Jack le Canuck. Chanson pour Jack Kerouac.

Jack Kerouac et sa femme, Stella. Photo prise vraisemblablement vers la fin des années 1960s à Lowell où Jack habitait avec sa mère et Stella.

Jack Kerouac et sa femme, Stella. Photo prise vraisemblablement vers la fin des années 1960s à Lowell où Jack habitait avec sa mère, Gabrielle-Ange Lévesques, et Stella. Lien Wikipedia sur l’image.

La photo ci-contre provient de:  The Jack & Stella Kerouac Center for American Studies, Lowell, Massachusets.

Le texte qui suit a été écrit après une rencontre avec Jack Kerouac, à Lowell, Massachusetts, en 1967.

Je l’ai très peu révisé.

Je n’avais pas cherché à faire “historique”, ou joli ou pas joli,  je cherchais simplement à me faire une sorte de talisman. Une sorte d’aide-mémoire affectif  versifié et rythmé, parfois en joual, parfois pas, surtout en canayen, en fait. L’ensemble qui me fait beaucoup penser, après coup, à de l’art rustique, ou naïf, inégalement équarri – mais en écriture.

Presque tout ce qui est mentionné dans le texte me vient de Jack ou de francos-américains rencontrés au fil des journées passées avec lui; j’y ai mis très peu du mien.

Je corrige parfois un peu le texte, par touches, ici et là (“péres” au lieu de “pères”, des choses comme ça – en français, Jack avait un redoutable accent canayen, j’m’en lassais pas).

J’avais beaucoup aimé les trois jours que j’avais passé avec Jack.

Jack aimait beaucoup le Johnny Walker. «Johnny Walker» devenait «Ti-Jean Marchant» ou «Ti-Jean Marcheur» – on the road, quoi, avec des détours …

C’est à Lowell que j’ai lu pour la première fois ce texte extraordinaire de Jack: The Scripture of the Golden Eternity. C’est pratiquement le seul texte de lui que j’aie jamais lu, je l’admets, c’est comme ça. Booklet acheté chez un dépanneur de Lowell qui offrait toutes les oeuvres de Jack sur un classique support en métal, cylindrique et tournant. Et Jack qui me racontait comment The Scripture lui était venue: en tombant par terre après avoir trop bu. De Johnny Walker. Faut pas tout croire. Mais Jack avait le whisky inspirant. Stella: “You know, my husband is a genius…” :-).  Tu parles.

Faudrait peut-être que je me débroussaille la mémoire là-dessus et que je raconte un jour. En attendant, je vous offre ce talisman, sans prétention.

Jack, Jack, Jack, comme dirait Vigneault. Jack, Ti-Jean Marcheur, Jack le Canuck.

*

Jack le Canuck  –  Chanson pour Jack Kerouac

Oublie jamais, brother, que c’est à Lowell, Mass,
que chus né, loin des miens, dans ma vaste country.
I don’t go more often than you’self to the mass
mais Fortier prend un coup solide tous les samedis.
Oublie jamais, brother, que c’est à Lowell, Mass.

Refrain:

Chus né à Lowell, Lowell, Mass,
chus né Canayen, well, well,
j’ai aimé en démon nostalgique et rêvant
sur la terre de Lovecraft, des GIs, de l’argent:
chus né à Lowell, c’est bad, c’est well,
chus né à Lowell, well, well.

Moé ch’parle un français aussi vieux que la France
mais la France a parle pus le français de ses péres.
Le roé Saint-Louis est pus le grand roé de la France
pis quand j’vas là-bas leur langue m’exaspère.
Moé je parle un français aussi vieux que la France.

Refrain.

Dans quarante-sept états de l’American Dream
le divin Jack Kerouac est passé comme du feu.
Il avait un message de tendresse à livrer,
des visions à transcrire, des amis, des amours.
Dans quarante-sept états de l’American Dream.

Refrain.

Kerouac a voyagé avec Jack par le monde
en Afrique, Amérique, et jusqu’au fond de l’âme.
Il a écrit seize livres en un long coup de rame.
Son beau vaisseau celtique fendait le Pacifique.
Kerouac a voyagé avec Jack par le monde.

Refrain.

Kerouac a quarante-cinq, mais Jack, lui, en a vingt.
Il séjourne à Lowell depuis janvier dernier.
De sa mère il prend soin, écrit pour la télé
et plonge dans sa vie antérieure, son passé.
Kerouac a quarante-cinq, oui, mais Jack en a vingt.

