sun Tzu, comme Xénophon ( L’Anabase ou La Retraite des 10 000 ), savait qu’une victoire militaire apporte la prospérité au vainqueur et l’asservissement au vaincu. C’est comme ça. C’est cru. C’est terrible.

S’il fallait livrer bataille, bataille était livrée – mais elle devait toujours l’être avec science et n’être jamais improvisée. Sun Tzu n’était pas belliciste. On le sait, ses écrits son clairs, explicites. Sun Tzu n’était pas non plus pacifiste. Cela va de soi. Il était de toute évidence doué d’une psyché suffisamment riche et perspicace, et d’une conscience suffisamment évoluée, pour comprendre en profondeur que la guerre était là pour rester et faisait partie intégrante des dynamiques qui font corps avec les sociétés humaines.

Parfois, il faut prendre les armes. Parfois, il faut faire la guerre.  Parfois, il faut renverser un tyran ou une mafia politique.  Parfois, il faut faire la guerre, ou périr  —  ou pire : périr lentement.  L’enfer de la défaite, au fil du temps, et la soumission au vainqueur ou au conquérant, nous formateront alors vers le bas, de génération en génération, toujours plus bas, jusqu’à en devenir sot et exangue, jusqu’à l’insignifiance.  Certaines nations connaissent ou ont connu ça.

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Je pense qu’une vision juste des intérêts d’une société est de ne sombrer, en pratique, dans aucun des extrêmes que peuvent atteindre le pacifisme comme le bellicisme, soit la paix pour la paix, à tout prix, ou la guerre pour la guerre, à tout prix.

Pour ce qui est des choix personnels, ils relèvent de la conscience, du dharma, de la loi d’être, du destin profond de son être, et c’est une autre histoire.

Sous ce dernier rapport, la vocation authentique d’ermite, ou de moine, —  comme celle de guerrier, et comme toutes les autres vocations,  —  existent toujours.

Malheur à ceux qui voudraient les abolir :  l’Histoire les piétinera.

À suivre

-30-

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[ Les notes qui précèdent, profondément révisées, ont été d’abord écrites dans les années 1990s quand j’habitais Ottawa.

On trouve parfois une copie de ces notes originales, divisées en trois parties, sur certains sites web, sous le pseudonyme de Jocelyn Waller.

Un long extrait des notes originales a été publié en 1999 dans le No 83 de la revue littéraire montréalaise Moebius, toujours sous le pseudonyme de Jocelyn Waller.]

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About Jacques Renaud

Écrivain.
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2 Responses to La métaphore du chalet au bord du lac (8). Sun Tzu. .. Mais encore faut-il avoir une armée pour se permettre de ne pas la lancer dans la bataille — et gagner.

  1. Anonymous says:

    Geronimo, l’un des plus grand guerrier que la terre ait porté et d’une grade inspiration, disait qu’il ne prenait aucun plaisir à la guerre mais qu’il en acceptait la nécessité. En fait, on constate qu’il était un pacifiste (qui aimait la paix). Un autre grand guerrier qui appelait la paix de tout son cœur fut le grand Sitting Bull, mort lâchement assassiné par l’un des siens (probablement un de ces collabos qui se cachaient sous l’étiquette de pacifiste – car plus souvent qu’autrement les pacifistes ou soi-disant sont, dans les faits, des collabos). Sitting Bull souhaitait la paix dans l’honneur, la paix des braves et non des poltrons.

    Salutations distingués

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