Refrain.

Nous irons tous au ciel, c’est Jack qui l’a écrit
dans The Scripture of the Golden Eternity.
Nous irons tous au ciel mais Satan excepté
et personne, non, personne sera jamais maudit.
Nous irons tous au ciel grâce à Jack, il l’a dit.

Refrain.

Et j’avais aussi écrit ce qui suit, de la même manière, dans le même esprit:

Carbonneau, à Lowell, m’a retenu à sa table.
Restez-donc, moé j’aime ça parler du Canada.
Son vieil ami Déry lit toujours La Patrie.
Les enfants parlent pus le français par icitte.
Carbonneau, à Lowell, m’a retenu à sa table.

Refrain:

Chus né à Lowell, Lowell, Mass,
chus né damned canuck à Lowell, yeah,
chus né à Lowell, damned canuck, oh yeah.

Y sont v’nus du Québec vers l’année 1900.
Y cherchaient, comme tout l’monde, le bonheur du Bon Dieu.
Y voulaient manger, vivre, pis gagner d’l’argent,
y voulaient des enfants citoyens pis vaillants.
Y sont v’nus du Québec vers l’année 1900.

Refrain.

À Lowell y venaient travailler au coton.
Dans toutes les filatures les Canayens trimaient
à six piasses par semaine, y gagnaient leur crouton.
Fermiers pauvres mais dignes, y z’aimaient é chansons.
À Lowell y venaient travailler au coton.

Refrain.

Quatre ans auparavant, en 1964, j’avais publié ceci: Le Cassé, Jacques Renaud – roman – version originale et intégrale.

La première et la seule oeuvre que j’ai jamais lue de Kerouac, encore à ce jour, c’est The Scripture of the Golden Eternity. En 1967. À Lowell.

L’été de la même année, je suis monté sur un navire à Montréal et j’ai quitté le Québec pour l’Europe. La France. Je me souviens d’un journaliste du journal La Presse qui, me croisant sur la rue avant mon départ, m’avait traité de “traître”…  Il était sérieux, furieux et menaçant.

En 1970, sans l’avoir planifié, j’étais en Inde. En quête de Golden Eternity.

There are many roads.

© Copyright 1967, 2010 Hamilton-Lucas Sinclair ( Loup Kibiloki, Jacques Renaud, Le Scribe ), cliquer

Histoires, comptines et contes. En prose ou en versets libres. Parfois bizarres, parfois pas.

L’histoire du vieux pilote de brousse et de l’aspirant audacieux  –   Le beau p’tit Paul, le nerd entêté, et les trois adultes qui disent pas la même chose   –  La chambre à louer, le nerd entêté, et les quinze règlements aplatis.   —   La mésange, le nerd entêté, et l’érudit persiffleur

Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu, nouvelle.   —   L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever, novella.  –  La Naissance d’un Sorcier, nouvelle.   –   C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer, nouvelle.   –   Émile Newspapp, Roi des Masses, novella.   —   Et Paix sur la Terre (And on Earth, Peace), nouvelle.   –    Jack le Canuck, chanson naïve pour Jack Kerouac.  —   Le Cassé, la novella, avec les nouvelles; la vraie version originale et intégrale, la seule autorisée par l’auteur.   —   Jacques Renaud, ouvrages de fiction en ligne, des notes biographiques.

Un coup bavant du Grand Avide ou Kafka aurait pu l’dire (inclassable et passablement outrancier).    –    Histoire de Loup-Garou, fragments décousus d’une chronique ancienne charcutée    —  Le scorpion à bicyclette, une histoire qui file, bigarre et loufoque.   —   Le Cliquetis de la Croquignole.     —     Crassus le Gigueur ou Comment ouvrir le sol sous les armées. Une variante du Pied Piper de Grimm.    —   La soeur d’Absalon  ou Le ciel et l’enfer interdits aux comiques   –   L’histoire de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison.  —    Lien vers des poèmes inclassables, conclassables, sans catégorille.

Les Enchantements de Mémoire   —   Sentiers d’Étoiles   —   Rasez les Cités  —   Électrodes   —   Vénus et la Mélancolie   —   Le Cycle du Scorpion   —   Le Cycle du Bélier   —   La Nuit des temps   —   La Stupéfiante Mutation de sa Chrysalide     –

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